Hippolyte Hentgen, Le bikini invisible

Passée

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Galerie contemporaine du MAMAC

Hippolythe Hentgen

Vues de l’exposition « Le Bikini Invisible » 17 mai – 10 novembre 2019, MAMAC, Galerie Contemporaine, Nice, 2019 © ADAGP, Paris, 2019, Photo : François Fernandez

Le bikini invisible… Le titre sonne comme l’amorce d’une improbable enquête qui relèverait autant du polar de gare, des bandes dessinées qui bercent l’enfance que des comics underground. Disséminées dans l’espace, les créations d’Hippolyte Hentgen surgissent comme autant d’indices qui alimentent le mystère. Des mains, jambes et pieds démesurés, désincarnés de tout corps semblent tout droits sortis de cartoons, comme échappés des personnages aplatis, étirés et pulvérisés avec jubilation par Tex Avery. Ces membres, grotesques par leurs formes et leur abandon mou, précieux par le soin des coutures et des détails, renvoient au fantasque et au burlesque. Comme fondues, émancipées du destin bidimensionnel que leurs réservent dessins d’animations et bandes dessinées, ces formes jouent également de réminiscences pop. Comment ne pas penser aux sculptures molles de Claes Oldenburg ou aux silhouettes de vinyle de ses contemporaines Teresa Burga ou Kiki Kogelnik, face à cette parade de corps informes et d’objets triviaux (cigarettes, journaux) ? Cette évocation pop est renforcée par la présence de tentures mêlant Pin-up plantureuse et onomatopées.

Hippolyte Hentgen joue de cette hybridation d’univers non destinés à se côtoyer. Dans son musée imaginaire, les productions de l’avant-garde, la bande dessinée, le dessin d’animation, l’illustration populaire ou le dessin de presse se mêlent sans complexes, faisant surgir un univers fantasque et jubilatoire affranchi des hiérarchies de genres.

Ce bikini invisible est bien sûr un clin d’œil acidulé et débridé à la Riviera, à ses corps alanguis et à ses stéréotypes ; un prélude à une fiction que le visiteur est libre de construire. C’est aussi un regard follement pop et délibérément malicieux sur les œuvres des grandes figures qui ponctuent les collections du MAMAC.

Lina Hentgen et Gaëlle Hippolyte ont étudié à la Villa Arson entre 1998 et 2006. De leur rencontre est née une collaboration à quatre mains sous le nom d’Hippolyte Hentgen.
Hippolyte Hentgen a bénéficié d’une résidence à la prestigieuse Villa Kujoyama (Japon). Le travail a été montré dans de nombreuses expositions solo ou de groupe, notamment au Printemps de Septembre à Toulouse en 2018 ; au Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, Les Sables-d’Olonne ; à la Synagogue de Delme ; au CRAC Occitanie à Sète ; au MAMCO à Genève ou encore à la Villa Arson.

Commissariat de l'exposition :

Hélène Guenin, directrice du MAMAC
Hippolyte Hentgen est représenté par la galerie Sémiose, Paris

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