Le Musée

La genèse

Le musée d'Art moderne et d'Art contemporain de Nice a été inauguré le 21 juin 1990. Plusieurs projets cohérents pour la création d'un tel musée apparaissent à Nice dans la seconde moitié de ce siècle.

Le premier était lié à la restructuration de la Galerie des Ponchettes, projet soutenu par Henri Matisse et Pierre Bonnard, développé par le Docteur Thomas, puis par Jean Cassarini, première préfiguration du musée d'art moderne de Nice.

La seconde hypothèse qui voit le jour, consistait à construire une aile moderne implantée dans le Jardin du Musée Masséna. Ce projet est abandonné pour réaliser un parking.
L'idée est relancée au milieu des années 70 avec la nomination de Claude Fournet à la Direction des Musées de Nice. L'ouverture de la Galerie d'Art Contemporain (GAC) et une programmation contemporaine à la Galerie des Ponchettes, proposent au public niçois une vitrine significative de l'art.

En 1985, l'exposition "Autour de Nice" à Acropolis présentant un premier rassemblement d'œuvres des Nouveaux Réalistes, de l'Ecole de Nice et de Support/Surfaces notamment, va accréditer la nécessaire implantation d'un musée d'art Moderne et d'art contemporain à Nice.
La même année, une convention signée avec l'Etat prévoit la mise en oeuvre sur cinq ans d'un programme ambitieux d'achats d'œuvres d'art. L'aide financière de l'Etat apportée à la ville dans sa dynamique d'acquisitions, enclenchera le processus de classement de la future institution sous le label "musée contrôlé par l'Etat". Dès 1987, un accord est signé entre la Ville de Nice et l'Etat pour le financement du projet architectural.

L’architecture

Les architectes Yves Bayard et Henri Vidal ont fait une proposition originale d'une sorte d'arc tétrapode à cheval, d'une part sur le cours du Paillon, d'autre part sur l'axe de l'ancienne nationale 7 reliant le quartier du port et la vieille ville aux quartiers qui se sont développés aux XIXème et au XXème siècles L'architecture du musée avait à concilier deux éléments constituants du tissu urbain niçois : la planification urbanistique sarde et l'utopie exotique de la Belle Epoque.
Une monumentalité inspirée par les principes du Classicisme (plan carré, arcature) répond à l'ordonnance de la place Garibaldi. Un jeu optique lie les tonalités ocre rouge du soubassement aux surfaces lisses en marbre de Carrare des tours sur lesquelles se découpent les oliviers, transposant au coeur de la cité les registres d'ordre et de paix de la nature méditerranéenne. La couverture du Paillon donne une opportunité rare de disposer de terrains en centre ville et permet le développement ample d'un dispositif baptisé "Promenade des Arts" constitué d'un musée et d'un théâtre et prolongé par la coulée verte aujourd’hui.

Cette implantation cruciale au coeur de la ville imposait un développement en hauteur réalisé par quatre tours carrées sur une base de 20 mètres de côté pour une élévation de 30 mètres. De l'extérieur, elles sont aveugles mais reliées par des passerelles vitrées. La distribution des espaces d'exposition se fait sur quatre niveaux, plus un niveau de terrasses accessibles au public. Le premier niveau abrite les expositions temporaires, les 2ème et 3ème niveaux sont réservés aux collections. Le rez-de chaussée abrite la galerie contemporaine du musée. La surface d’exposition est déployée sur 10 salles d'exposition. Le recours à des cimaises mobiles permet de cloisonner partiellement les espaces pour obtenir les mètres linéaires nécessaires à certaines expositions.


Niki de SAINT PHALLE, Monstre du Loch Ness, 1993, Miroirs et céramique sur structure en polyester, 330 x 520 x 300 cm, Donation de l'artiste en 2001, Inv. : 2001.13.61, © Niki Charitable Art Foundation / Adagp, Paris ; Crédit photographique : Muriel Anssens/Ville de Nice

Les terrasses sont traitées comme des belvédères d'où la vue embrasse largement la ville. Sur l'une d'entre elles, est présenté Le Mur de Feu d'Yves Klein, réalisé avec le concours de la Direction des Musées de France ; c'est une édition de l'un des projets développés par l'artiste pour l'exposition de Krefeld en 1961.
L'entrée principale et la boutique du musée se trouvent au niveau du parvis qui abrite également l'auditorium et la galerie contemporaine du musée.
Le parvis reliant le musée au théâtre d'un part et au Palais des Congrès d'autre part, permet l'implantation de sculptures monumentales comme le Stabile Mobile d’Alexander Calder ou le Monstre du Loch Ness de Niki de Saint Phalle.