Premier volet des collections : Nice et les années 60. (Nouveaux Réalistes, Fluxus, Pop Art et Abstraits Américains)

Passée

-


Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain

Premier volet des collections : Nice et les années 60 (Nouveaux Réalistes, Fluxus, Pop Art et abstraits américains)

Pour l’inauguration du Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain le 21 juin 1990, les espaces d’exposition, sur les trois niveaux du musée, montrent une synthèse construite autour du Nouveau Réalisme et du pop art américain, auxquels on a ajouté les abstractions américaines des années soixante, Fluxus et le développement de l’école de Nice.
Les oeuvres acquises depuis le début des années quatre-vingt mais surtout à partir de 1985 sont accompagnées de dépôts d’oeuvres issues de collections privées nationales ou internationales.

Claude Fournet, alors directeur des musées de Nice, témoigne ainsi de ce projet dans un numéro spécial de Connaissance des Arts, édité à l’occasion de l’ouverture du MAMAC.
« La vie artistique de ces quarante dernières années pullule d’événements où les initiatives privées ont eu une large place. Arman, Raysse, mais surtout Yves Klein, dans les années cinquante semblent seuls. Et ils le sont. Il faudra le courage ou l’enthousiasme d’Iris Clert ou l’audace de Colette Allendy et de Jean Larcade pour montrer ce qui se jouait derrière les façons débridées de ces étranges “mousquetaires” qui vont imposer sur un mode ludique, dans l’abrupt de la lumière niçoise, une véritable révolution esthétique. Yves Klein reste le grand prêtre de cette religion de l’immatériel. Arman, Raysse, puis César et Spoerri sont les témoins vindicatifs d’une société de consommation qui gagne aussi bien l’Amérique que l’Europe. Tinguely au même moment, puis Niki de Saint Phalle pousseront la dérision poétique à l’extrême. Les “affichistes” avec Hains, Villeglé, Dufrêne, Deschamps puis Rotella complètent le tableau par leurs lacérations d’affiches qui agressent également l’univers médiatique mis en place. Christo y ajoutera une autre dimension, universelle celle-ci. Tandis que New York, à travers Jasper Johns, Warhol, Lichtenstein, puis Jim Dine, Segal, Oldenburg et quelques autres, fera le constat glacial d’une nouvelle société américaine »

De fait, dès juin 1990, le public peut admirer une salle consacrée exclusivement à Yves Klein grâce à la générosité de Rotraut Klein-Moquay et de Daniel Moquay, faisant du MAMAC le seul lieu au monde à offrir en permanence une synthèse de l’œuvre du maître du bleu. Par ailleurs est mise en exergue la création niçoise avec toute sa singularité. La nébuleuse Fluxus n’est pas omise, rappelant qu’il a existé à Villefranche-sur-Mer une drôle de galerie-laboratoire d’idées, « La Cédille qui sourit », qui reste encore dans les mémoires comme le mythe de la liberté créative.
 

Commissariat de l'exposition :

Pierre Chaigneau, conservateur du musée ; Gilbert Perlein, conservateur au musée

Retour en haut de page