Yves Klein

Salle 6

Visitez le MAMAC et découvrez sur deux étages et près de 2.500 mètres carré, une sélection de plus de 200 œuvres de la collection.
Tous les ans le MAMAC renouvelle en profondeur le parcours du dernier étage et propose de nouvelles expériences de ses salles phare dédiées à Niki de Saint Phalle, Yves Klein et au POP international.
La collection est en mouvement pour le plaisir de la découverte et des nouveaux dialogues.

Yves Klein, ANT 84, 1960, collection MAMAC, Nice ; Monochrome bleu sans titre (IKB Godet), 1958, collection privée, en dépôt au MAMAC, Nice, Rocket pneumatique (maquette de Tallon-Technès), 1962, collection privée, en dépôt au MAMAC, Nice © Succession Yves Klein c/o Adagp, Paris ; Photo François Fernandez

L’aventure monochrome

Yves Klein, né en 1928 à Nice, avait pour première vocation d’être judoka. En 1954, il se tourne définitivement vers l’art et entame son « Aventure monochrome ». Il invente le bleu outremer, auquel il donne son nom « IKB » (International Klein Blue), le 19 mai 1960. Il se lance dans la quête de l’immatériel et expérimente le corps de ses modèles comme « pinceau vivant » lors de performances. Klein va au-delà de toute représentation artistique admettant que la beauté est présente à l’état invisible et que sa mission d’artiste serait de la saisir partout où elle est. Son œuvre traverse les frontières de l’art conceptuel, corporel et du happening, et illustre une multiplicité de pratiques et de formes qui façonnent indéniablement Yves Klein comme l’un des artistes les plus novateurs de son temps. De ses monochromes, au vide, à l’utilisation de l’or et du rose dans une trilogie de couleurs, jusqu’à l’emploi d’éponges imbibées de couleurs pures et du feu comme pinceau, il a imprégné de sa créativité la deuxième moitié du 20ème siècle et continue encore d’inspirer les nouvelles générations d’artistes et passionnés de notre époque. Yves Klein décède en 1962, à l’âge de 34 ans, et laisse une œuvre majeure intense, audacieuse et infinie.

Une salle permanente, unique au monde, est réalisée avec le soutien des Archives Klein et des collectionneurs privés qui ont généreusement mis leurs œuvres en dépôt au MAMAC.

Pigment pur

Ce fut sur le mur d’une cave appartenant à la famille d’Arman que Klein peignit ses premiers monochromes bleus vers 1947-1948. En 1955, à Paris, il fait la connaissance de Tinguely, César, Raysse et Restany, et présente au Salon des Réalités Nouvelles, une peinture d’une seule couleur, qui est refusée et provoque un scandale. A compter de 1956, les expositions de Monochromes se succèdent.

En automne 1956, il entame son « époque bleue » en sélectionnant un bleu outremer déjà existant, extrêmement saturé, qui est, selon Klein, « la plus parfaite expression du bleu ». Klein est alors fasciné par le pigment pur bleu outremer, d’une intensité incomparable. Il présente pour la première fois l’installation « pigments purs » chez Colette Allendy en mai 1957, cherchant à exposer « la couleur en soi » :

Pigments purs – Le pigment pur, exposé par terre, devenait un tableau de sol et non plus de cimaise ; le médium fixatif étant alors le plus immatériel possible, c’est-à-dire la force d’attraction elle-même. Elle n’altérait [pas] les grains de pigment individuellement, comme le fait inévitablement l’huile, la colle et même encore mon médium fixatif particulier. Le seul ennui de cela : l’homme se tient naturellement debout et regarde l’horizon.

Yves Klein, « Remarques sur quelques œuvres exposées chez Colette Allendy », c. 1957.
Yves Klein, Monochrome bleu sans titre (IKB Godet), 1958, collection privée, en dépôt au MAMAC, Nice, © Succession Yves Klein c/o Adagp, Paris ; photo François Fernandez

Anthropométries

Le 28 avril 1958, Yves Klein fait sensation avec l’exposition du « Vide » à la Galerie Iris Clert à Paris, où il présente une galerie entièrement vide ; murs repeints en blanc par l’artiste, la façade peinte en bleu. Le 5 juin de la même année, a lieu chez son ami Robert Godet, dans l’île Saint-Louis, la première expérience des « pinceaux vivants », où le corps nu d’un modèle féminin enduit de peinture bleue appose son empreinte sur un papier blanc fixé au sol. Lors de cette séance privée, le modèle rampe sur la feuille, recouvrant systématiquement la surface d’après les instructions de Klein. Il s’agit de la première introduction du corps et de la sensualité dans son oeuvre.

Les premières Anthropométries (empreintes et suaires) sont présentées en public à la Galerie internationale d’Art contemporain à Paris en mars 1960, lors d’une performance au cours de laquelle trois modèles féminins nus couverts de peinture bleue, rampent et se traînent sur le sol recouvert pour l’occasion de papier ou elles apposent leurs corps le long des murs, sous la direction d’Yves Klein « chef d’orchestre », au son de la Symphonie Monoton-Silence. Anthropo- du grec anthropos, signifie homme, et métrie, mesure.
Klein leur demande de n’enduire que certaines parties de leur corps : le ventre, les cuisses et la poitrine. Ceci n’est pas sans évoquer les Vénus de la préhistoire, symboles de vie et de fécondité.
Les Anthropométries occupent une place importante dans l’œuvre d’Yves Klein.

