La couleur en avant |
Focus sur Emmanuel Régent Emmanuel Régent
Dans le cadre de la manifestation « L’Art Contemporain et la Côte d’Azur », le Conseil Général des Alpes-Maritimes publie avec Les Presses du Réel un ouvrage sur les architectures les plus remarquables érigées dans la région ces soixante dernières années : L'Architecture contemporaine sur la Côte d'Azur. A cette occasion, l’artiste Emmanuel Régent a été invité à livrer son interprétation des sites sélectionnés par une série de dessins, et par une installation monumentale présentée au centre national d’art de la Villa Arson à Nice. Le MAMAC présente ici la série de dessins que l’artiste a réalisée au gré de ses visites et découvertes architecturales. Les ombres hachurées à l’encre noire se détachent par contraste du fond laissé vierge. L’espace se construit donc autour des réserves blanches du papier. Ces dessins présentent, autant qu’ils interprètent chacun des sites. Ils rendent compte d’une observation de l’extérieur parfois décomposée, morcelée, que le spectateur est invité à reconstruire pour mieux s’y projeter. La ligne d’horizon formée par l’alignement des dessins aux cadrages cinématographiques fait directement référence à l’installation La dilatation des souffles1 présentée simultanément à la Villa Arson. Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2000, lauréat 2009 du Prix Découverte des amis du palais de Tokyo, Emmanuel Régent est né à Nice en 1973, il vit et travaille entre Paris et Villefranche-sur-Mer. Ses dessins, volumes, installations et peintures comportent une dimension réflexive, posant un regard curieux sur l’art et le monde qui nous entoure. Réalisées dans une économie de gestes et de moyens, ses œuvres (files d’attente et rochers au feutre à l’encre pigmentaire, cadenas ou grilles coupés, feuilles et corbeilles à papier, couches de peinture monochrome poncées) possèdent une puissance d’évocation prégnante. Elles forment un jeu subtil d’apparitions instables, de dissimulations, de décalages. Autour des notions de lenteur, d’effacement et d’attente, Emmanuel Régent propose des « manques » qu’il appartiendrait au regardeur de combler. Il s’agit pour lui de « construire des espaces de projections ouverts, des espaces de suppositions, de divagations, de dispersions… ». 1. Emmanuel Régent « Le temps du territoire, édition Les Presses du Réel », 16 p., 2011. Découvrir le projet l'art contemporain et la côte d'azur : www.artcontemporainetcotedazur.com |