REGARDS CROISÉS Musée national Fernand Léger / MAMAC

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Retrouvez les capsules des services médiations du MAMAC et du Musée national Fernand Léger dans le cadre de l’exposition Léger et les nouveaux réalismes, organisée jusqu’au 16 février 2025 au musée national Fernand Léger, par les musées nationaux du XXe siècle des Alpes- Maritimes et GrandPalaisRmn, en partenariat avec le MAMAC, Nice.

Vidéo – 3:30

1 | La couleur |
« Léger et les Nouveaux Réalismes. Les collections du MAMAC à Biot »
Magali et Fabien proposent un face à face sur le thème de la couleur avec deux œuvres emblématiques : La Danseuse bleue, 1930 de Fernand Léger et Vénus bleue (Vénus d’Alexandrie) (S41), vers 1962 d’Yves Klein. Dans sa quête d’absolu, Yves Klein s’empare dans un geste d’appropriation d’un chef-d’œuvre de l’humanité, la Vénus d’Alexandrie conservée au musée du Louvre, en l’imprégnant de son « International Klein Blue ». La couleur pure, posée sur une sculpture réalisée à partir d’un moulage de l’œuvre antique, aboutit à une expérience esthétique unissant, de façon organique, la peinture au corps. Klein a choisi une Vénus dépourvue de membres et de tête pour mettre l’accent sur le ventre et les seins, symboles de naissance et de vie. Avec sa  » Danseuse bleue « , Fernand Léger se montre peu intéressé par les formes archétypales de la figure, qu’il estompe et déforme. Mais il partage avec Klein la volonté d’appliquer un bleu outremer sur une figure féminine pour en souligner la beauté et la pureté des formes. « Faisons entrer la couleur, nécessité vitale comme l’eau et le feu, dosons-la savamment » (Fernand Léger, 1924, « Fonctions de la peinture »).

Vidéo – 3:20

2 | Le Geste et l’écriture |
« Léger et les Nouveaux Réalismes. Les collections du MAMAC à Biot »
Magali et Fabien vous proposent un face à face entre les œuvres, Nature morte, A.B.C., 1927 de Fernand Léger et Si l’art est partout, il est aussi dans cette boîte, 1985 de Ben, sur le thème du geste et de l’écriture. Dès 1914, dans la continuité des recherches cubistes, Fernand Léger introduit lettres et chiffres dans ses compositions, en écho à la publicité qui envahit les paysages. En 1927, les lettres ABC deviennent le sujet principal d’une toile que Léger intitule « Nature morte », genre qu’il entend renouveler. Il travaille et joue sur le lettrage en gros plan, dynamique et contrasté, posé sur un fond de bandes colorées et de formes géométriques qui évoque une enseigne publicitaire. Figure incontournable du mouvement Fluxus, Ben développe un art de geste et d’attitude liant l’art à la vie. Il consigne ses idées et opinions dans des écritures à la calligraphie souple et presque enfantine, jouant parfois avec les langues dans une dialectique locale/internationale. Cette boîte qui illustre le concept de « tout est art » n’est pas sans rappeler les mots de Léger pour qui la typographie joue un rôle plastique important : « Le beau est partout, dans l’ordre d’une batterie de casseroles sur le mur blanc d’une cuisine, aussi bien que dans un musée » (Fernand Léger, 1924, « L’Esthétique de la machine, l’ordre géométrique et le vrai, 1924 »).

