Robert Rauschenberg,
on and off the wall
24 juin 2005 - 08 janvier 2006


Robert Rauschenberg - Chronologie

1925-1943
Ernest Milton Rauschenberg naît le 22 octobre 1925 à Port Arthur, Texas.

1944-45
Fait son service militaire dans la Marine des Etats-Unis; durant son séjour à Camp Pendleton, San Diego, visite les musées d’art locaux où il est confronté à des peintures à l’huile originales ; Rauschenberg réalise pour la première fois qu’il peut lui-même devenir un artiste, achète du matériel de peinture et commence à peindre.

1947
Libéré de la Marine américaine en 1946 et après une courte période passée à Los Angeles, se rend à Kansas City, Missouri, où il transforme son nom de Milton en Bob (par conséquence Robert). Entre au Kansas City Art Institute avec le GI Bill.

1948
Février : S’inscrit à l’Académie Julian, Paris, avec le GI Bill. Rencontre Susan Weil, une camarade d’étude.
Septembre–décembre : Avec Weil, s’inscrit au Black Mountain College, près d’Asheville, Caroline du Nord, après avoir lu un article paru dans le numéro du mois d’Août de Time, développant l’approche de l’art rigoureuse de Josef Albers, précédemment enseignant au Bauhaus.

1949
Fin de l’été-automne : Se rend à New York, loue une chambre sur East Eighty-seventh Street puis un atelier sur Willett Street, près de Williamsburg Bridge, dans le centre de Manhattan.

1950
Janvier-mars : Suit des cours à l’Art Students League, New York.
21 juin : épouse Susan Weil.

1951
Printemps : Rencontre Cy Twombly, son camarade d’étude à l’Art Students League.
2 mai-4 juillet : L’empreinte « Blueprint » de Rauschenberg et Weil, Photogram for Mural Decoration (renommé Female Figure, ca 1950), est présentée dans l’exposition « Abstraction in Photography », MoMA, New York.
14 mai-2 juin : Première exposition personnelle, Betty Parsons Gallery, New York. Aucune des peintures de Rauschenberg n’est vendue. Il rencontre le marchand d’art Leo Castelli et le compositeur John Cage avec qui il s’entretient régulièrement au Black Mountain College.
16 juillet : Naissance de son fils, Christopher, à New York.
Eté-automne : Retourne au Black Mountain College, où Weil et Christopher le rejoignent lors de courtes périodes jusqu’à ce que Rauschenberg et Weil décident de se séparer.
Il commence les séries des White Paintings et des Black Paintings, dont il achèvera la plupart en été 1952.
Fin de l’automne : Rentre à New York, travaillant de façon occasionnelle comme décorateur de vitrines freelance.

1952
Janvier : Edward Steichen achète pour le MoMA , New York deux photographies réalisées à Black Mountain College, Untitled (Interior of an Old Carriage) et Untitled (Cy on Bench) (1951) constituant les premières oeuvres de Rauschenberg acquises par un musée.
Printemps-été : Poursuit au Black Mountain College, étudie et fréquente Tworkov et Franz Kline. Etudie aussi avec John Cage et Merce Cunningham.
Eté : Participe à un événement sans titre (intitulé plus tard Theater Piece # 1, considéré comme le premier happening) organisé par John Cage, où les panneaux des White Paintings de Rauschenberg sont suspendus dans l’espace.
20 août : Part en bateau pour Palerme, Italie, avec Twombly. Les deux artistes s’installent à Rome près de la Piazza di Spagna.
Septembre 1952-février 1953 : Prend de nombreuses photos et accumule une collection d’objets à partir desquels il réalise trois importantes séries d’oeuvres : (1) Collages on shirt boards from Italian laundries, (2) Feticci Personali et (3) Scatole Personali.
Octobre : Divorce de Rauschenberg et Weil.
Fin octobre : A court d’argent, voyage en Afrique du Nord et prend un emploi auprès de l’Atlas Construction Compagny à Casablanca. Twombly le rejoint et ils voyagent ensemble au Maroc, direction Tanger où ils rencontrent l’écrivain Paul Bowles avec qui ils se rendent à Tétouan.

1953
Février : Rauschenberg et Twombly quittent l’Afrique pour retourner à Rome, en passant par l’Espagne.
3-10 mars : Première exposition personnelle en Europe, « Scatole e Feticci Personali », Galleria dell’Obelisco, Rome, Italie. L’exposition sous le nom de « Scatole e Costruzioni Contemplative di Bob Rauschenberg » voyage pour être présentée à la Galleria d’Arte Contemporanea, Florence où l’exposition de Twombly « Mostra de Arazzi di Cy Twombly » est inaugurée le même jour.
Avril : Retourne à New York et s’installe dans un loft au 61 Fulton Street dans le centre de Manhattan.
Printemps-été : Termine les dernières oeuvres de la série des Black Paintings commencées au Black Mountain College en 1951 et commence les Elemental Sculptures.
15 septembre-3 octobre : Exposition simultanée des oeuvres de Rauschenberg et de Twombly, Stable Gallery, Rome ; Rauschenberg présente deux White Paintings et une sélection de Black Paintings et des Elemental Sculptures.
Fin de l’automne : Commence à travailler aux Red Paintings, travail qu’il poursuivra jusqu’au tout début de l’été 1954.
Suzi Gablik, une amie du Black Mountain College, le présente à Jasper Johns, au coin d’une rue de New York près de Marboro Books, la librairie d’art où Johns travaille.

1954
30 mai : Première de Jack and the Beanstalk de la Paul Taylor Dance Compagny, Henry Street Playhouse, pièce pour laquelle Rauschenberg a dessiné le décor.
Mi-été : Rauschenberg estampille du terme « Combine » la série d’oeuvres associant les aspects de la peinture et de la sculpture.
8 décembre : Première de Minutiae de la Merce Cunningham Dance Compagny, Brooklyn, Academy of Music, New York, dont Rauschenberg a dessiné le décor.
Décembre 1954-18 janvier 1955 : Exposition des Red Pantings et des Combines, Egan Gallery, New York.

1955
Septembre : Quitte Fulton Street pour un atelier à l’étage supérieur du 278 Pearl Street. L’atelier de Johns se situe un étage au-dessous de celui de Rauschenberg, dans le même immeuble.

