Arman, mars 2001, photo Ville de Nice, © ADAGP, Paris, 2025
Le MAMAC et la Ville de Nice commémorent les 20 ans du décès d’Arman, le 22 octobre 2005
Arman et le MAMAC
Les liens personnels d’Arman avec Nice et le MAMAC ont été très étroits et suivis. Le souvenir demeure de sa présence chaque été, arpentant les salles du musée, donnant un avis pertinent sur les œuvres présentées, ou sur les acquisitions, avec beaucoup d’esprit et une affection certaine.
A l’ouverture du MAMAC en juin 1990, la collection permanente du musée comprend déjà deux œuvres emblématiques acquises en 1988 : Allure aux bretelles (1959) et The birds 11 (1981).
Plusieurs autres acquisitions suivront : en 1997 Clair Obscur (1982) ; en 1999 Accumulation Renault (ca 1968) ; en 2000 Vénus aux ongles rouges (ca 1967).
Le MAMAC présente une rétrospective « Arman, Passage à l’acte » du 16 juin au 14 octobre 2001.
« Cette rétrospective à caractère personnel montre les œuvres selon une chronologie, un déroulement ponctué de temps forts : actions, happenings, installations, certains reconstruits, d’autres en performance. Ce parcours émaillé d’événements donne un caractère particulier dû aux œuvres sin situ et se distingue donc d’autres rétrospectives ». [Arman, manuscrit, 2001].
L’exposition se déployait sur le 1er niveau d’exposition et la galerie contemporaine. Dans la galerie contemporaine, Arman a fait reconstituer un appartement petit bourgeois des années 70, comme il l’avait fait en 1975, à la galerie John Gibson, à New York ; où lors d’une performance dénommée Conscious Vandalism, il y avait détruit l’ensemble du décor. Il a souhaité reproduire cette performance pour la rétrospective de Nice. La veille du vernissage, à l’aide d’un bulldozer, il a encore une fois pulvérisé meubles, objets, murs tapissés, devant un public nombreux et amusé.
Cette rétrospective a donné lieu à l’entrée de plusieurs œuvres dans le fonds permanent : Sans titre (1983) ; Sans titre (1962) ; Poubelle de Warhol (1969) ; Anamorphose (1962) ; Le village de grand-mère 1962.
En 2004, Arman a fait donation de Camin dei Inglese, une accumulation de chaises bleues de la Promenade des Anglais, pour la façade du patio intérieur du musée.
En hommage au décès d’Arman survenu à New York le 22 octobre 2005, le parvis central du MAMAC a reçu le nom de l’artiste : Parvis Arman.
Une suite de six cachets et quatre gouaches de la fin des années cinquante est acquise cette même année, permettant ainsi de compléter la collection du MAMAC sur Arman.
Une seconde exposition « Arman, Subida al cielo » fut présentée dans la Galerie contemporaine du musée, du 30 juin au 1er octobre 2006, réitérant l’hommage posthume à Arman.
Focus Oeuvre
Arman. Passage à l’acte, 16 juin-14 octobre 2001, MAMAC, Nice
« Au sein du trio formé par Yves Klein, Arman et Martial Raysse, pilier fondateur de l’Ecole de Nice, et composante vivace du Nouveau Réalisme, Arman s’identifie comme l’élément chtonien par excellence. Son œuvre s’ancre profondément dans la matière, une matière sans cesse interrogée, fouillée, disloquée, recomposée jusqu’à rendre ses moindres secrets. Il s’approprie le réel avec voracité, exsudant dans l’acte de créer toute la violence et la transgression vers lesquelles le porte l’obsession de l’objet. »
Gilbert Perlein in cat. Arman. Passage à l’acte, MAMAC, 2001, p. 11.


En 1963, à Essen en Allemagne, Arman réalise une performance en dynamitant divers objets (meubles, frigidaires…), parmi lesquels figure une voiture décapotable : la MG blanche du cinéaste Charles Wilp. Arman la fait exploser. Il la boulonne enfin à un grand panneau de bois afin que la carcasse du cabriolet puisse être accrochée comme un tableau ou un trophée de chasse. Il l’intitule White Orchid. « White Orchid est une voiture dont les portières tordues par le souffle de l’explosion évoquent les pétales d’une fleur magnifique embaumée et épinglée comme un papillon dans la boîte d’un entomologiste. »
A l’occasion de la rétrospective Arman, Passage à l’acte, organisée au Mamac en 2001, Arman réitère ce geste dans une carrière près de Vence. Cette fois, c’est une Triumph Spitfire qui est dynamitée.
La Tulipe, ou tout au moins ses restes carbonisés, est alors accrochée dans la galerie contemporaine du musée, puis confiée en dépôt au musée en 2011 par Corice Canton Arman, la veuve de l’artiste.
