Dominique Ghesquière

Passée

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Galerie des Ponchettes

Vue de l’exposition « Dominique Ghesquière »

Vue de l’exposition « Dominique Ghesquière », 9 décembre 2017 – 3 juin 2018, Galerie des Ponchettes (MAMAC Hors les murs)
© Photo : Dominique Ghesquière / Courtesy de l’artiste et Valentin, Paris

L’idée de nature et la présence de l’homme en son sein constituent un territoire d’exploration pour Dominique Ghesquière. Les paysages éphémères que l’artiste compose convoquent des écosystèmes en entremêlant des éléments empruntés au règne naturel et des objets patiemment élaborés : ainsi, la galerie des Ponchettes déploie la quintessence de l’univers méditerranéen avec des troncs évidés évoquant les écorces de platanes, des aiguilles de pin, des vagues et un lit de galets. L’artiste atteint dans son évocation une épure des éléments et des formes qui, dans leur sobriété assumée, suffisent à convoquer le souvenir d’un paysage, de son arpentage et de son expérience sensuelle et sensorielle. « Je cherche juste à me glisser dans le paysage. Je cherche simplement la précision et le nécessaire, alors je suis souvent amenée à supprimer, élaguer. C’est ça qui me permet d’atteindre un certain degré d’abstraction. », évoque-t-elle.

Son univers s’avère en cela très proche de la tradition des paysages empruntés japonais, les shakkei, et des jardins secs qui mêlent sophistication extrême, reproduction de la nature en miniature, raffinement du symbolisme, fidélité de la capture du paysage et quête de quintessence des espaces naturels.
Cette ascèse partagée n’est toutefois pas dépourvue de malice et l’artiste joue subtilement avec notre perception et le registre de l’illusion. Elle déploie dans l’espace des espèces mutantes et hybride des éléments, générant de la confusion entre le naturel et le manufacturé.

Entre nature morte et diorama, ses paysages composés opposent ainsi à l’immédiateté de l’évocation, la lenteur d’exécution, la méticulosité des objets produits et la précision de la scansion de l’espace. Par ses multiples gestes l’artiste se positionne en démiurge discret d’un paysage non héroïque.
Figé dans un automne éternel, ce paysage prend enfin valeur de vanité, soulignant la vulnérabilité des écosystèmes dans lesquels nous évoluons et l’entropie permanente générée par l’action humaine.

Commissariat de l'exposition :

Hélène Guenin, directrice du MAMAC ; Olivier Bergesi, chef de projet au MAMAC
Avec le soutien de  l’association des Amis du MAMAC et du Lycée Pasteur, section baccalauréat professionnel Artisanat et Métiers option Marchandisage Visuel

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