1957
10 février : Première de The Tower, de la Paul Taylor Dance Compagny, Kaufmann Concert Hall, Ninety-second Street YM-YWHA, New York, décor de Rauschenberg et costumes de Johns.
8 mars : Morton Feldman et Ilse Getz conduisent Castelli et son épouse Ileana (qui deviendra Ileana Sonnabend) à l’atelier de Pearl Street. Rauschenberg les présente à Johns ; enthousiasmés par le travail de Johns ils lui proposent une exposition mais partent sans rien avoir offert à Rauschenberg lui-même. Quelques jours plus tard, ils lui offrent une exposition pour le mois de mars 1958.

1958
[Fin de l’hiver] : Commence à utiliser les techniques de transfert avec solvant, se servant de photos de magazines pour réaliser des dessins.
Mars : s’installe au 128 Front Street, 2ème étage, après que les autorités de la Ville de New York aient condamné l’immeuble de Pearl Street. Johns déménage dans le même immeuble, au 3ème étage.
4-29 mars : « Robert Rauschenberg », Leo Castelli, New York. Il y présente environ vingt Combine. Castelli achète Bed (1955), seule œuvre à la vente.
[Fin du printemps] : Commence à travailler sur une série de dessins à partir de trente-quatre cantos de L’Enfer de Dante qui associent ses propres dessins et aquarelles avec des reproductions de magazines au moyen de la technique du transfert avec solvant. En faisant intervenir des images populaires de personnalités telles que John F. Kennedy et Adlai Stevenson, Rauschenberg confère au poème de Dante un contexte contemporain.

1959
Alan Solomon, le directeur du Andrew Dickson White Museum (qui deviendra le Herbert F. Johnson Museum), Cornell University, Ithaca, New York, achète Migration (1959) pour la collection de l’institution ; c’est la première acquisition par un musée d’une peinture de Rauschenberg.
21 septembre-2 décembre : Participe à la 5ème Biennale, Sao Paulo, section américaine de l’exposition.
15 décembre 1959-14 février 1960 : Participe à « L’exposition internationale de Surréalisme : 1959-1960 », organisée par André Breton et Marcel Duchamp, galerie Daniel Cordier, Paris.
16 décembre 1959-17 février 1960 : Participe à « Sixteen Americans », MoMA, New York. Le catalogue de l’exposition contient une déclaration de Rauschenberg « La peinture est en relation avec l’art et la vie. Rien ne peut être ajouté (Je tente d’intervenir dans l’espace qui les sépare.) »

1960
17 mars : L’Hommage à New York de Jean Tinguely est élaboré dans le jardin de sculpture du MoMA, New York où la grande sculpture cinétique est conçue pour s’autodétruire. Rauschenberg y apporte sa contribution avec Money Thrower for Tinguely’s H.T.N.Y., une sculpture distribuant une douzaine de dollars en argent dans l’auditoire.
Automne : Commence à travailler avec un groupe de jeunes chorégraphes qui suivent une classe de composition de danse dirigée par Robert Dunn à l’atelier de Merce Cunnigham de 1960 à 1962.
Le groupe se fera connaître en 1963 sous le nom de Judson Dance Theater. Désireux de rompre avec les conventions de la danse moderne, ils explorent une chorégraphie déstructurée et des mouvements de non-danse et adoptent la méthode de Rauschenberg d’utiliser tout ce qui est possible pour les accessoires et les exécutants.
28 novembre 1960–14 janvier 1961 : Participe à « International Surrealist Exhibition », D’Arcy Galleries, New York.
6 décembre 1960–7 janvier 1961 : Première exposition des dessins de la série Dante, Leo Castelli, New York.

1961
Mai : Exposition personnelle, galerie Daniel Cordier, Paris.
20 juin : Participe à Homage to David Tudor, Théâtre de l’Ambassade des Etats-Unis, Paris. Au cours d’événements simultanées organisés par Rauschenberg, Niki de Saint Phalle, Johns, Tinguely et Tudor, chaque artiste exécute des actions spontanées dans un temps donné.
[Juillet] : Quitte Front Street pour un atelier au 809 Broadway, un immeuble commercial où la résidence privée est interdite.
Août : Devient directeur officiel des lumières et régisseur et entreprend les tournées avec la Merce Cunningham Dance Compagny jusqu’en 1964.
2 octobre–12 novembre : Participe à « The Art of Assemblage », MoMA, New York. L’exposition, qui rassemble des oeuvres depuis le XVème siècle jusqu’à cette date, dont certaines de cultures non occidentales, marque la première reconnaissance par un musée de l’art d’assemblage en tant que forme d’art.

1962
4 mai : Joue dans The Construction of Boston, Maidman Playhouse, New York, dont il a dessiné le décor. La pièce de quinze minutes est issue de la collaboration entre Rauschenberg, de Saint Phalle, le poète Kenneth Koch, auteur du texte et Tinguely.
30 août–30 septembre : « Dylaby » (Dynamisch Labyrint), Stedelijk Museum, Amsterdam. L’exposition est constituée d‘installations de Rauschenberg, de Saint Phalle, Martial Raysse, Daniel Spoerri, Tinguely et Peter Olof Ultvedt. Les artistes invités à collaborer sur un travail architectural unique, un environnement ou un labyrinthe à traverser, estimèrent trop difficile de faire coïncider leurs idées respectives et, à la grande déception de Rauschenberg, décidèrent de réaliser des oeuvres distinctes.
Octobre : Après de préalables essais infructueux pour photosensibiliser la toile, commence les peintures sérigraphiées.
Comme pour les illustrations de L’Enfer de Dante (1958-1960), il tire ses images de National Geographic, Life, Esquire, Boxing and Wrestling et de journaux, comme de ses propres photographies. Le jeu de tons noirs et blancs, préférence de Rauschenberg pour ses propres photographies, domine jusqu’en 1963, date à laquelle il commence à utiliser plus de couleur.

