Niki de St. Phalle

Dossier de presse

Voir quelques oeuvres de la donation

Du 16 mars au 27 octobre 2002

A PROPOS DE LA DONATION NIKI DE SAINT PHALLE, 2001

Le programme scientifique du musée d’Art moderne et d’Art contemporain de Nice trouve son articulation essentielle dans le rapport entre le Nouveau Réalisme européen et l’expression américaine de l’art d’assemblage et du Pop Art. Cette confrontation relève d’une réalité historique attestant de fortes connivences entre ces deux mouvements.

Le caractère exceptionnel de la donation Niki de Saint Phalle tient tout autant à la quantité qu’à la qualité des œuvres qui la composent : 170 éléments répartis en 63 peintures et sculptures, 18 gravures, 40 lithographies, 54 sérigraphies, de nombreux documents originaux.

L’œuvre de Niki de Saint Phalle s’inscrit en toute légitimité dans le programme scientifique du musée pour plusieurs raisons : dès 1958, elle assemble divers matériaux dans le champ du tableau, composant sur fond de bois des univers d’objets hétéroclites poétiques et expressifs. Une sélection d’une vingtaine (24) d’œuvres de petites et moyennes dimensions de cette période a été choisie pour figurer cette phase de gestation au plan formel ; Pas fini, ca. 1959-1960 ; Paysage de la mort II, 1960 ; Ace of Spades, ca. 1960-1961 ; Paire de ciseaux, ca. 1960-1961 ; Toy Pig, ca. 1960-1961 ; Rubber Bands, ca. 1960-1961 ; …) etc.
Dart Portrait, ca. mars-avril 1961 est une déclinaison du Portrait of my Lover, 1961, prémonitoire des Tirs, et sur lequel les visiteurs du Salon Comparaisons à Paris, au printemps 1961 étaient conviés à lancer des fléchettes.
Plusieurs “ tirs ” historiques (Old Master, ca. 30 juin-12 juillet 1961 ; Tir au soulier, hiver 1961 ; Tir première séance – seconde séance, 26 février 1961 ; Tir à la raquette, ca 30 juin-12 juillet 1961 ; La cathédrale rouge, 1962 ; Drôle de mort ou Gambrinus, 9 février 1963…) etc. complètent et confortent la présence dans les collections du Mamac du Tir, 1961, œuvre acquise en 1988 par la Ville de Nice, réalisée le 26 juin 1960 impasse Ronsin à Paris, à coups de carabine, par Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely, et documentée par Harry Shunk et John Kender. L’autel OAS, 1962, a été présenté dans la rétrospective Niki de Saint Phalle au Centre Georges Pompidou de 1980. Plusieurs œuvres ( Hommage to Nikita, printemps 1963 ; The Children, printemps 1963 ) sont des études pour le grand King Kong, “ tiré ” à Los Angelès, sur la plage de Malibu, et qui fait partie de la collection du Moderna Museet de Stockholm.
De sa période blanche, White Gremlin, ca. 1963-1964 et Cœur de vieille bigote, 1964 viennent confirmer les dépôts à long terme du Château noir et blanc, 1962, et de Sans titre, 1961, consentis par le FNAC au Mamac.
Les œuvres de 1964 à 2000 au sein desquelles plusieurs Vénus, des Nanas, des animaux du bestiaire de Niki de Saint Phalle, les installations de personnages (La toilette, 1978 ; Vache et homme assis lisant son journal, 1974) des maquettes de Totems, complèteront de manière exhaustive l’approche pour le public et les scientifiques de la démarche d’une artiste représentative de l’art de la deuxième moitié du XXème siècle.

