Klein - Byars - Kapoor

30 juin - 16 décembre 2012
1er étage du musée

 

Notice biographique - Anish Kapoor (Mumbai, Inde 1954)

IKB 100
Wax models, 2005-06
Atelier de l’artiste / Artist’s studio
Photo: Dave Morgan / Courtesy the artist
© Adagp, Paris, 2012

IKB 100
Negative Box Shadow, 2005
Bois, acier, fibre de verre et cire / Wood, steel, fiberglass and wax
216.5 x 166 x 142 cm
Photo: Dave Morgan / Courtesy the artist
© Adagp, Paris, 2012

Anish Kapoor est né à Mumbai, en Inde, en 1954. Il reçoit une éducation qu’il qualifie de « cosmopolite ». Adolescent il réalise ses premières peintures influencées par Picasso et par les œuvres de jeunesse de Pollock. Attiré par les activités techniques et manuelles, il part en Israël faire des études d’ingénieur.
En 1973, il quitte Israël pour Londres et étudie au Hornsey College of Art puis à la Chelsea School of Art. Il y découvre l’œuvre de Joseph Beuys, Carl Andre, Donald Judd. Son professeur Paul Neagu, artiste anglais d’origine roumaine, a une influence décisive. Duchamp l’intéresse davantage pour Le Grand Verre (1915-1923) et Etant donnés 1) la chute d’eau, 2) le gaz d’éclairage (1944-1946) que pour les Ready made. Il y trouve la notion de popularité, la réflexion sur les opposés, notions présentes dans les philosophies indiennes qui ne cessent de l’habiter. Dès 1974, il participe à des expositions collectives. La première « Art into Landscape I » a lieu à la Serpentine Gallery à Londres. Ses premières œuvres sont proches de l’univers formel d’artistes comme Joseph Beuys et Paul Thek. Après ses études, il gagne sa vie en enseignant au Wolverhampton Polytechnic. Cette activité le passionne : il affirme avoir beaucoup appris du dialogue avec ses étudiants, grâce auquel il développe son activité théorique. Les grands axes de réflexion qui animent son œuvre et seront approfondis à chaque nouvelle expérimentation formelle sont déjà présents dès ses premiers travaux.

La couleur devient un élément central de son œuvre dès les années 80, avec notamment 1000 Names (1979-1981), puis Part of the Red (1981). Il élabore un langage à partir de pigments purs (utilisés en Inde pour des rituels religieux, dans les temples ou à des fins cosmétiques), en accord avec des couleurs primaires, de formes géométriques simples. Au sujet de ces œuvres, Anish Kapoor évoque une parenté avec Yves Klein.

En 1979, il fait un voyage en Inde qui confirme son engagement en tant qu’artiste.

Parallèlement, il s’intéresse ces mêmes années à la forme pure, et notamment à l’excavation, qui fait apparaître sa propre interprétation de la relation entre le vide et le plein : Adam (1989), les structures monumentales Marsyas, à la Tate Modern en 2003 ou Melancholia au Grand-Hornu, l’année suivante, illustrent cette idée. A partir de 1978, il travaille la pierre.
Sa première exposition personnelle a lieu à Paris en 1980 à la galerie Patrice Alexandre. En 1982, il obtient une résidence d’artiste à la Walker Art Gallery de Liverpool. Dès lors, ses expositions personnelles se multiplient dans toute l’Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Il participe à des expositions du groupe de la Nouvelle sculpture anglaise. Il rencontre Nicholas Logsdail qui dirige la galerie Lisson à Londres et en 1984, Barbara Gladstone à New York.
En 1990, il représente le Royaume-Uni à la biennale de Venise, où il remporte le Premio Duemila, accordé au meilleur jeune artiste. L’année suivante, il reçoit le Turner Prize. En 1992, il est invité à la Documenta IX de Cassel. Dès lors, les marques officielles de reconnaissance dans son pays ne cessent plus : docteur honoraire au London Institute and Leeds University en 1997, membre honoraire de la University of Wolverhampton en 1999, membre du Royal Institute of British Architecture en 2001, commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique en 2003.
Sa réflexion sur le plein et le vide se prolonge avec la série des fentes placées dans le sol, aux murs ainsi qu’avec les variations sur les ronds enfoncés dans le sol ou sur les cimaises des galeries : oeuvres que l’artiste situe entre l’objet et la peinture.

Parallèlement, et de façon complémentaire, le travail sur les matières, du brut au poli, voit un développement nouveau avec les miroirs. Ces surfaces en acier inoxydable proposent l’expérimentation de l’espace, lequel est impliqué dans l’objet, de Turning the World Inside Out (1995) - une sphère aplatie posée au sol - aux Sky Mirrors (2001 et 2006) à Nottingham et à New York, qui reflètent leur environnement urbain, le ciel et des fragments de skyline, jusqu’aux S-Curve (2006), placées dans des paysages, comme en Norvège en 2007.

Les sculptures emplissent donc toujours plus l’espace jusqu’à devenir monumentales et à laisser place à une réflexion sur l’architecture. Anish Kapoor collabore dès 1992 avec plusieurs agences d’architectes, comme Futures Systems, pour l’élaboration de projets architecturaux et poursuit une réflexion personnelle sur le sujet : intégrations d’œuvres dans de grands espaces naturels ou urbains, mais aussi ponts (Kissing Bridge, 2004-2005), bouche de métro à Naples, pavillons, jusqu’à la tour londonienne ArcelorMittal Orbit.
A la même époque, il entreprend une activité de scénographie et collabore avec des chorégraphes et metteurs en scène tels Laurie Booth et Hans Peter Kuhn (River Run, 1993), Akram Khan et Nitin Sawhney (Kaash, 2002) et dans des lieux aussi prestigieux que La Monnaie à Bruxelles (Pelléas et Mélisande, 2008).
Toujours à la recherche de nouveaux matériaux, il expérimente pour la première fois la cire rouge avec My Red Homeland (Kunsthaus Bregenz, 2003) : un bras motorisé érode continuellement un tas de cire en tournant très lentement, évoquant une échelle de temps géologique.
Pour Svayambh (Nantes, 2007), un bloc de cette même cire rouge, dont les bords s’usent à chaque passage de porte, circule à une vitesse presque imperceptible à travers les salles du musée des Beaux-Arts. Le matériau est aussi projeté sur des murs par un canon, pour Shooting in the corner (MAK, Vienne, 2009).
A partir de 2008, des œuvres en béton sont élaborées selon un procédé de fabrication assisté par ordinateur. Le contraste entre le travail brut fait par une machine et les formes qui évoquent à la fois la tradition de la poterie et l’animal, sont à mettre en relation avec la tension entre aspects architectoniques et organiques de ces œuvres. En 2011, Anish Kapoor est le cinquième artiste invité à investir le Grand Palais à Paris, dans le cadre de la manifestation Monumenta. Il propose une sculpture monumentale monochrome à l’échelle du bâtiment : Leviathan.

En 2012, il réalise une sculpture géante (115 mètres de haut), commande artistique pour les Jeux Olympiques de Londres.