1963
1er-16 février ; 20 février–9 mars : Expositions personnelles consécutives : « Rauschenberg : Première exposition (Oeuvres 1954-1961) » et « Rauschenberg : Seconde exposition (Oeuvres 1962-1963) », galerie Ileana Sonnabend, Paris.
31 mars–12 mai : Première exposition rétrospective de musée : « Robert Rauschenberg », The Jewish Museum, New York. L’exposition est constituée de cinquante-cinq œuvres couvrant l’ensemble de sa carrière.
9 mai : Première de Pelican, chorégraphie de Rauschenberg, Concert de Dance 5, une soirée de performances réalisées par Judson Dance Theater, Pop Festival, Washington, D.C.
[Juin] : Commence à utiliser la couleur dans les peintures sérigraphiées, faisant parfois usage d’images aussi présentes dans les sérigraphies noir et blanc.
9 juin : Accident (1963) remporte le Velika Pemija (grand prix, V. Mednarodna Garfi’cna Razstava (5ème Exposition Internationale de Gravure), Moderna Galerija, Ljubljana, Slovénie. C’est la première fois qu’un Américain reçoit le prix. Le titre de la gravure évoque la fracture de la pierre lithographique, à deux reprises, durant l’impression. Lorsque la seconde pierre se casse, Rauschenberg décide qu’il continuera dans la voie de la gravure.
Début octobre : Son père décède d’une attaque cardiaque.
Fin de l’automne : Commence à intégrer les portraits du président John F. Kennedy, récemment assassiné, dans ses peintures sérigraphiées. Rauschenberg qui a réalisé les écrans avant l’assassinat envisage de ne pas utiliser les images de Kennedy, puis réalise que les utiliser ou pas ne serait qu’une question de conscience personnelle.

1964
9 janvier-9 février : Participe à « Black, White and Grey Contemporary Painting and Sculpture », Wadsworth Atheneum, Hartford. Erased de Kooning Drawing (1953), est exposé pour la première fois.
30 janvier : Première de Shot Put de Rauschenberg, Concert pour New Paltz, State University of New York, New Paltz.
5 février-8 mars : Exposition rétrospective ”Robert Rauschenberg Paintings, Drawings and Combines », Whitechapel Art Gallery, Londres.
10,17 février : Surplus Dance Theater présente sur+, une série de performances à Stage 73, New York, spectacle pour lequel Rauschenberg intervient en tant que directeur de la lumière.
22 avril : Ouverture de la New York World’s Fair. Skyway, peinture sérigraphiée de Rauschenberg est installée à l’extérieur du Pavillon du New York State, dessiné par l’architecte Philip Johnson. D’autres artistes ont été commandités pour réaliser des oeuvres murales et des sculptures dont Peter Agostini, John Chamberlain, Robert Indiana, Ellsworth Kelly, Alexander Liberman, Roy Lichtenstein, Robert Mallory, James Rosenquist et Andy Warhol.
Mai-Juin : Développe une nouvelle technique lithographique auprès d’ULAE (Universal Limited Art Editions), appliquant le procédé lithographique au traitement industriel des écrans sérigraphiques pour le transfert des images, dont certaines se présentent aussi comme des peintures sérigraphiées sur la pierre.
Juin–novembre : Participe aux tournées de la Merce Cunningham Dance Compagny, comme responsable des lumières, du décor, des costumes et régisseur pour la tournée mondiale. La tournée comprend trente villes d’Europe et d’Asie.
20 juin–8 octobre : Expose au Pavillon des Etats-Unis et au premier Consulat américain, « 32ème Biennale Internationale d’Art », Venise, Italie. Organisée par Alan Solomon sous la tutelle de l’United States Information Agency, les Etats-Unis sont représentés par deux expositions en relation : « Four Germinal Painters » présentant Rauschenberg, Johns, Morris Louis et Kenneth Noland et : « Four Younger Artists », présentant Chamberlain, Jim Dine, Claes Oldenburg et Frank Stella. Rauschenberg reçoit le Grand Prix International de Peinture et deux millions de lires. Après avoir reçu son prix, Rauschenberg appelle son assistant Tony Holder à l’atelier de New York, lui demandant de détruire les quelques 150 écrans sérigraphiques de l’atelier pour le préserver du risque de se répéter.
12 septembre-18 octobre : « Robert Rauschenberg », exposition de vingt-six Combine et peintures sérigraphiées ainsi que les trente-quatre illustrations de l’Enfer de Dante (1958-1960), Museum Haus Lange, Krefeld, Allemagne.
28 novembre : Au cours d’une tournée avec la Merce Cunningham Dance Compagny, Rauschenberg est invité à participer à un échange publique avec le critique Yoshiaki Tono au Sogetsu Art Center, Tokyo. Durant l’événement, « Vingt questions à Robert Rauschenberg », Rauschenberg ne répond pas aux questions par la parole mais préfère répondre en peignant ou en rapportant des objets sur un écran japonais pliant de couleur or, réalisant Gold Standart.

1965
12 mars-15 avril : « Robert Rauschenberg », Contemporary Arts Museum, Houston.
1er-26 mai : First New York Theater Rally, produit par Steve Paxton et Alan Solomon, tenu au premier atelier CBS, New York. Rauschenberg joue dans Spring Training et dans Pelican (1963).
3 mai-6 juin : “Robert Rauschenberg, Paintings 1953-1964”, Walker Art Center, Minneapolis.
23 juin : Est cité comme l’artiste le plus important ayant émergé depuis la seconde guerre mondiale dans une étude réalisée par l’hebdomadaire parisien Arts, auprès de cent intellectuels français, interrogés pour identifier les plus grand artistes de moins de cinquante ans. Rauschenberg est le seul Américain sur la liste.
4 novembre : Monte Map Room (1), Goddard College, Plainfield, Vermont. Rauschenberg n’est pas satisfait de la pièce et la remontera sous le nom de Map Room II.
Fin de l’automne : Fait l’acquisition d’un ancien orphelinat et de la chapelle de la Mission Saint Joseph de l’Immaculée Conception, sur Lafayette Street, New York.
1-3 décembre, 16-18 : Première de Map Room II, The Expanded Cinema Festival, Film-Makers ‘Cinémathèque, New York.

1966
26 avril : Joue dans la première de Linoleum et dans Pelican. (1963)., NOW Festival, National Arena (initialement America of Wheels), Washington, D.C.
Automne : Les rénovations terminées, s’installe à l’atelier de Lafayette Street, New York.
25 septembre : Avec Billy Klüver, l’ingénieur Fred Waldhauer et Whitman, cofonde E.A.T. (Experiments in Arts and Technology), New York. L’organisation cherche à promouvoir l’utilisation de la technologie dans le cadre de projets non industriels, en instaurant des collaborations entre artistes et ingénieurs, créant “ la possibilité d’un travail qui ne soit pas la préoccupation de l’ingénieur, de l’artiste ou de l’industrie, mais le résultat de l’exploration de l’intervention humaine entre ces trois domaines. »
14-23 octobre : 9 Evenings : Theatre and Engineering, Sixty-ninth Regiment Armory, New York, Rauschenberg a dessiné l’affiche du festival et a réalisé la chorégraphie de Open Score, 14 et 23 octobre.

