Robinson, ou la force des choses
Daniel Dezeuze - Patrick Saytour - Claude Viallat

28 janvier - 27 mai 2012

1er étage du MAMAC

Viallat

Claude Viallat
Atelier de l’artiste, Nîmes, 2011
© ADAGP, Paris, 2012

Daniel Dezeuze (bio) Patrick Saytour (bio) Claude Viallat (bio) "Pourquoi Robinson ?" Catalogue

Claude Viallat (1936, Nîmes)

Vit et travaille à Nîmes

Biographie

Claude Viallat est né à Nîmes en 1936. Après avoir passé sa jeunesse à Aubais, il étudie à l’école des beaux-arts de Montpellier de 1955 à 1959 où il rencontre Daniel Dezeuze. De retour de son service militaire, il poursuit ses études à l’école des beaux-arts de Paris et découvre l’abstraction, réalise des peintures biomorphiques et rencontre Parmentier.

Claude Viallat s’installe à Nice de 1964 à 1967 où il enseigne à l’école nationale des arts décoratifs et suit à la formation de quelques artistes tels que Nöel Dolla et André Valensi. C’est à ce moment-là qu’il rencontre aussi Patrick Saytour et d’autres personnalités phares telles Ben ou Pagès.
Sa première exposition personnelle a lieu à la galerie A à Nice en 1966, date à laquelle sa production se radicalise.
Son système déjà élaboré, il rencontre de jeunes artistes français partageant ses préoccupations et participe à partir de 1969 à l’émergence du groupe Supports/Surfaces. Face à la scission du groupe divisant les « matériologistes » aux « théoriciens », Viallat démissionne en juin 1971 et s’explique « Je préfère quitter le groupe plutôt que de participer avec réticence à une action qui ne me convient plus ».

Après l’école de beaux-arts de Limoges, Viallat enseigne de 1973 à 1979 à celle de Marseille.
Il participe en 1974 à l’exposition « Nouvelle peinture en France : Pratiques/Théories » au Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne. Son travail pictural est relayé par de nombreux textes de nature théorique, dont la publication en 1976 de Fragments. En 1979, il devient directeur de l’école des beaux-arts de Nîmes.

Il expose en 1980 au CAPC de Bordeaux un ensemble d’œuvres monumentales. Sa première exposition rétrospective est organisée au MNAM de Paris en 1982.

En 1988, il représente la France lors de la Biennale de Venise. Après 1991, Claude Viallat enseigne à l’école nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Agé de 76 ans, Viallat vit et travaille à Nîmes depuis 1979.

Présentation

A partir de 1966, Viallat développe une critique analytique du tableau traditionnel, réalise ses premières toiles sans châssis et adopte la pratique de la peinture au sol, chère à Pollock. En parallèle, apparaît la fameuse forme, tout comme celle d’un Buren, d’un Toroni ou d’un Parmentier à la même époque.
La répartition de cette forme sur la toile libre va peu à peu déterminer la composition de l’œuvre. La forme devient module. Toujours identique et de même format, elle est apposée à intervalles réguliers jusqu’à recouvrir la totalité du support. La radicalité du système mise en place par Claude Viallat participe d’une époque de contestations où la démarche artistique nécessite une mise à plat des formules donnant naissance au tableau. Dans une critique radicale de l’abstraction lyrique et géométrique, l’artiste remet en cause les codes du classicisme pictural de son époque.

En 1972, lors d’un séjour aux Etats-Unis, l’artiste découvre l’art des Indiens qui va marquer son œuvre d’un certain primitivisme. Il marque son empreinte sur des stores, des parasols, des tentes, des bâches –souvent de grands formats- faisant jouer la polychromie, les coutures, la complexité de la découpe. La forme est malmenée ; les toiles sont exposées aux intempéries, enterrées, dégradées par l’utilisation de colorants peu stables ou par brûlage... Puis, le système pictural se complexifie : la forme est fragmentée par la couleur ou n’est pas peinte de manière uniforme, des tissus d’origines différentes sont raboutés, les imprimés apportent une surcharge décorative. Sans jamais remettre en cause le procédé fondateur, Viallat ne cesse, depuis plus de quarante ans, de travailler sa variation. La multiplicité des postures plastiques ne manque pas de produire des œuvres totalement différentes.

Parallèlement à son travail de « peinture », l’artiste réalise, à partir de bois flottés, de morceaux de tissus, de cordes ou de filets, des « objets » et des « cercles » qui procèdent par simple assemblage. Il produit également des dessins et des peintures marqués par la figure du taureau dans un style figuratif et expressif.

Daniel Dezeuze (bio) Patrick Saytour (bio) Claude Viallat (bio) "Pourquoi Robinson ?"