Bonjour Monsieur Matisse! Rencontre(s)

21 juin-24 novembre 2013


1er étage du musée

Autour de l'exposition

Jusqu’au 20 novembre, le musée propose des médiations autour de l'Exposition « Bonjour Monsieur Matisse ! Rencontre(s)»

  • Visite adulte individuel : chaque mercredi 15h
    Tarif : 5€
  • Visite de groupe : du mardi au vendredi, réservation obligatoire
    Tarif : 80€ (à partir de 16 personnes)

Visites en français (anglais sur demande)

Commissariat de l'exposition Gilbert Perlein, Conservateur en chef et Directeur du MAMAC
Assisté de Rébecca François, Attaché de conservation du patrimoine et commissaire adjointe d'exposition dans le cadre de l'événement
« Nice 2013. Un été pour Matisse »

Aujourd'hui, nous avons tous à l'esprit des images de Matisse. Son ouvre est devenue un fonds visuel partagé, connu de tous. Dans la profusion visuelle ambiante, beaucoup d'artistes regardent l'ouvre de Matisse parmi tant d'autres sources, qu'il est difficile d'y déceler une réelle filiation. Le MAMAC a fait le choix de s'interroger sur la survivance de l'iconographie matissienne chez les artistes contemporains en privilégiant la citation directe de ses ouvres. L'influence difficilement quantifiable laisse place aux reprises formelles explicites et revendiquées.

L'exposition « Ils ont regardé Matisse » présentée au musée du Cateau-Cambrésis en 2009 analysait la réception de l'ouvre de Matisse dans l'art abstrait américain et européen d'après guerre. L'exposition du MAMAC invite à une autre trajectoire. Elle permet de découvrir les différentes modalités d'appropriation de l'ouvre du maître de la modernité dans un corpus figuratif allant des années 1960 jusqu'à aujourd'hui.

Si pour les artistes du Pop Art américain, Matisse est un objet de consommation comme un autre, cette récurrence révèle une réelle fascination. Tom Wesselmann relègue très souvent dans ses « Great American Nudes » l'ouvre de Matisse au rang de poster. Roy Lichtenstein décline à foison le bocal à poisson. Les peintures en relief de Larry Rivers en référence directe à Matisse abondent. Andy Warhol reprend La Robe bleue dans une série des années 1980 consacrée aux ouvres d'art célèbres.
En Europe, c'est avec le Mec Art et la Nouvelle Figuration, que les images de Matisse se confrontent à la culture populaire. Valerio Adami mêle Matisse à la bande dessinée. Erró l'associe aux icônes du monde moderne. Le camouflage militaire d'Alain Jacquet dissimule plusieurs ouvres du maître dont Le Luxe. Dans les années 1980, Robert Combas en France et Jean-Michel Basquiat aux États-Unis, lui dresseront un hommage underground.

En savoir plus sur les oeuvres

Dans le cadre de l'exposition Bonjour Monsieur Matisse ! Rencontre(s), le MAMAC proposera à ses visiteurs des mois de septembre et d'octobre 2013 des RENCONTRES INÉDITES au 1er étage du musée, où des artistes de l'exposition feront part de leur démarche de création ainsi que des rapports qu'ils entretiennent avec l'œuvre de Matisse ; et où des personnalités du monde de l'art (collectionneur, directeur et commissaire) offriront une approche personnelle de l'exposition ou d'une œuvre.

  • Rébecca FRANCOIS, commissaire adjointe de l'exposition, le samedi 21 septembre à 15h
  • Thierry LAGALLA, artiste, le samedi 28 septembre à 15h
  • Roland BOTREL, collectionneur, le samedi 12 octobre à 15h
  • Ariane COULONDRE, conservateur du patrimoine et chef du service des collections au Centre Pompidou, le samedi 19 octobre à 15h


Alain JACQUET (Neuilly-sur-Seine, 1939 - New York, 2008)
Camouflage H. Matisse Luxe, Calme et Volupté, 1963
Huile sur toile / Oil on canvas - 203 x 144 cm
Achat en 2011 / Acquisition in 2011
Centre Pompidou, Paris
Musée national d'art moderne - Centre de création industrielle
© Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist.RMN-Grand Palais / ADAGP, Paris, 2013 - Photo Georges Meguerditchian