1967
Février-avril : Commence à travailler avec l’atelier de gravure Gemini G.E.L ; Los Angeles, réalisant Booster et 7 Studies. Booster constitue, avec ses un mètre quatre-vingt deux de hauteur, plus grand tirage lithographique à la main réalisé à ce jour.
Début du printemps : Réalise Revolvers, six sculptures réalisées à l’encre sérigraphique sur cinq disques de plexiglas rotatifs, chacun monté derrière l’autre avec des moteurs électriques. Par l’intermédiaire d’un tableau de commande, le spectateur enclenche la rotation des disques et crée un effet kaléidoscopique en mêlant les images.
28 avril-27 octobre : Participe à l’exposition du Pavillon américain « American Painting Now » organisée par Alan Solomon, « Expo 67’ », Montréal. Expose Green Shirt (1965-67), un tableau multicolore constitué de néon et de métal vernis, installé à l’intérieur du dôme géodésique de R. Buckminster Fuller.
10, 19 novembre : Rauschenberg joue dans Urban Round, pièce qu’il a conçue pour Fall Gallery Concerts, School Visual of Arts, New York.

1968
22 janvier-22 février :”Robert Rauschenberg : Print”, Whitney Museum of American Art, New York. L’exposition est toute entière constituée de Autobiography, une lithographie offset en couleur d’environ cinq mètres, sur trois feuilles de papier.
23 février–7 avril : « Robert Rauschenberg », Stedelijk Museum, Amsterdam ; Les trente-sept oeuvres exposées présentent un nouveau travail technologique, Soundings, un mur de deux mètres trente-huit de haut et environ onze mètres de long, composé de trois strates de panneaux : à l’extérieur un panneau plexiglas réfléchissant et à l’intérieur deux panneaux de plexiglas sérigraphiés avec des images répétitives de chaises disposées de façon variée. Des lumières électriques dissimulées entre les épaisseurs, activées par les sons produits par les spectateurs, révèlent les images.
27 juin-6 octobre : Participe à « Documenta IV », Museum Fridericianum, Kassel, exposant Solstice ; les cinq portes de plexiglas motorisées de Sosltice s’ouvrent en glissant lorsque les spectateurs s’approchent. Chaque porte est sérigraphiée avec des images de détails architecturaux, des dessins techniques, des photographies urbaines et des mots.
10 octobre – 10 novembre : « Robert Rauschenberg, Œuvres de 1949 à 1968 », Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.
12-27 octobre : Expose White Paintings, Leo Castelli, New York. Comme la plupart des panneaux d’origine ont été réutilisés dans des œuvres postérieures, telles que Yoicks (1954), K249765 (1956), Trophy II (for Teeny and Marcel Duchamp) (1961), Robert Rauschenberg fait préparer par son assistant Brice Marden une nouvelle série de peintures qui continuent de porter la date de leur conception originelle (1951) indépendamment de la date à laquelle elles ont été faites.

1969
Hiver : Réalise Carnal Clocks, boîtes en métal avec du plexiglas sérigraphié, des lampes électriques dissimulées et des systèmes de minuterie. Pour indiquer l’heure, les lumières s’allument et font apparaître sur la surface réfléchissante des images d’organes génitaux, des formes naturelles et d’autres objets photographiés par Rauschenberg ; à midi et à minuit toutes les lampes s’allument.

1970
Juin : Se joint à un groupe d’artistes qui retirent leurs œuvres du pavillon des Etats-Unis « 35ème Biennale Internationale d’Art », Venise , en signe de protestation face à l’action militaire des Etats-Unis au Vietnam .
6 août-27 septembre : « Robert Rauschenberg : Prints 1948/1970 », Art Institute, Minneapolis, rétrospective réservée aux gravures de Rauschenberg.
Septembre : Fonde Change Inc., New York, organisation à but non lucratif délivrant des petites sommes d’argent aux artistes pour faire face à des dépenses urgentes telles que le loyer ou des frais médicaux. L’organisation survit grâce aux contributions provenant des bénéfices de ventes aux enchères d’œuvres d’art.
Automne : Captiva en Floride devient son nouveau lieu de résidence et de travail. Bien qu’il conserve son atelier de Lafayette Street à New York, il passe le plus clair de son temps à Captiva.
Décembre1970-octobre 1971 : Dans son nouvel atelier de Captiva, il entreprend Cardboards, série d’œuvres réalisées à partir de cartons récupérés.

1971
12 janvier-février : Participe à « Duchamp, Johns, Rauschenberg, Cage », Centre d’Art contemporain, Cincinnati, exposition explorant l’influence de Duchamp sur les trois autres artistes.
Printemps : Fonde Untitled Press, Inc., « Untitled », avait préconisé Sonnabend, était un terme tout à fait compréhensible en Europe et généralement associé à l’art contemporain.
11 mai-29 août : Participe à « Art and Technology », au County Museum of Art, Los Angeles. Expose Mud Muse (1968-71). Mud Muse est une cuve, de la taille d’une pièce, remplie de boue de forage qui bouillonne en fonction du son, par un système de valves et d’arrivée d’air comprimé dans le réservoir. Une cassette diffusant le bruit de la boue bouillonnante se fait entendre, créant une réponse incessante à la boue contenue dans la cuve.

1972
Fin juin : Débute les Venetian Series, dont la plupart seront réalisées en 1973. Ces œuvres sculpturales inspirées par ses nombreuses visites à Venise, sont réalisées en tissu uni, avec des branches, des bandes, des pots en verre avec un intérêt marqué pour les formes naturelles d’objets ordinaires de récupération.

1973
Eté : Commence les Early Egyptian Series, conçues avec des boîtes en carton recouvertes de colle, roulées ans le sable ou enveloppées de gaze et peintes au dos de couleurs fluorescentes reflétées par le mur. Il continuera ce travail jusqu’en 1974.