L’adéquation de l’existence au sein du Mamac d’une collection aussi imposante se justifie aussi par les liens que l’artiste a établis de longue date avec la région. En 1952, Niki et sa famille passent l’été dans le sud de la France, en Espagne et en Italie. Elle apprécie l’ambiance de la Côte d’Azur. En 1953, elle réside à Nice. La qualité de la vie locale induiront chez elle, en 1969, le choix d’une localité du Var très proche pour y construire pour son ami Rainer von Diez, un lieu à vivre, composé de trois structures : le Rêve de l’oiseau, Big Clarice, et La sorcière. En juillet 1972, c’est près de Grasse qu’elle loue le château de Mons afin d’y tourner quelques séquences d’un film exutoire : Daddy.

Le projet scientifique du Mamac est orienté vers une finalité ambitieuse qui s’inscrit dans un large projet de société : contribuer à l’éducation citoyenne et à la formation de l’esprit. Le moyen en est de développer l’accès à la connaissance de l’art du XXème siècle, et à présent du XXIème siècle, par la « monstration » des œuvres significatives des démarches artistiques essentielles, organisée au sein d’une collection permanente en voie d’enrichissement depuis trois années. Chaque projet d’exposition concourt à l’analyse en profondeur de la thématique primordiale par le biais de monographies d’artistes ou de sujets synthétiques adéquats.

La rétrospective Niki de Saint Phalle, après celles qui ont été consacrées à Mimmo Rotella, Yves Klein, Ben et Arman, poursuit l’objectif affirmé de faire du MAMAC l’un des lieux de référence en France, d’une observation, du Nouveau Réalisme. La vérité historique veut aussi que se soient produit plusieurs événements importants à Nice, tels la naissance en 1928 de deux de ses ressortissants principaux, Yves Klein et Arman, et le premier festival du Nouveau Réalisme en juillet 1961 à l’Abbaye de Roseland.

La composition de la donation consentie par l’artiste à la Ville de Nice répond à une exigence scientifique très stricte compatible en tous points avec la nécessité organique de présentation des collections. L’exposition des œuvres de la donation concerne 50% des peintures et des sculptures. Plusieurs sculptures de grande dimension seront installées en permanence dans le proche environnement du musée tel que Le monstre du Loch Ness ou La fontaine aux quatre nanas. Une salle dévolue à la mise en regard des œuvres de Niki de Saint Phalle et de Jean Tinguely donnera la possibilité de percevoir une complicité exercée aussi bien au plan formel qu’au plan personnel entre ces deux artistes qui ont lié un temps leur vie et leur art. Quant aux œuvres graphiques, sérigraphies, lithographies et éditions, après une première présentation dans le cadre de la rétrospective, elles seront montrées selon le rythme imposé par les impératifs découlant des normes de la conservation préventive en matière d’œuvres sur papier. La rétrospective intégrera certains travaux très récents comme les Totems, les Musiciens de jazz ou les Sportifs, œuvres issues de la collection personnelle de l’artiste et qui reflètent une attention récurrente portée à la défense des minorités raciales.

Tant au point de vue des espaces d’exposition au sein du dispositif de présentation au public des œuvres du Nouveau Réalisme que des conditions d’environnement des œuvres d’art d’assemblage, par nature composées de matériaux hétéroclites, la donation Niki de Saint Phalle devrait satisfaire aux exigences des équipes scientifiques aussi bien que des esthètes. La capacité d’accueil matériel de la donation répond aux critères mis en évidence au plan des normes imposées par la Direction des musées de France et aux souhaits de l’artiste.

Par ailleurs, à l’issue d’un travail de collection de documents originaux ou fac-similés, mené avec les Archives Niki de Saint Phalle, sera créé un pôle de documentation spécifique unique en France sur l’œuvre de Niki de Saint Phalle, ouvert aux chercheurs en matière d’analyse et d’étude iconographique. Quant à l’aspect matériel de la composition des œuvres, l’étude de leur préservation et de leur restauration particulièrement délicates au vu de leur fragilité offrira un champ d’exploration exceptionnel.
La présence dans les collections du MAMAC de la donation donnera lieu concomitamment à sa présentation à l’élaboration de produits éditoriaux destinés à la diffusion de l’œuvre.


août 2001

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