Vidéo – 2:07

3 | L’objet et le mouvement |
« Léger et les Nouveaux Réalismes. Les collections du MAMAC à Biot »
Magali et Fabien nous présentent un face à face entre les œuvres The Birds 11, 1981 d’Arman et Composition aux deux oiseaux sur fond jaune, vers 1955 de Fernand Léger, pour illustrer le thème du geste et du mouvement. Arman, figure majeure du Nouveau Réalisme, s’est fait connaître par sa série d’Accumulations, c’est-à-dire des compositions formées d’objets du quotidien et rassemblés en nombre conséquent. Ainsi que dans ses « Wall Reliefs », il effectue la même action d’accumulation mais sous la forme de tableau en relief, créé à partir d’objets métalliques. C’est le cas dans l’oeuvre « The Birds 11 », conçue à partir de centaines de pinces-étaux, qui évoquent par leur forme la silhouette d’oiseaux. Superposées et orientées de manière tournoyante, l’ensemble évoque une nuée de volatiles. Dès ses premiers séjours aux Etats-Unis, Fernand Léger prend conscience lui aussi que la société moderne incite à la consommation à outrance. Il peint également des oiseaux qui, par leur présence, apportent du mouvement dans ses compositions. Ce mouvement est d’ailleurs renforcé par l’usage de couleurs primaires, comme dans la « Composition aux deux oiseaux sur fond jaune ».

4 | L’objet |
« Léger et les Nouveaux Réalismes. Les collections du MAMAC à Biot »
Magali et Fabien nous présentent un face à face entre les œuvres, d’un côté Contrastes d’objets, 1930 de Fernand Léger et Palette d’artiste Katharina, 1989 de Daniel Spoerri, pour illustrer le nouveau rapport établi dans l’art avec les objets. Daniel Spoerri (né en 1930) crée dès 1959 sa série des « Tableaux-Pièges » : il fixe sur un support des restes de repas, des éléments provenant d’un établi, tels qu’ils se présentent, avant de redresser la compositions à la verticale. Par ce basculement, des instants dus au hasard s’élèvent au rang d’œuvres d’art et créent un point de vue nouveau sur des objets du quotidien. Ses « Palettes d’artiste » (1989-1990) révèlent le contexte de création des artistes actuels qui délaissent la traditionnelle palette du peintre au profit de nouveaux outils. Ainsi, sur la table de travail de sa compagne, Katharina Duwen, on observe un ensemble d’objets chinés aux puces de Munich. Dans les années 1920, Fernand Léger s’intéresse à la valeur plastique de l’objet : il cherche à renouveler le genre de la nature morte. Dès 1927, avec sa série des « Objets dans l’espace », il disperse les objets en l’air et s’affranchit des lois de la perspective. Léger étudie les rapports et les contrastes entre les objets, les formes géométriques ou abstraites et les couleurs. Il introduit des figures humaines, en se rappelant que pour lui, « [elle n’a pas] plus d’importance que des clés ou un vélo ».

Vidéo – 4:08

5 | Monumental |
« Léger et les Nouveaux Réalismes. Les collections du MAMAC à Biot »
Magali et Fabien nous présentent un face à face entre des œuvres de Fernand Léger et de Niki de Saint Phalle, sous l’angle du monumental. Ce thème est à la fois présent chez Fernand Léger (1881-1955) qui cherche à dépasser les codes de la peinture classique : il crée des œuvres à grande échelle pour l’espace public, afin de rendre l’art accessible à tous. Souhait illustré entre autres par les mosaïques et hauts reliefs qui habillent aujourd’hui les façades du musée national Fernand Léger à Biot. De même, Niki de Saint Phalle (1930-2002), voulait démocratiser l’art : elle s’est fait connaître par ses fameuses « Nanas », sculptures souvent imposantes qui célèbrent le corps des femmes. Des œuvres dans lesquelles elle invitait le public à rentrer, comme ses sculptures-maisons, parées d’éclats de miroir, de son « Jardin des Tarots » (1979-1998).

Conception : « La Couleur, Fernand Léger / Yves Klein », avec Magali Passoni Cartier, conférencière GrandPalaisRMN et Fabien Dumont, médiateur culturel MAMAC.
Réalisation : Justyna Ptak. musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes
Graphisme de l’exposition : Aurélien Farina.
© DR / musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes © MAMAC, Nice, © Adagp, Paris 2024 ; © Ben Vautier / Adagp, Paris, 2024 ; © Niki Charitable Art Foundation / Adagp, Paris 2024 ; Succession Yves Klein c/o Adagp, Paris, 2024.