1974
Mai : Voyage en Israël pour la préparation d’une exposition au Israel Museum de Jérusalem. Il passe trois semaines à rassembler des matériaux - tels que du sable provenant de divers sites d’Israël, des journaux locaux et des objets récupérés – pour réaliser Made in Israel, une série de sculptures proche de la série des Early Egyptian.
Automne : Commence la série des Hoarfrost, sur laquelle il travaille jusqu’en 1976. La série réalisée à l’aide de solvant permettant de transférer les images sur un tissu non extensible, se développe lorsque Rauschenberg découvre que la gaze utilisée en imprimerie pour nettoyer les pierres lithographiques conserve les traces des images du papier journal après l’achèvement du processus de transfert. La série est également inspirée par le cadeau d’anniversaire de James Rosenquist à Rauschenberg d’un rouleau de chatoyante soie transparente, faisant allusion au terme « hoarfrost » (givre) utilisé dans L’Enfer de Dante.

1975
6 septembre-6 octobre : « Robert Rauschenberg », Museo d’Arte Moderna Ca’ Pesaro, Venise. Expose un choix d’oeuvres issues des séries Cardboard, Early Egyptian, Scripture et Hoarfrost.
Automne : Commence la série des Jammer sur laquelle il travaille jusqu’en 1976. Ces oeuvres totalement non figuratives, de soie cousue colorée, sont accrochées au mur ou appuyées contre des bâtons de rotin. Le titre de cette série provient du Windjammer, sorte de grand voilier ; de nombreuses oeuvres de la série portent des titres en rapport avec le monde de la mer.
[Décembre] : Réalise Yule 75, première oeuvre de la série des Spread qu’il commence au début de l’année suivante et poursuit jusqu’en 1982. Rauschenberg découpe Yule 75 en cinquante-six morceaux irréguliers pour les offrir à Noël à ses amis. L’oeuvre sera reconstituée à l’occasion de l’exposition rétrospective de 1976 à la National Collection of Fine Arts, Smithsonian Institution, Washington. Spreads, un terme utilisé par les cow-boys pour décrire une vaste étendue de terre, est aussi une référence aux grandes pièces en bois ou supports de mousse, recouverts de tissu. Les oeuvres de grand format sont des images transférées à l’aide de solvant sur de la soie fixée sur des supports rigides, avec des objets de récupération fixés et souvent des lumières électriques.

1976
25 janvier-11 avril : Expose Rodeo Palace (Spread) (1975-76), une oeuvre commanditée par le Fort Worth Museum pour « The Great American Rodeo », une exposition célébrant le bicentenaire américain. Rodeo Palace qui ne dépeint pas le rodéo mais plutôt la fascination et le courage de la vie d’un concurrent de rodéo et surtout un hommage aux racines de Rauschenberg, contient des références à ses expériences personnelles passées et actuelles.
11 septembre-19 octobre : Expose un choix d’oeuvres issues des séries Cardboard, Early Egyptian, Scripture et Hoarfrost, au Fort du Belvédère, Florence.
29 octobre 1976–2 janvier 1977 : Exposition rétrospective Robert Rauschenberg à la National Collection of Fine Arts, Smithsonian Institution, Washington.
29 novembre : Fait la couverture du Time magazine, c’est la première fois qu’un magazine consacre une large place à un artiste vivant.

1977
Commence la série des Scale sur laquelle il travaille jusqu’en 1981.
Les Scales, équivalent en sculpture des Spreads, utilisent aussi le transfert au solvant sur tissu contrecollé à des structures en bois, mais dorénavant des objets en trois dimensions sont ajoutés aux oeuvres.
18 janvier : Première de Travelogue de la Merce Cunningham Dance Company au Minskoff Theater de New York, la première collaboration entre Rauschenberg, John Cage et Cunningham en treize ans. Rauschenberg réalise les costumes et les décors qu’il intitule Tantric Geography.

1978
[Automne] : Organise une exposition itinérante de son travail à travers le monde, une idée qui aboutira finalement au projet ROCI (Rauschenberg Overseas Culture Interchange).

1979
7 mai : Première de Glacial Decoy, Trisha Brown Company, Walker Art Center, Minneapolis, pour laquelle Rauschenberg réalise les costumes et les décors. La centaine de photographies originales que le décor exige ranime la passion de Rauschenberg pour la photographie.

1980
Un procès est intenté à Rauschenberg et Gemini G.E.L., Los Angeles par Morton Beebe photographe d’une image de plongeur dans une piscine, intégrée dans Pull (Hoarfrost Edition) (1974) et Emerald (Hoarfrost) (1975). La photographie de Beebe intitulée Diver (plongeur) avait été publiée à l’occasion d’une publicité pour Nikon au début des années 70. Rauschenberg et Gemini ne reconnaissent pas l’infraction, plaidant que la technique de transfert de Rauschenberg, le collage, et l’inversion de l’image la transforme. A partir de ce moment-là, il utilisera exclusivement ses propres photographies dans son travail. Rauschenberg sera aussi attaqué par Dennis Brack pour l’utilisation de sa photographie prise durant l’émeute de 1967 à Détroit et publiée dans Newsweek, que Rauschenberg avait insérée dans la sérigraphie Signs (1970).
23 mars - 4 mai : Exposition rétrospective « Rauschenberg : Werke 1950-1980 », Staatliche Kunsthalle, Berlin ouest et tour européen.
20 avril – 30 mai : « In + Out City Limits : Ft. Myers, Floride », Photographer’s Gallery, Sanibel Island, Floride. Premier lieu d’une exposition itinérante présentant des photographies de Rauschenberg de divers lieux des Etats-Unis : Baltimore, Boston, Captiva, sa région en Floride, Charleston, Sud de la Californie, Los Angeles et New York.

1981
Commence Kabal American Zephyrs une série qu’il poursuivra en 1983, 1985, 1987 et 1988. La série de sculptures est inspirée de gravures sur bois d’un imprimeur japonais du XIXe siècle : Tsukioka Yoshitoshi. Les estampes de Yoshitoshi représentent des événements violents dans des cadres magnifiques, créant ce que Rauschenberg nomme plus tard une sorte de « fantaisie–macabre » qu’il cherche à capturer dans ses juxtapositions d’objets trouvés et d’images imprimées transférées. Rauschenberg a également repris plusieurs titres d’oeuvres de Yoshitoshi.
Janvier : Crée Photems, grands formats, configurations totémiques à images multiples de ses photographies noir et blanc montées sur aluminium. Retravaille sur la série en 1991.
1er avril–27 mai : « Rauschenberg Photographe », Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.
[Fin de l’automne] : Commence à travailler sur The 1/4 Mile or 2 Furlong Piece (1981-), destiné à être l’oeuvre la plus longue du monde, utilisant les techniques employées durant toute sa carrière. Les séquences de The 1/4 Mile or 2 Furlong Piece énoncent les séries antérieures.

