Robinson, ou la force des choses
Daniel Dezeuze - Patrick Saytour - Claude Viallat

28 janvier - 27 mai 2012

1er étage du MAMAC

Dezeuze

Daniel Dezeuze, Ombilics, 2003
Bois, métal, peinture, dimensions variables
Atelier de l’artiste
© ADAGP, Paris, 2012

Daniel Dezeuze (bio) Patrick Saytour (bio) Claude Viallat (bio) "Pourquoi Robinson ?" Catalogue

Daniel Dezeuze (Alès, 1942)

Vit et travaille à Sète
par Bernard Ceysson

Biographie

Daniel Dezeuze est né à Alès en 1942. Il passe son enfance à Montpellier où il fait ses études à la faculté des Lettres et à l’école des beaux-arts. En 1962, après une licence d’espagnol, il dirige une Alliance Française dans les Asturies. En 1964 et 1965, il est boursier de l’Université de Mexico, à l’école d’architecture. […]

Au printemps 1965, il se rend à New York et découvre la peinture de Pollock, Morris Louis, Rothko etc. Il revient en Amérique du Nord fin 1965 pour faire son service militaire comme coopérant culturel à Toronto […].

Dans son atelier de Toronto, il peint et s’intéresse à l’objet post-Duchamp. En 1967, il s’installe à Paris et jette les bases du mouvement Supports/Surfaces avec Patrick Saytour et Claude Viallat. Durant les évènements de mai 68, il s’occupe à la Sorbonne du lancement des comités d’action. […]

Avec ses productions des années 1967-1971, il pose la question du tableau et de la peinture, notamment avec des châssis tendus d’une feuille de plastique ou peints au brou de noix, ainsi qu’avec des treillis extensibles et ses échelles de bois souple à demi déroulées. En 1971, il fait sa première exposition personnelle à Paris à la galerie Yvon Lambert. Il fonde avec Louis Cane et Marc Devade la revue Peinture, cahiers théoriques. Cette même année, il obtient un doctorat de littérature comparée (Paris IV-Sorbonne). En juin 1972, au plus fort du maoïsme extravagant qui agite Peinture, cahiers théoriques, il donne sa démission de cette revue et du groupe Supports/Surfaces. Début 1973, il est nommé professeur à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Nice, puis à celle de Bourges. En 1978, il s’installe à Sète et enseigne jusqu’en 2002 à l’école supérieure des beaux-arts de Montpellier. […]

Sa première exposition dans un musée est au musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne, en 1980. C’est le moment où il s’intéresse à la relation entre peinture et architecture, ce qui l’amène à des premières installations spatiales (gazes découpées et peintes, 1977-1981). Par la suite il crée des sculptures en bois découpé, puis un peu plus tard une nouvelle série appelée Armes, suivi par les Objets de cueillette. En 1987, il séjourne quatre mois en Chine. Parmi d’autres voyages, il retourne fréquemment en Amérique du Nord et en Extrême-Orient. En 1989, les musées de Villeneuve d’Ascq et de Nantes ainsi que le Centre national des arts plastiques à Paris lui consacrent une importante rétrospective. […]

Dans un souci de croiser peinture et sculpture, Dezeuze reprend en 1994 les treillis extensibles de l’année 1969 sur une base chromatique, puis il expose des Nefs en polyéthylène, ainsi que des peintures (Peintures sur chevalet, Pavillons, Peintures qui perlent).

Présentation

Daniel Dezeuze met en question l’illusionnisme pictural, présentant dès 1967 des châssis privés de leur toile. Il expose, parfois en plein air, des échelles souples de lattes de bois bâties selon une structure orthogonale. Toute cette période est marquée par l’importance du vide et une mise en scène austère de l’espace. Au milieu des années soixante-dix, deux ensembles visent à la déstabilisation visuelle : des dessins géométriques tremblés («collimateurs») et des tarlatanes découpées, légèrement rehaussées de couleur. Puis gestes, couleurs et figuration font successivement irruption dans les dessins des années quatre-vingt en même temps que s’ouvre une période de récupération d’objets divers : Portes (1982-1983), rebuts avec lesquels il fabrique des armes énigmatiques (1985-1988). Parallèlement l’artiste exécute des assemblages hétéroclites, dont l’aspect n’est pas sans rappeler certaines créations d’art brut, et réalise des objets tenant à la fois du piège, du filet à papillons, du panier à provisions, intitulés Objets de cueillette.

Daniel Dezeuze (bio) Patrick Saytour (bio) Claude Viallat (bio) "Pourquoi Robinson ?"