Larry RIVERS (New York, 1923 - 2002)
Matisse in Nice (At Work), 1991
Huile sur toile montée sur Kadapak® sculpté /Oil on canvas mounted on sculpted foamboard
152,4 x 124,46 x 12,7 cm
Collection privée / Private collection, Yardley
Courtesy Tibor de Nagy Gallery, New York
© ADAGP, Paris, 2013


ERRÓ (Gudmundur GUDMUNDSSON, dit)
(Olafsvik, 1932)
Matisse Motor, 1969
Huile sur toile / Oil on canvas
130 x 81 cm
Collection galerie Sonia Zannettacci, Genève
© ADAGP, Paris, 2013

Les recherches sur la mise à plat des éléments constitutifs de la peinture dialoguent elles aussi de manière profonde avec l'ouvre du peintre moderne, retenant la voie décorative initiée par Matisse ou les potentialités offertes par les papiers découpés. Claude Viallat s'approprie ses couleurs, ses vagues et ses fenêtres. Louis Cane réinterprète La Blouse Roumaine par des découpages dans la résine colorée. Christian Bonnefoi décline en papiers Les Dos en bronze de Matisse. Cinq variations sur le Fauteuil Rocaille de Pierre Buraglio qu'il a pu admirer au musée Matisse de Nice sont également données à voir. Citons encore La Sonate de Vincent Bioulès et la version de L'Atelier rouge de Claude Rutault.

Depuis les années 1970, la question de la reproduction des images et de leur assimilation devient centrale. Différentes générations détournent subtilement les ouvres du maître pour problématiser cette notion. Vik Muniz par exemple reproduit plusieurs chefs-d'ouvre aux pigments de couleur avant de les photographier. Sherrie Levine transpose à l'aquarelle des ouvres de Matisse, battant en brèche la notion d'originalité. Gilles Mahé rehausse simplement quelques photocopies de peinture. Patrice Carré reprend plusieurs papiers découpés aux ciseaux crantés et à l'adhésif jouant avec le décoratif, parfois jusqu'au kitsch. Dans des registres fort différents, John Baldessari, Sophie Matisse, Christophe Cuzin, et Laurence Aëgerter interrogent la puissance iconique des ouvres du peintre. Des artistes comme Martin Kippenberger, Loïc Le Pivert, et Gérald Panighi introduisent Matisse dans leur univers respectif. Thierry Lagalla, Cynthia Lemesle & Jean-Philippe Roubaud, Paola Risoli entreprennent chacun à leur manière une reconstitution personnelle de son ouvre quand d'autres multiplient les réitérations, à l'image de Erik Dietman ou Wang Qingsong.

Certes, Matisse peut être utilisé comme une icône facilement identifiable ; mais ces convocations transcendent l'usage de la citation par les artistes contemporains. Elles témoignent, au-delà du simple jeu citationnel et d'une certaine forme de reconnaissance, d'une réelle ambiguïté : un coefficient d'ironie, d'insolence, de désinvolture, qui tend à désacraliser la figure matissienne ; et en même temps un intérêt pour les qualités proprement picturales de l'ouvre sollicitée. De ces rapports intimes et complexes à l'ouvre de Matisse, chaque artiste expérimente et retient des leçons de peinture comme l'absence de hiérarchie entre les sujets, l'emploi de couleurs pures, la mise en abîme ou l'aplatissement des surfaces. « Bonjour, Monsieur Matisse (ou La Rencontre) » esquisse ainsi les multiples floraisons que le peintre moderne a rendues possible.

Une grande partie des ouvres exposées a été réalisée dans les deux dernières décennies. D'une part, des figures repères des années 1960-70 cultivent tout au long de leur carrière un réel dialogue avec l'ouvre de Henri Matisse et il était important que l'exposition retrace ces trajectoires dans le temps. D'autre part, l'exposition s'ouvre largement sur les nouvelles générations. Certaines ouvres ont été spécialement produites pour l'exposition, complétant ou renouvelant le regard que les artistes pouvaient porter sur Matisse. Parallèlement, cette réunion de citations et de détournements matissiens a été rendue possible grâce aux prêts exceptionnels de collections publiques ou privées américaines et européennes.

L'exposition s'articule selon un parcours thématique redessinant les grands axes du travail matissien : l'atelier, les intérieurs et les natures mortes, le nu et le portrait, la danse et les papiers découpés. Les ouvres de Matisse auxquelles les artistes font référence, défilent sur des écrans vidéo, conviant le public à une sorte de jeu d'association. Chercher les rapprochements et les dissonances entre les ouvres de Matisse et leurs appropriations nouvelles, c'est entrer dans la création, la décortiquer pour mieux l'apprécier. L'exposition favorise ainsi une réelle immersion dans cette danse entre artistes et génère un processus de continuité et de dialogue artistique.