1982
15 juillet – 31 août, 22 septembre – 8 octobre : Se rend deux fois au Japon et travaille la céramique à la Otsuka Ohmi Ceramics Company à Shigaraki. Les Japanese Clayworks rappellent les motifs des Combines par l’introduction d’éléments tels que de vieux morceaux de céramique ou une échelle associés à des images du Japon ancien et moderne imprimées sur des photographies par décalcomanie, vernies et cuites. Les Japanese Recreational Clayworks, réalisées durant la cuisson de la première fournée, sont des peintures céramiques dans lesquelles Rauschenberg retravaille des céramiques d’art japonais préfabriquées –des icônes de l’art occidental comme La Joconde de Léonard de Vinci (c . 1503-05) et Bonaparte au Grand Saint Bernard (c. 1800) de Jacques-Louis David – avec son style propre, associées à des images du Japon contemporain.
Automne : Réalise un mur de photographies prises durant ses voyages en Chine en été, de 76 cm de haut par 30,5 mètres de long. L’image combinée sera éditée sous le titre de Chinese Summerhall (1982-83) sur papier Kodak en cinq exemplaires par Graphicstudio II.

1983
24 février–23 mars : Voyage en Thaïlande, au Sri Lanka, et au Japon, et réalise une série de dessins : Sri Lanka, Thai et Lyoto sur des tapis de cérémonie et des cartons.
11 août–30 septembre : « Rauschenberg / Performances, 1954-1979 », Galleria di Franca Mancini, Pesaro, Italie, il présente des photographies documentaires de ses performances. Une version plus importante de l’exposition « Rauschenberg / Performances 1954-1984 » intégrant sa dernière collaboration avec Trisha Brown, Set and Reset (1983), ainsi qu’une sélection d’accessoires et de costumes, est présentée à travers les Etats-Unis, de décembre 1983 à septembre 1985.
[Automne] : Commence la série Salvage sur laquelle il travaillera jusqu’en 1985. La série développe les projets de costumes de Rauschenberg pour Set and Reset de Trisha Brown.
Lors de l’impression des costumes sur la soie, les coulures des images s’imprègnent à l’envers du tissu et Rauschenberg décide d’essayer de préserver cet effet. La série est composée de toiles peintes et de sérigraphies de ses propres photographies.
20 octobre : Première de Set and Reset de la Trisha Brown Company, le Next Wave Festival, Brooklyn Academy Music, New York, Rauschenberg crée les costumes et le décor et Laurie Anderson compose la musique.

1984
19-22 octobre : Rauschenberg visite Tobago où il écrit « Tobago Statement » dont le sujet annonce le prochain projet ROCI : The Rauschenberg Overseas Culture Interchange.
13 décembre : Présente le projet ROCI aux Nations Unies à New York. Le projet est une opération artistique développée en collaboration avec des artistes et des artisans de pays étrangers. A travers le ROCI, Rauschenberg cherche à développer une communication et une compréhension entre des cultures diverses. Le projet comprend plus particulièrement des pays qui sont soit en voie de développement ou dirigés par des gouvernements totalitaires, ou ayant peu de contacts avec les Etats-Unis. Le projet initial comprend vingt-deux pays bien que finalement il n’en comprendra que onze, par ordre chronologique : Mexique, Chili, Venezuela, Chine, Tibet, Japon, Cuba, Union soviétique URSS, Allemagne de l’Est, Malaisie et les Etats-Unis. La tortue Rocky de Rauschenberg âgée de plus de vingt ans, qui a participé à Spring Training (1965), devient le symbole du projet. Le financement ne provient pas du gouvernement, d’entreprises privées, ou de particuliers et, préférant finalement garder le projet libre de toute influence, Rauschenberg finance lui-même la plus grande partie du projet en vendant ses propres œuvres et celles appartenant à sa collection. Au total, Rauschenberg réalisera plus de cent vingt cinq peintures, sculptures et œuvres d’édition. Un programme d’une telle ampleur n’avait jamais été entrepris par aucun autre artiste.

1985
8 février : « Rauschenberg », ouverture d’une petite exposition rétrospective à la Fondation Juan March, à Madrid. L’exposition ira par la suite à la Fondation Joan Mirò, Barcelone.
17 avril-23 juin : « Rauschenberg Overseas Culture Interchange (ROCI) » Musée Rufino Tamayo, Mexico.
17 juillet-18 août : « ROCI Chile », Musée National des Beaux-Arts, Santiago.
Rauschenberg a contribué financièrement à la restauration du musée, ce dernier ayant été endommagé lors d’un tremblement de terre en mars. Pendant son voyage d’études, Rauschenberg avait visité une mine de cuivre et une fonderie hors d’Antofagasta. Cela l’a conduit à utiliser le cuivre et les plaques de cuivre, comme supports des sérigraphies de ses photographies : une série intitulée Copperheads (1985-1989).
12 septembre-27 octobre : « ROCI Venezuela », Musée d’Art Contemporain de Caracas.
30 octobre : La Première Dame des Etats-Unis, Nancy Reagan, lui remet au Lab School, Washington, D.C., le Prix de l’homme le plus méritant pour sa capacité à faire face et à surmonter les problèmes liés à la dyslexie.
15 novembre-5 décembre : « ROCI China », Galerie d’Art National, Pékin. En même temps, la compagnie de Trisha Brown présente Glacial Decoy (1979), Set and Reset (1983), ainsi que d’autres travaux au Théâtre Min Zhu Wen Hua Gon, Pékin, les 17 et 19 novembre.
2-23 décembre : “ROCI Tibet”, Tibet Revolutionary Hall, Lhasa. Rauschenberg a eu du mal à créer des œuvres pour le Tibet « parce qu’ils ont un respect total de toutes choses (…), il n’existe pas de hiérarchie entre les matériaux… Je pensais qu’ils étaient si proches de ma propre sensibilité qu’il me semble que cela a été l’exposition la plus difficile que j’aie eu à faire ».
21 décembre 1985-16 Mars 1986 : Robert Rauschenberg, Works from Four Series : A Sesquicentennial Exhibition, organisée par le Musée d’Art Contemporain de Houston, Texas. Pour son soixantième anniversaire coïncidant avec la célébration nationale du 150ème anniversaire de l’indépendance de Mexico, il est nommé artiste du Texas.

