Klein - Byars - Kapoor

30 juin - 16 décembre 2012
1er étage du musée

 

Notice biographique - Yves Klein (Nice, 1928 - Paris, 1962)

IKB 100
Monochrome bleu sans titre (IKB 100), 1956
Pigment pur et résine synthétique sur gaze montée sur panneau
78 x 56 cm
Collection Fondation Fontana, Milan
© ADAGP, Paris, 2012

IKB 100
Anthropométrie bleue sans titre (ANT 84), 1960
Pigment pur et résine synthétique sur papier marouflé sur toile
155 x 359 cm
Collection MAMAC, Nice - Achat en 1988 avec l'aide du FRAM
© ADAGP, Paris, 2012

Il naît le 28 avril 1928 rue Verdi à Nice. Son père Fred Klein est un peintre figuratif, sa mère Marie Raymond connaît une certaine réputation comme peintre abstrait. La famille Klein vit généralement à Paris tout en passant ses vacances dans les Alpes-Maritimes et en particulier à Cagnes-sur-Mer. En 1947, Yves Klein s’inscrit au club de judo du quartier général de la Police à Nice et y fait la connaissance de Claude Pascal et d’Armand Fernandez. Les trois jeunes partagent un attrait commun pour les arts martiaux, pour le voyage, pour l’aventure de l’art et de la spiritualité. C’est à ce moment que sur la plage de Nice, Yves, Arman et Claude s’attribuent l’univers sensible : à Yves le bleu du ciel, à Arman la terre et à Claude l’esprit des lettres. Pendant l’été 1952, Yves s’inscrit à l’Institut du Kodokan, à Tokyo. Il compte devenir professionnel du judo. A son retour en France en 1954, il se heurte à la méfiance du milieu professionnel et institutionnel du judo français et n’a comme solution que d’ouvrir un cours privé. Au printemps 1955, il propose un monochrome orange Expression de l’univers de la couleur mine orange au Salon des Réalités nouvelles, réservé à la peinture abstraite. L’œuvre est refusée par le jury qui récuse l’uniformité de la couleur.
Le 15 octobre, Yves expose, une série de monochromes de tailles et de couleurs différentes au Club des Solitaires. Il reproduit la proposition en février 1956 chez Colette Allendy à Paris. Puis Klein fait la connaissance d’Iris Clert qui dirige une petite galerie d’avant-garde de 20 m2 au 3 rue des Beaux-Arts à Paris. Au tout début de l’année 1957, il initie l’epoca blu par une exposition « Proposte monocrome, epoca blu » à la galerie Apollinaire de Milan. En mai, il présente une exposition conjointe chez Colette Allendy et chez Iris Clert. Chez celle-ci, uniquement des monochromes IKB, chez celle-là, diverses pièces annonciatrices de ses développements futurs : des objets imprégnés, un bac de pigment pur, une peinture feu (M 41). A Düsseldorf, le 31 mai, Alfred Schmela ouvre sa galerie avec une exposition de monochromes IKB, puis en juin, c’est le tour de la Gallery One à Londres. Durant l’été, Klein rencontre Rotraut Uecker, jeune fille au pair chez Arman à Nice. L’attrait du milieu artistique allemand pour la démarche d’Yves Klein se poursuit avec la commande de la décoration du foyer de l’Opéra de Gelsenkirchen dans la Ruhr, à laquelle travaillent aussi Jean Tinguely, Robert Adams, Norbert Kricke et Paul Dierkes sous la direction de Werner Ruhnau. Le 28 avril 1958, jour de son anniversaire, est inauguré à la galerie Iris Clert l’événement absolu : « La spécialisation de la sensibilité à l’état matière première en sensibilité picturale stabilisée », autrement dit, « Le Vide ». Le 5 juin, première expérimentation des pinceaux vivants chez son ami Robert Godet dans l’île Saint-Louis. Deux modèles nus sont enduits de peinture bleue et imprègnent des feuilles de papier blancs jusqu’à saturation de la surface. En mars 1960, l’expérience précédente aboutit à la fameuse séance des « Anthropométries de l’époque bleue » à la Galerie d’art contemporain à Paris. En janvier 1961 : ouverture de la plus grande rétrospective Yves Klein jamais réalisée parce que mise en scène par lui-même, au Musée Haus Lange de Krefeld, en Rhénanie. Le Mur de Feu y sera créé, une œuvre que durant vingt ans le MAMAC de Nice sera le seul établissement au monde à présenter en réplique, sur ses terrasses. Klein expose ensuite à la galerie Léo Castelli à New York. A son retour à Paris, Klein poursuit ses expériences au centre d’essais du Gaz de France dans la plaine Saint-Denis et y produira ses plus belles Peintures - Feu. Jusqu’à sa mort le 6 juin 1962, Yves Klein multiplie les explorations qui culminent dans l’expression de l’immatériel avec les Cessions de Zones de Sensibilité Picturale Immatérielle. Ces quelques années intenses ont été fulgurantes, entrecoupées de voyages, de séjours dans les Alpes-Maritimes auprès de sa famille, et de ses amis de jeunesse. Yves Klein meurt en 1962 et est enterré dans le petit cimetière de la Colle-sur-Loup aux côtés de Fred Klein et de Marie Raymond.

L’œuvre et le personnage ne cessent de fasciner. En 1969, le Musée des Arts Décoratifs de Paris lui consacre une exposition ; suivra la Nationalgalerie et le Neuer Berliner kunstverein (Berlin) en 1976, le Guggenheim (New York) en 1982, le Reina Sofia (Madrid) en 1995, mais aussi Chicago, Sydney, Francfort, Amsterdam, Bruxelles, etc. A l’instar du Centre Georges Pompidou (Paris) en 1983, les musées Ludwig (Cologne) et Haus Lange (Krefeld) en 1994, puis le MAMAC (Nice) en 2000 organisent une importante rétrospective. En 2006, le Centre Georges Pompidou (Paris) réitère avec « Yves Klein, corps, couleur, immatériel ». Notons plus récemment les expositions monographiques réalisées par le Guggenheim de Bilbao en 2005, le MUMOK à Vienne en 2007, la Kunsthalle de Bern en 2009 ou le Hirshhom Museum à Washington en 2010.