BARRY FLANAGAN,
sculpture et dessin

06 décembre 2002 - 25 mai 2003

Dossier de presse

autour de l'exposition
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Le musée accueille le sculpteur britannique Barry Flanagan. Né en 1941 au Pays de Galles, élève d’Anthony Caro à la Saint Martin’s School of Art de Londres, Barry Flanagan se distingue par ses très libres déclinaisons de la sculpture classique, illustrées notamment par ses lièvres, éléphants et chevaux en bronze.
Adepte d’Alfred Jarry et de la Pataphysique depuis 1964, Barry Flanagan a recours à l’absurde et s’inscrit dans la performance expérimentale.
97 œuvres seront présentées au Mamac, bronzes du début des années 80 jusqu’à nos jours, et dessins, réalisés depuis 1966, révélant cet univers singulier.
Un volet particulier constitué par une sélection de gravures de l’artiste, sera montrée dans l’espace d’exposition de la Bibliothèque Louis Nucéra (Bibliothèque municipale à vocation régionale) inaugurée en juin dernier, instaurant à cette occasion une collaboration entre les deux institutions.

L’exposition bénéficie de l’aide du British Council, Paris.

RENSEIGNEMENTS :
Presse : Mairie de Nice, Direction de la Communication, Martine RUDIN, attachée de presse,
tél : 04 97 13 34 98 ; fax 04 93 80 70 87
Musée d’Art moderne et d’Art contemporain, place Yves Klein :
tél. : 04 93 62 61 62 / fax : 04 93 13 09 01, mamac@ville-nice.fr – mamac-nice.org
Bibliothèque Louis Nucéra, place Yves Klein : tel 04 97 13 48 00

D’un point de vue thématique, le lièvre est un modèle de ressources expressives […] la projection d’attributs humains dans l’univers animal est un procédé très courant dans la littérature, le cinéma etc et il peut toucher vraiment les gens. Au niveau pratique, si on pense à ce qui permet de faire sentir la situation et de signifier quelque chose dans une représentation humaine, la gamme des expressions est en fait plus limitée que lorsqu’on projette sur un animal, en particulier un lièvre, les attributs expressifs d’un être humain. Les oreilles, par exemple, peuvent en dire beaucoup plus long que les yeux d’un personnage qui louche ou la grimace d’un modèle.
Barry Flanagan



L’exposition du Mamac, consacrée à Barry Flanagan, privilégie dans le travail de l’artiste gallois les bronzes des années 80 et 90 et une large sélection d’œuvres sur papier. L’ouverture récente de la Bibliothèque Municipale à Vocation Régionale dans le même espace géographique que le musée donne l’occasion d’un premier partenariat et d’y présenter l’Œuvre gravé du sculpteur.
Barry Flanagan a exploré le champ de la sculpture pratiquement dans sa totalité et il n’est guère de matière à laquelle il ne se soit confronté. Après avoir traité du bois, des étoffes, des cordes, du sable, de la pierre et d’autres éléments propices à traduire les interrogations formelles des années 70, il choisit en 1979 d’en venir au bronze, trouvant dans ce matériau noble entre tous une possibilité de prouver que tout n’était pas dit et qu’il pouvait encore façonner une nouvelle histoire.
Désormais, Barry Flanagan dans un retour à la figuration, choisit un bestiaire de référence au sein duquel il fait évoluer le lièvre, lui attribuant des attitudes humaines non sans rapport avec quelques incunables de la sculpture. Grand admirateur de maîtres du mouvement et de la ligne, féru de danse, Barry Flanagan rend hommage au grand danseur russe Nijinski ( Nijinski Hare, 1996, Small Nijinski on Anvil Point, 2001, font référence aux séances de pose de Nijinski dans l’atelier de Rodin ; la série de The Thinker répète la citation explicite à l’illustre prédécesseur) ; Flanagan maîtrise le rendu du mouvement et de la vie jusque dans ses frémissements. Il préfère l’expressivité de l’ébauche, la palpitation induite par une manière de modeler presque hâtivement la glaise (Shaman, 1984, Horse, 1984), la fraîcheur de l’esquisse. Flanagan tient le pari de condenser dans une silhouette dégingandée et dansante tout un potentiel poétique. Les masses sont étirées hors du vraisemblable, les coups de pouce et traces de modelage demeurent apparents, privilégiant l’élan de l’attitude à la perfection formelle et au fini classique.
Au fond, s’il est vrai qu’il s’est approprié le thème du lièvre « et après avoir vu le lièvre, lors des dernières grandes neiges, bondissant tranquillement d’est en ouest sur les Sussex Downs », c’est surtout l’aspect burlesque de l’animal qui l’a tenté. Sa morphologie se prête tout particulièrement aux effets de déformation notamment ses appendices auriculaires, pour tout dire ses longues oreilles que le sculpteur oriente en tous sens avec un plaisir évident et beaucoup de malice. Mettons à part le symbolisme du lièvre et sa permanence dans la mythologie grecque (Lagothôos), dans les fables d’Esope ou de Phèdre, dans celles de La Fontaine, voire même chez Lewis Caroll ou dans la symbolique chinoise, les avatars du lièvre sont naturellement en eux-mêmes porteurs d’humour. Les fabliaux du Moyen Age et plus près de nous, Peines de cœur d’une chatte anglaise, mettent en scène des animaux grimés en personnes, pour tracer les contours d’une comédie humaine plus ou moins grinçante. Si un particularisme s’attache à l’esprit anglo-saxon et de fait, caractérise Barry Flanagan, c’est sans aucun doute l’attrait pour l’excentricité, l’humour décalé, le non-conformisme. En filigrane, à fleur d’épiderme, transparaît la raillerie. Il n’échappe pas à cette caractéristique, nous dirions, à cette qualité première, à cette élégance typique qui le met à son tour à distance.


Gilbert Perlein, septembre 2002

Un catalogue français –anglais est édité à l’occasion de cette exposition :
Barry FLANAGAN, Gilbert PERLEIN, Hans-Jürgen SCHWALM, Barry Flanagan, sculpture et dessin – Sculpture and Drawing, 144 p., ill., couv. ill., 32 x 23 cm. Editions Kerber, Bielefeld, 2002

Commissariat de l’exposition :
Gilbert Perlein, conservateur en chef du patrimoine, directeur du Mamac
assisté de Sylvie Lecat, attachée de conservation du patrimoine

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