1986
[Fin de l’hiver] : Il réalise les Shiners, sur lesquels il va travailler durant tout 1987. Rauschenberg réalise des sérigraphies de ses photographies sur des plaques grand format d’acier inoxydable et d’aluminium réfléchissant et anodisé, et attache d’autres objets métalliques, comme des calandres de voiture ou des chaises recouvertes de papier argenté
[Printemps] : Il entreprend les Gluts, résultat de ses récentes expériences au Texas à l’issue d’une prise de conscience : une surabondance d’huile sur le marché avait eu des effets néfastes prononcés sur l’économie du pays. Les premières œuvres de la série comprennent des enseignes de stations essence, des plaques d’immatriculation et des panneaux de signalisation trouvés à Captiva. Il continuera à travailler sur les séries par intermittence en 1995.
22 novembre-28 décembre : « ROCI Japon», Musée de Setagaya, Tokyo.
Fin décembre : Quand le décor Lateral Pass (1985), conçu par l’artiste Nancy Graves pour la compagnie Trisha Brown est retardé dans sa présentation à l’étranger, Rauschenberg qui est alors à Naples pour assister au spectacle de la compagnie, collecte de la ferraille et du tissu et crée un décor de substitution fait de sculptures suspendues pour le Théâtre San Carlo. Certains éléments du décor seront intégrés plus tard dans les Neapolitan Gluts.

1987
3 février : Ouverture de l’exposition d’une sélection d’oeuvres extraites de The _ Mile or 2 Furlong Piece, au Métropolitan Museum of Art, New York.
22 septembre : Lors de l’audience confirmant la nomination à la Cour Suprême du juge Robert H. Bork, Rauschenberg témoigne devant le Comité Judiciaire du Sénat, à Washington, D. C., craignant que l’interprétation faite par Bork du Premier Amendement ne mette en danger toutes les formes d’expression créative.
Fin de l’automne : Débute Bleachers, une série de photographies exceptionnelles, sur lesquelles il continuera à travailler toute l’année 1991. Les œuvres évoluent lors d’expérimentations durant lesquelles, ayant fait sécher des photographies grand format noir et blanc faites au Polaroïd, Rauschenberg remarque que le soleil fait pâlir certaines zones plus vite que d’autres. Avec de l’eau de javel, Rauschenberg décide sciemment de la décoloration des images.

1988
Janvier : C’est le début de Galvanic Suite, une série de sérigraphies réalisées avec de la peinture sur de l’acier inoxydable galvanisé, sur laquelle il travaillera jusqu’en 1991.
Février : Il commence Urban Bourbons, une série de sérigraphies avec de grands coups de brosses affirmés, en bleu vif, rouge, jaune, et orange acrylique, sur de l’aluminium avec peinture émaillée, réfléchissant et anodisé, sur laquelle il va travailler durant l’année 1995.
10 février-3 avril : ROCI Cuba, Musée national, Casa de les Américas et Castillo de la Fuerza, Havane.

1989
2 février-5 mars : « ROCI USSR », Galerie Tretyakov, Maison Centrale de la Culture, Moscou. Il s’agit de la première exposition personnelle d’un artiste occidental de l’après seconde Guerre Mondiale en Union Soviétique. Simultanément à l’exposition « ROCI USSR », un groupe de jeunes artistes hors Union Soviétique organise une exposition de leurs propres œuvres en hommage à l’arrivée de Rauschenberg à Moscou, intitulée « Rauschenberg to Us—We to Rauschenberg,” c’est l’exposition inaugurale de la première galerie commerciale de Moscou, the First Gallery.
Août : Entreprend Borealis, une série qu’il va développer jusqu’en 1992. Utilisant des agents ternissants, comme l’acide acétique et des sels d’ammonium, qui interviennent gestuellement avec les images sérigraphiées sur des feuilles de laiton, de bronze ou de cuivre, crée ce qu’il nomme ‘corrosions.” Du fait de la nature corrosive des produits, le métal inscrit l’image.
Novembre : Avec la démolition du Mur de Berlin, Wolfgang Polak, directeur du Zentrum für Kunstausstellungen der Deutsche Demokratische Republik, contacte immédiatement Rauschenberg pour relancer les dispositions concernant ROCI Berlin.

1990
Création de la Fondation Robert Rauschenberg, organisation à but non lucratif consacrée à des projets liés à l’intérêt de Rauschenberg pour la recherche médicale, l’éducation, l’environnement, les sans-abri, la faim dans le monde et les arts.
Aucune aide financière n’est accordée mais des organisations telles que le Natural Resources Defense Council and Best Buddies Organization, et les programmes de la Cathédrale de Saint John the Divine, New York, ont tiré profit de la donation de gravures et d’affiches réalisés par Rauschenberg.
10 mars-1er avril : “ROCI Berlin,” Neue Berliner Gallerie, Alten Museum, Berlin, Allemagne.
21 mai-24 juin : “ROCI Malaysia,” National Art Gallery, Kuala Lumpur.
22 septembre : Première de la Trisha Brown Company’s, Foray Forêt, Biennale de la Danse, Lyon, France, pour laquelle Rauschenberg a dessiné les costumes et le décor.
Octobre : La construction de la nouvelle maison de Captiva, dessinée par Rauschenberg et Darryl Pottorf est achevée.
7 décembre 1990-17 mars 1991 : “Robert Rauschenberg: The Silkscreen Paintings,” 1962–1964, Whitney Museum of American Art, New York.

1991
12 mai-2 septembre : Exposition finale ROCI (Rauschenberg Overseas Culture Interchange), “”ROCI USA, National Gallery of Art, Washington, D.C. Toutes les oeuvres de ROCI, inspirées par les onze pays d’accueil sont exposées.
14 mai : Première de la Trisha Brown Company’s, Astral Converted (50"), première commande chorégraphique de la National Gallery of Art, Washington, D.C. La pièce réutilise le décor réalisé par Rauschenberg pour Astral Convertible (1989). La performance marque la première collaboration entre Rauschenberg, Brown et John Cage, qui a composé la musique pour la performance.
15 juin-11 août : “Robert Rauschenberg: The Early 1950s,” The Corcoran Gallery of Art, Washington, D.C. L’exposition comprend des oeuvres de 1949 à mi-1954, dont certaines n’avaient jamais été montrées ou publiées auparavant.
[Eté] : Oeuvres de Night Shade Series, dans lesquelles les images photographiques sont sérigraphiées sur de l’aluminium brossé avec des badigeons d’acrylique. Le ton général passe du gris sombre au noir avec un effet de ternissure comme dans la Série Borealis (1989–92).
[Eté] : Réalise Phantom Series, oeuvres qui réduisent encore davantage la coloration par l’usage d’époxy sur des photographies de Rauschenberg, sérigraphiées sur de l’aluminium poli.