Yves Klein, ANT 155, 1960, collection privée, en dépôt au MAMAC, Nice ; ANT 84, 1960, collection MAMAC, Nice ; Yves Klein, ANT 174, 1960, collection privée, en dépôt au MAMAC, Nice, © Succession Yves Klein c/o Adagp, Paris

Cosmogonies

Au cours d’un voyage en 1960, Yves Klein fixe une toile sur le toit de sa voiture. Au bout du voyage de Paris à Nice, les effets des intempéries sur la peinture font apparaître un vieillissement prématuré de la matière. Cette expérience d’interaction entre la peinture et les manifestations de la nature, le vent, la pluie… donne lieu à une série d’œuvres appelées les « Cosmogonies ». Généralement bleues, les cosmogonies, comme COS 24 peuvent être roses surtout à partir de fin 1961. Ce sont dit-il des « reportages planétaires des manifestations de l’énergie vitale ».

C’est enfin le vieux rêve des hommes et de l’imagination de jouer avec les éléments de la nature, de diriger et de contrôler leurs phénomènes et manifestations.

Yves Klein, Note manuscrite

Peintures de feu

Yves Klein réalise sa première Peinture de feu en 1957 dans le jardin de la galerie Colette Allendy à Paris le soir du vernissage de l’exposition « Propositions monochromes ». D’autres Peintures de feu sont réalisées par Yves Klein au cours de sa rétrospective au Museum Haus Lange de Krefeld (Allemagne) en 1961, sur des feuilles de papier qu’il présentait à la flamme de brûleurs. Le Centre d’essais du Gaz de France à la plaine Saint-Denis, lui donne également la possibilité de travailler à sa première grande série de Peintures de feu et de la perfectionner. Dès mars 1961, Yves Klein utilise des cartons suédois compressés, plus résistants à la combustion. Klein fait évoluer le procédé de combustion puis introduit la trace anthropométrique enregistrant par le feu le souvenir d’une présence. Le Mur de Feu d’Yves Klein, 1961 / 1990 est une édition à partir de l’œuvre réalisée par Yves Klein en 1961 au Haus LangeMuseum de Krefeld à l’occasion de l’exposition « Monochrome und Feuer » du 14 janvier au 26 février 1961. Oeuvre monumentale et emblématique du musée, elle a été restaurée grâce au soutien de PRIMAGAZ en 2019.

Yves Klein, F55, 1961, collection MAMAC, Nice ; Yves Klein, Monochrome jaune (M56), circa 1954-1955, collection privée, en dépôt au MAMAC, Nice ; Yves Klein, Monochrome rose sans titre (M9), circa 1962, collection privée, en dépôt au MAMAC, Nice © Succession Yves Klein c/o Adagp, Paris ; Photo François Fernandez
Mur de feu, 1961-1990 : Grille métallique composée de 2 panneaux et 300 becs Bunsen
Yves Klein, Mur de feu, 1961-1990, collection Mamac, Nice, © Succession Yves Klein c/o Adagp, Paris, (oeuvre restaurée en 2019 avec l’aide de Gaz de France)

Sculptures éponge

C’est en 1958 qu’Yves Klein prend pleinement conscience du potentiel sensible des éponges imprégnées de pigment bleu.

En travaillant à mes tableaux dans mon atelier, j’utilisais parfois des éponges. Elles devenaient bleues très vite, évidemment ! Un jour je me suis aperçu de la beauté du bleu dans l’éponge ; cet instrument de travail est devenu matière première d’un seul coup pour moi. C’est cette extraordinaire faculté de l’éponge de s’imprégner de quoi que ce soit de fluidique qui m’a séduit. Grâce aux éponges matière sauvage vivante, j’allais pouvoir faire les portraits des lecteurs de mes monochromes, qui, après avoir vu, après avoir voyagé dans le bleu de mes tableaux en reviennent totalement imprégnés en sensibilité‚ comme des éponges.

Yves Klein, extrait de « Remarques sur quelques œuvres exposées chez Colette Allendy », 1957 ca.
Yves Klein, Sculpture Sans Titre (S11), Arbre, 1960, collection privée, en dépôt au MAMAC, Nice ; Yves Klein, Sculpture Sans Titre, 1960, © Succession Yves Klein c/o Adagp, Paris ; Photo François Fernandez
Yves Klein, Victoire de Samothrace (S9), 1962, collection MAMAC, Nice ; Yves Klein, Vénus bleue (S41), 1962-1982, collection MAMAC, Nice ; Esclave de Michel-Ange (S20), 1962, collection privée, en dépôt au MAMAC, Nice, © Succession Yves Klein c/o Adagp, Paris ; Photo François Fernandez

Archives Yves Klein www.yvesklein.com

Retour en haut de page