Nouveau Réalisme – Pop Art

Salle 4

Visitez le MAMAC et découvrez sur deux étages et près de 2.500 mètres carré, une sélection de plus de 200 œuvres de la collection.
Tous les ans le MAMAC renouvelle en profondeur le parcours du dernier étage et propose de nouvelles expériences de ses salles phare dédiées à Niki de Saint Phalle, Yves Klein et au POP international.
La collection est en mouvement pour le plaisir de la découverte et des nouveaux dialogues.

 A l’occasion de ses 30 ans, le MAMAC déploie largement en salles 4 et 8 des pièces phares de ce mouvement international emblématique de ses collections.

La collection du MAMAC témoigne de l’apparition, à la fin des années cinquante et à l’aube des années 1960, de mouvements d’emprunt du réel et de détournement de la culture de masse naissante qui se manifeste  à la fois en France  – notamment à Paris et autour d’un foyer d’artistes à Nice – et aux États-Unis.
Ce mouvement artistique nouveau est témoin autant que créateur d’un langage visuel inédit. Ce mouvement « pop », sonnant comme une onomatopée, incarne une aspiration collective pour le « moderne », l’aseptisé, le spectaculaire, le glamour, les loisirs, l’hédonisme et la projection vers un mode de vie du futur.

Emanant de la rue, de ses affiches, de l’efficacité des publicités, des magazines émaillés des portraits des icônes en vogue ; stimulée par les possibilités offertes par les nouveaux matériaux – ronds, souples, plastiques, éclatants de couleurs -, cette esthétique rapproche l’art et la vie, ré-enracine la création dans des souches et fulgurances populaire, embrasse la culture de masse naissante. Comme l’art cinétique à la même époque, le pop – à défaut d’être politique – porte un idéal démocratique, l’enjeu d’une immédiateté de la perception, la fougue d’une jeunesse avide d’inventer son monde nouveau.
Ce mouvement aura pour nom Pop dans sa trajectoire britannico–américaine puis sa mise sur orbite internationale ; « nouveaux réalismes » dans son ascendance franco-européenne et sa réinvention d’une attitude dada ».
Hélène Guenin


Claes Oldenburg Shrimps on fork, 1965, Collection MAMAC, © Claes Oldenburg ; George Segal, Untitled, 1986
Claes Oldenburg Shrimps on fork, 1965, Collection MAMAC, © Claes Oldenburg ; George Segal, Untitled, 1986, Collection MAMAC, © Adagp, Paris, 2020. Photo : François Fernandez

La révolution des années 1960

La déclaration constitutive du Nouveau Réalisme, rédigée par le critique d’art Pierre Restany, est signée au domicile d’Yves Klein à Paris le 27 octobre 1960.

C’est cependant au cours de la décennie précédente que sont posés les jalons : Hains et Villeglé dès 1949 « décollent » en commun leurs premières affiches lacérées ; Klein réalise ses premiers monochromes et Tinguely ses premières sculptures animées…
1960 est une année fertile : Tinguely crée à New York sa première machine autodestructrice ; Klein réalise les « Anthropométries » puis les « Cosmogonies » ; à Paris, César présente au Salon de Mai trois automobiles compressées et Arman fait Le Plein de détritus dans la galerie Iris Clert, etc.

Niki de Saint Phalle, Dart portrait session, 1961, Collection MAMAC, © Niki Charitable Art Foundation / Adagp, Paris, 2020 John Chamberlain, Untitled, 1964, Collection MAMAC, © Adagp, Paris, 2020 Robert Indiana, The Seventh American Dream, 1997/1998, Centre national des arts plastiques, en dépôt au MAMAC, © Morgan Art Foundation / ARS, N.Y. /
Niki de Saint Phalle, Dart portrait session, 1961, Collection MAMAC, © Niki Charitable Art Foundation / Adagp, Paris, 2020 John Chamberlain, Untitled, 1964, Collection MAMAC, © Adagp, Paris, 2020 Robert Indiana, The Seventh American Dream, 1997/1998, Centre national des arts plastiques, en dépôt au MAMAC, © Morgan Art Foundation / ARS, N.Y. / Adagp, Paris, 2020. Photo : François Fernandez

Les points communs réunissant les nouveaux réalistes sont le refus de l’abstraction, la prise de conscience d’une « nature moderne » : celle de l’usine et de la ville, de la publicité et des mass-médias, de la science et de la technique. Ancrée dans cette réalité, leur démarche fait écho à la brillante analyse de la société de consommation et de ses idoles offerte par Roland Barthes en 1956 dans son ouvrage Mythologies. Le groupe engage l’objet dans une nouvelle aventure en exploitant la charge poétique des matériaux : objets de rebut, décollages d’affiches, assemblages, compressions ou accumulations d’éléments d’une technologie industrielle.

En 1961, au Museum of Modern Art de New York, l’exposition The Art of Assemblage, consacre le rapprochement des nouveaux réalistes avec les artistes du Pop Art, occasion pour certains membres du groupe d’entamer une carrière américaine (Arman, Tinguely, Raysse puis Christo). Confrontation renouvelée en 1962 par la Sidney Janis Gallery à New York « The New Realists », puis en 1964, à Berlin et à la Haye.

Raymond Hains, SEITA, 1970, Collection MAMAC, © Adagp, Paris, 2020 ; Martial Raysse, Nissa Bella, 1964, Collection MAMAC,
Raymond Hains, SEITA, 1970, Collection MAMAC, © Adagp, Paris, 2020 ; Martial Raysse, Nissa Bella, 1964, Collection MAMAC, © Adagp, Paris, 2020. Photo : François Fernandez
Arman, Le Village de grand-mère, 1962, Collection MAMAC, © Adagp, Paris 2020 ; Arman, Sans Titre, 1962, Collection MAMAC, © Adagp, Paris 2020 ; Mimmo Rotella, Il mistero della piramide, 1962,Collection MAMAC, © Adagp, Paris 2020 ; Christo, Package, 1962, Collection Lilja Art Fund Foundation, en dépôt au Mamac. Photo : François Fernandez
Arman, Le Village de grand-mère, 1962, Collection MAMAC, © Adagp, Paris 2020 ; Arman, Sans Titre, 1962, Collection MAMAC, © Adagp, Paris 2020 ; Mimmo Rotella, Il mistero della piramide, 1962,Collection MAMAC, © Adagp, Paris 2020 ; Christo, Package, 1962, Collection Lilja Art Fund Foundation, en dépôt au Mamac. Photo : François Fernandez
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