Laurence Aëgerter, R.F. 1937-1-0803041149 (Ecole de Fontainebleau), 2008, collection MAMAC, Nice, © Adagp, Paris, 2024
Quand le MAMAC s’installe chez les Lascaris
MAMAC près de chez vous
Du Mardi au Dimanche de 10h à 18h
Les collections du MAMAC prennent leurs quartiers dans les appartements du Palais Lascaris, avec des dessins, des photographies, des vidéos et des sculptures et en point d’orgue une invitation faite à l’artiste Laurence Aëgerter autour d’une commande spécifique.
Une invitation et une commande inédite
L’intérêt de Laurence Aëgerter pour les Arts & Crafts et pour les espaces patrimoniaux, ont rendu évidente cette invitation. Plusieurs œuvres oniriques et grandioses ont été conçues spécialement par l’artiste pour ce projet, en collaboration avec des artisans d’art : ébéniste, fondeur, verrier, tapissier… Réalisée par l’équipe du Centre du Verre Contemporain à Biot sous la direction de l’artiste, une échelle en verre d’un blanc laiteux phosphorescent se dresse devant le lit de la chambre d’apparat du palais. Alors que ses pieds se changent en racines et s’ancrent dans le sol, l’échelle conduit tout droit au ciel de lit. Le Songe d’Ovide (en référence au livre antique des Métamorphoses du poète latin Ovide) ouvre un passage vers un ailleurs. La métamorphose de l’échelle en arbre dialogue avec le plafond peint représentant Apollon et Daphné transformée en laurier.
Le réel et son double
Les œuvres contemporaines qui s’immiscent dans cet édifice baroque chargé d’Histoire évoquent le monde « réel et son double » en écho aux écrits du philosophe Clément Rosset (Le réel et son double, Gallimard, 1976). C’est ainsi qu’au milieu de cette architecture ostentatoire au mobilier rococo, aux décors opulents, aux putti joufflus, aux plafonds peints colorés aux ciels mouvementés, se dévoile un univers fait de trompe-l’œil, de reflets, d’échappées miraculeuses et de rêves inaccessibles.
Depuis le patio à l’étage noble du Palais, du salon à la chambre d’apparat, de la chapelle au cabinet d’instruments de musique, onze artistes, trente œuvres d’art et cinq productions spécifiques s’installent dans ce lieu fastueux et réservent bien des surprises.
Les artistes
Laurence Aëgerter, Marion Baruch, Barbara et Michael Leisgen, Natacha Lesueur, Béatrice Lussol, Liz Magor, Robert Malaval, Ernest Pignon-Ernest, Dorothée Selz et Antoni Miralda
Laurence Aëgerter et le MAMAC
Au fil des ans, le MAMAC a noué plusieurs collaborations avec l’artiste.
Du 13 février au 23 mai 2010, Laurence Aëgerter expose la série de portraits photographiques de spectateurs vus de dos contemplant les chefs-d’œuvre du musée du Louvre. Ces œuvres convoquent passé et présent en rapprochant un chef d’œuvre de l’histoire de l’art et la sphère intime de contemplation proposée aujourd’hui par les musées. L’anonyme visiteur s’élève au rang d’œuvre d’art. Ce nouveau personnage, par la prise de vue frontale, est projeté dans l’espace pictural. L’œuvre d’art est parasitée par sa présence. Cachant une partie du tableau, cet intrus en propose une nouvelle lecture. Son attitude, sa coiffure et sa tenue vestimentaire entrent en résonance avec ce qui se joue dans le tableau détourné. Des relations formelles et colorées se créent. Laurence Aëgerter interroge les limites entre reproduction objective d’une œuvre iconique et vision subjective. Dans cette mise en abyme de la contemplation, l’artiste pose la question de la position du spectateur et de sa faculté d’interprétation. En ce sens, elle met en scène la force visuelle, la prégnance des chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art. À cette occasion, l’œuvre R.F. 1937-1-0803041149 (Ecole de Fontainebleau), 2008 est entrée dans les collections du MAMAC. Cette œuvre a été exposée à plusieurs reprises dans les collections du MAMAC, notamment dans les accrochages »Où commence le futur ? » en 2014 et »Citations » en 2022-2024.
Le MAMAC a ensuite présenté un ensemble de photographies de la série “Healing Plants for Hurt Landscapes” dans le cadre de l’exposition collective « Devenir fleur », en 2022.
Avec ce projet «MAMAC Près de chez vous», le musée renforce cette histoire commune en accompagnant l’artiste dans un travail de commande et de production spécifique pour le contexte du Palais Lascaris.
Exposition associée au festival OVNI [du 15.11 au 01.12.024, Édition #10, « Le Grand Jeu », Parcours Ville(s) et Parcours Hôtels]
L’invitation de l’artiste Laurence Aëgerter a reçu le soutien de l’Association des Amis du MAMAC et de l’Ambassade des Pays-Bas.
Pour la production de ses œuvres, l’artiste a reçu le soutien du MAMAC, du Fonds Mondriaan, du Centre du Verre Contemporain de Biot et de la galerie Bildhalle, Zurich.
*Le monde « réel et son double » : ces mots sont empruntés au philosophe français Clément Rosset, professeur agrégé enseignant à Nice de 1982 à 1998 et auteur de l’ouvrage Le réel et son double, Gallimard, Paris, 1976.

Une échelle en verre blanc opalescent se dresse devant le lit d’apparat en baldaquin. Alors que ses pieds se changent en racines et s’ancrent dans le sol, Le Songe d’Ovide conduit tout droit au ciel de lit. Phosphorescente, l’échelle de verre émet de la lumière en pleine pénombre pour créer un passage vers un ailleurs, un monde d’astres et de songes. La métamorphose de l’échelle en arbre dialogue avec le plafond peint au XVII e siècle par l’école génoise représentant Apollon et Daphné transformée en laurier. Laurence Aëgerter a travaillé avec le Centre du Verre Contemporain (CVC) à Biot pour la réalisation de cette commande artistique. Labellisé « Ateliers d’Art de France », le CVC a travaillé le verre à chaud et à froid pour créer cette oeuvre monumentale suivant les esquisses et le concept de l’artiste.
Programmation associée
Commande artistique Laurence Aëgerter
Commissariat de l'exposition :
Rébecca François, attachée de conservation au MAMAC et Elsa Puharre, directrice du Palais Lascaris