Laurence AËGERTER (Marseille, 1972)
GE 9154-100906-175148 (Matisse, jeu de boules), 2010
Tirage argentique / Silver print - 128 x 160 cm
Courtesy galerie Maud Barral, Nice
© ADAGP, Paris, 2013 / Succession Henri Matisse pour l'ouvre originale de l'artiste


Claude VIALLAT (Nîmes, 1936)
Sans titre (046T1966 - La Vague), 1966
Gélatine et colorant sur toile sur châssis / Gelatine and colourant on a framed canvas
132 x 120 cm
Courtesy de l'artiste / Courtesy of the artist
© ADAGP, Paris, 2013 - Photo Pierre Schwartz


Niki de SAINT PHALLE (Neuilly-sur-Seine, 1930 - San Diego, 2002)
La Danse, 1994
Sérigraphie / Silk-screen printing - 52,2 x 76 cm
Épreuve d'artiste / Artist's print ex.12/30
Donation de l'artiste en 2001 / Donation from the artist in 2001
MAMAC, Nice - © Charitable Art Foundation / ADAGP, Paris, 2013 - Photo Muriel Anssens

Liste des artistes de l'exposition

Valerio Adami (Bologne, 1935)
Laurence Aëgerter (Marseille, 1972)
Arthur Aeschbacher (Genève, 1923)
Marcel Alocco (Nice, 1937)
John Baldessari (National City, 1931)
Haizea Barcenilla Garcia (Lezo, 1981)
Jean-Michel Basquiat (New York, 1960 - New York, 1988)
Vincent Bioulès (Montpellier, 1938)
Christian Bonnefoi (Salindre, 1948)
Herman Braun-Vega (Lima, 1933)
Pierre Buraglio (Charenton-le-Pont, 1939)
Louis Cane (Beaulieu-sur-Mer, 1943)
Patrice Carré (Angers, 1957)
Robert Combas (Lyon, 1957)
Vincent Corpet (Paris, 1958)
Christophe Cuzin (Saint-Siméon-de-Bressieux, 1956)
Erik Dietman (Jönköping, 1937 - Paris, 2002)
Erró (Gudmundur Gudmundsson, dit) (Olafsvik, 1932)
Richard Fauguet (La Châtre, 1963)
Isabelle Giovacchini (Nice, 1982)
Douglas Huebler (Ann Arbor, 1924 - Truro, 1997)
Alain Jacquet (Neuilly-sur-Seine, 1939 - New York, 2008)
Sven't Jolle (Anvers, 1966)
Martin Kippenberger (Dortmund, 1953 - Vienne, 1997)
Jirí Kolár (Protivín, 1914 - Prague, 2002)
Thierry Lagalla (Cannes, 1966)
Cynthia Lemesle & Jean-Philippe Roubaud (Paris, 1974) - (Cannes, 1973)

Loïc Le Pivert (Nice, 1972)
Sherrie Levine (Hazelton, 1947)
Roy Lichtenstein (New York, 1923 - New York, 1997)
Gilles Mahé (Guingamp, 1943 - Saint-Briac-sur-Mer, 1999)
Sophie Matisse (Boston, 1965)
Ingo Maurer (Île de Reichenau, 1932)
Mohamed Melehi (Asilah, 1936)
Gilles Miquelis (Nice, 1976)
Sarah Moon (Paris, 1941)
Vik Muniz (São Paulo, 1961)
Gérald Panighi (Menton, 1974)
Pedro Pauwels (Quaregnon, 1965)
Guillaume Pinard (Nantes, 1971)
Marco del Re (Rome, 1950)
Paola Risoli (Milan, 1969)
Larry Rivers (New York, 1923 - Southampton, 2002)
Claude Rutault (Trois-Moutiers, 1941)
Niki de Saint Phalle (Neuilly-sur-Seine, 1930 - San Diego, 2002)
Gérald Thupinier (Moulins, 1950)
Francesco Vezzoli (Brescia, 1971)
Claude Viallat (Nîmes, 1936)
Qinqsong Wang (Daqing, 1966)
Andy Warhol (Pittsburgh, 1928 - New York, 1987)
Tom Wesselmann (Cincinnati, 1931 - New York, 2004)
Alun Williams (Manchester, 1961)