Lars Fredrikson

16 novembre 2019 – 22 mars 2020

Vernissage le 15 novembre 2019 à 19h

2ème étage du musée


visuel

Lars Fredrikson, Télévision (détail), 1969, Épreuve gélatino-argentique, 20,2 x 25,5 cm
Courtesy galerie In situ – fabienne leclerc, Paris / Lars Fredrikson Estate, © Lars Fredrikson Estate

Le MAMAC conçoit, en collaboration avec le Nouveau Musée National de Monaco, la première grande rétrospective de Lars Fredrikson. Le travail de cet artiste pionnier, disparu quasi-anonymement en 1997, jouit depuis quelques années d’une redécouverte et d’une relecture. De grands ensembles d’œuvres sont ainsi entrés récemment dans les collections du Centre Pompidou, de la GAM à Turin et d’autres collections publiques et privées internationales.

D'origine suédoise, Lars Fredrikson s'installe dans le sud de la France en 1960. Artiste inventeur, chercheur inlassable et bricoleur de haut vol, il est passionné tout autant par l’univers sensible de la poésie que par les expérimentations plastiques ; fasciné tant par la philosophie extrême orientale que par les possibles offerts par les technologies de son temps. S’entremêlent et se succèdent ainsi au fil des années, une pratique artistique de facture classique - en témoigne l’abstraction gestuelle de ses aquarelles qui le rattache à un courant formaliste - et des expérimentations techniques sur téléviseur, fax, produisant des lignes serpentines d’une épure égale. Ses recherches sont pleinement ancrées dans l'esprit de son temps : à l’instar de Nam June Paik, Fredrikson va très tôt travailler avec les potentialités de la télévision et les détourner dans son œuvre plastique, tandis que ses recherches sur les structures de l’invisible et l’aléatoire frappent par leur proximité avec la démarche de John Cage.

Porosité des champs esthétiques et porosité des champs de production : Lars Fredrikson entreprend une intense activité de gravure aux ateliers de la Fondation Maeght avant d’en opérer le déplacement dans les domaines de la sculpture et du livre. Conjointement, dès les années soixante, Lars Fredrikson s’empare de la question sonore, et défend l’idée d’un « espace plastique », révélé et façonné par la matière-son. « Je voulais que ma sculpture parle de l’espace dans lequel nous nous trouvons, qu’elle donne des indications sur ce qui nous entoure- y compris l’espace sidéral [1] », déclare-t-il alors.

Son approche protéiforme est traversée par une tentative de capter et révéler à travers le langage, des gravures, dessins aux fax, inox martelés ou œuvres sonores, des flux énergétiques telluriques, sidéraux ou intérieurs. Son œuvre interroge ainsi les notions d’espace, de vide, de rythmes corporels, notre capacité à les percevoir, et leur convolution avec les lois cosmiques. Lars Fredrikson rend ainsi palpable ce que l’on ne voit pas et qui est pourtant sous nos yeux : l'interaction des éléments et du monde.

Le réseau de collaborations et d’amitiés de Lars Fredrikson permet de dresser une ébauche du paysage artistique et littéraire français, et plus spécifiquement celui de la région niçoise, dont il fréquente quelques-unes des plus emblématiques institutions - la Villa Arson et la Fondation Maeght notamment. Son approche plastique sonore et sa transmission pédagogique de l’écoute se sont répercutées localement à plusieurs niveaux : en 1971 il est nommé au département audio-visuel de la Villa Arson au sein duquel il crée le premier atelier de « Son et de recherches électro-acoustiques et visuelles » qu’il dirige jusqu’en 1991. Sa recherche et son engagement pédagogique en font une figure influente pour toute une génération d’artistes qui, aujourd’hui, sont les moteurs à divers degrés de la perpétuation et du partage de ces pratiques sonores sur la Côte d’Azur.

Le parcours proposé s’ouvre sur les dimensions cosmiques des œuvres luminocinétiques, gravures, aquarelles et peintures. Ces relations conduisent vers les reliefs en Inox et leurs infinis jeux de reflets. Martelés, pliés, striés, ces feuilles d’inox créent un espace englobant à la frontière entre le réel et le virtuel. L’exposition invite ensuite à l’appréhension des interférences, des collages et des dessins par fax jusqu’aux œuvres et expérimentations sonores avec la présentation exceptionnelle du studio son de l’artiste.

Ce parcours non linéaire, opérant des renvois multiples, est étayé par une documentation inédite, fruit d’un long travail de recherche. Il permet de mettre à jour la contribution singulière de Lars Fredrikson et l’ampleur de son héritage.

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