1992
Commence Les Waterworks Series sur lesquelles il continue à travailler jusqu’en 1994. Avec une imprimante Iris réalise des épreuves digitales couleur avec des teintures végétales, biodégradables ; les images sur les épreuves sont ensuite transférées sur du papier avec de l’eau et une presse électrique.

1993
Mars : La construction du nouvel atelier de Captiva, dessiné par Robert Rauschenberg et Darryl Pottorf est achevée.
2 novembre : Lauréat du Second Prix d’Art de Hiroshima, du Musée d’Art Contemporain de Hiroshima, un prix décerné aux artistes faisant la promotion de la paix et ouverts à différentes cultures. En relation avec le prix, une exposition commémorative : “The Second Hiroshima Art Prize—Robert Rauschenberg” est présentée au musée du 3 novembre 1993 au 16 janvier 1994.

1994
3 mai : Première de la performance personnelle de Trisha Brown, If you couldn’t see me, the Joyce Theater, New York, pour laquelle Rauschenberg a dessiné le costume, une robe fourreau blanche et composé la musique électronique. Brown danse dos tourné aux spectateurs, ne laissant jamais voir complètement son visage.
7 mai-10 juillet : Robert Rauschenberg,” Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, Düsseldorf, Allemagne. Montre une sélection d’oeuvres, issues des séries Glut (1986–89, 1991–95), Shiner (1986–93), Galvanic Suite (1988–91), Urban Bourbon (1988–95), ROCI (1985–90), Borealis (1989–92), Phantom (1991), and Night Shade (1991).

1995
27 mai – 22 juillet : Présente A Quake in Paradise (Labyrinth) (1994), Galerie Jamileh Weber, Zurich. L’installation est constituée de panneaux d’aluminium dressés avec acrylique sérigraphié et de panneaux de Lexan présentés de façon variée, sous forme de labyrinthe que le spectateur traverse.
Eté : commence à travailler sur Anagram Series (1995– ). Comme pour Waterworks Series (1992–94), les images sur imprimante Iris des teintures végétales, sont transférées sur du papier, mais maintenant sur des grands formats. La présence de la main de l’artiste est plus repérable dans les Anagrams parce que Rauschenberg utilise un grattoir à main plutôt qu’une presse électrique pour transférer les images.
22 octobre-31 décembre : Première rétrospective exclusivement dévolue à la sculpture de Rauschenberg : “Robert Rauschenberg : Sculpture,” The Modern Art Museum of Fort Worth, Texas.

1996
22 juin-31 juillet : Montre A Quake in Paradise (Labyrinth) (1994), Tribute 21 (1995), et Quattro Mani Paintings, une série pour laquelle il a collaboré avec Darryl Pottorf, Monastère Mechitarista dell’Isola di San Lazzaro degli Armeni, Venise, Italie.
[Août] : Commence à travailler sur la série Arcadian Retreat, série de fresques réalisées avec Donald Saff, Saff et Compagnie (initialement Saff Tech Arts). Inspiré par le fragment d’une fresque de Pompéi offert par Saff, Rauschenberg utilise ses propres photographies prises en Turquie et les impressions Iris dans un procédé similaire à celui utilisé pour la série des Waterworks (1992–94) et de Anagram (1995–) mais transférant à présent les images sur du plâtre humide.

1997
22 mars-19 mai : “Robert Rauschenberg : Haywire, Technologische Hauptwerke aus den sechziger Jahren,” Aktionsforum Praterinsel, Munich, Allemagne.
19 septembre 1997-11 janvier 1998 : “Robert Rauschenberg: A Retrospective,” Solomon R. Guggenheim Museum, New York.

1999
7 mai-6 septembre :”Robert Rauschenberg” (nouvelles acquisitions de la collection permanente), San Francisco Museum of Modern Art, Californie.

2000
Commence Apogamy Pods Series. Le terme “apogamy” fait référence à une forme de reproduction asexuelle, connue sous le nom d’agamogenesis. Dans cette série, Rauschenberg reproduit ses propres œuvres, montrant des images narratives dans lesquelles est évoqué le souvenir de l’image initiale.
16 mai-4 juin : “Robert Rauschenberg,” (8th Wexner Prize Exhibition), Wexner Art Center, Columbus, Ohio.
26 juin-17 septembre : “Robert Rauschenberg : Synapsis Shuffle,” Whitney Museum of American Art, New York. Cette pièce “performance” constitue un jeu complexe entre les acteurs, mélange d’improvisation et de métier traditionnel, dirigé par l’artiste.

2001
Travaille sur les Short Stories Series. Il utilise des motifs provenant de la nature et les associe avec ses représentations les plus caractéristiques, telles que des camions, poteaux télégraphiques, panneaux indicateurs, pour réaliser de grandes images se superposant avec densité.

2002
22 mai-18 août :” Robert Rauschenberg : Recent Work”, Museum of Fine Arts, Boston, Massachusetts.
3 juin-14 octobre : “Rauschenberg”, Musée Maillol, Paris, France ; l’exposition comprend la nouvelle présentation de Synapsis Shuffle et d’autres œuvres réalisées depuis les années 90.

2003
Commence à travailler aux Scenarios Series.

2004
7 février-5 septembre : “Current Scenarios”, Wadsworth Atheneum Museum, Harford, Connecticut. Première présentation des Scenarios Series, exposés avec des Gluts et des Currents.
28 février-23 mai : Rétrospective « Robert Rauschenberg”, au Palais des Diamants, Ferrare, Italie, constituant la première exposition de l’ensemble du travail de Rauschenberg en Italie depuis 1964.

2005
17 mars-15 mai : Inauguration de l’exposition “Robert Rauschenberg”,’Institut d’Art Moderne de Valence (IVAM), Espagne, en coïncidence avec la présentation du prix Julio Gonzalez