LE CHEMIN DE PEINTURE
Gérard GASIOROWSKI, Denis CASTELLAS, Valérie FAVRE, Stéphane PENCREAC’H, Alun WILLIAMS

06 décembre 2008 - 31 mai 2009


Gérard Gasiorowski, Cézanne, 1983, Collection MAMAC, Nice
© Galerie Maeght, Paris, 200

 

Gérard Gasiorowski Denis Castellas Valérie Favre Stéphane pencréac'h Alun Williams Catalogue

Gérard GASIOROWSKI
Né en 1930 à Paris
Décédé en 1986 à Lyon

Après une formation à l’Ecole des Arts Appliqués entre 1947 et 1951, Gérard Gasiorowski apparaît progressivement  dans l’actualité artistique entre 1964 et 1972.

Alors que dans les années 65, il est assimilé à l’Hyperréalisme, lui-même s’aperçoit que ce travail est  déjà un contournement de la peinture (dans l’effacement de la trace du pinceau, de la matière même de la peinture, de la précision du geste et du détail). Elaborant ses images à partir de photographies qu’il reproduit et magnifie, il développe un travail en noir et blanc qui connote à la fois l’étrangeté d’un album de famille et celle des photos de presse.

Après 1972, il réprouve toute assimilation et se lance dans une sorte de « suicide pictural », une critique radicale de la tradition picturale occidentale et du marché de l’art. Il cherche à faire disparaître la peinture (série des Albertines, 1971), éliminer le cadre et la toile pour accumuler des objets maculés de peinture. Malgré tout il continue à revendiquer son acte  comme appartenant au domaine de la peinture : « Ce qui est en cause n’est et n’a toujours été que la peinture, l’acte pictural est mon unique problème ». 
Il se retire alors du monde de l'art mais poursuit ses interrogations sur les fondements de l'art en inventant des histoires : d'abord celle de la fausse académie Worosiskiga (anagramme de son nom), académie imaginaire dirigée par un tyran, dont sortent  500 chapeaux signés des noms d'artistes célèbres ; ensuite celle de l'Indienne Kiga (dernière et première syllabe de son nom), de la tribu imaginaire des Worosis, incarnation prétendue de la peinture innocente et primitive. Kiga mélange ses excréments à des plantes aromatiques, obtenant ainsi un produit avec lequel elle fabrique des compositions à la manière de Cézanne, les Tourtes (1977). Le jus des Tourtes est ensuite recueilli avec les doigts et utilisé pour peindre la série des Jus.

Après 1983 il revient définitivement à la peinture, signe GGXX° et développe de grands ensembles souvent monumentaux. Il décède brutalement en Août 86.

C’est la dernière partie de son œuvre, ancrée dans l’invention et la référence à l’Antiquité et à la Renaissance qui est montrée dans cette exposition. En outre, trois toiles de la série des Cézanne complètent la présence dans le fonds permanent du musée de Cézanne –Sainte Victoire – Gris 1984.

Expositions personnelles (sélection)

1970    Travaux de 1964 à 1970, Galerie Thelen, Essen, Allemagne
1971     Paysages, Galerie Thelen, Cologne, Allemagne
Paysages, Galerie Klaus Lüpke, Francfort, Allemagne
1972    Albertine et autres nouvelles, Galerie Laplace, Paris, France
Impuissances, Galerie Thelen, Cologne, Allemagne
1973    Les Régressions, Galerie Thelen, Cologne, Allemagne
1974    En fait, c’était un classique, Galerie Eric Fabre, Paris, France
Galerie Piltzer, Paris, France
1975    Gérard Gasiorowski, Galerie Arnesen, Copenhague, Danemark
Pablo Picasso et Worosis-Kiga présentent Hommage à Gasiorowski, Galerie Eric Fabre, Paris, France
L’artiste à l’hôpital, Galerie Maillard, Saint-Paul-de-Vence, France
Pablo Picasso et Worosis-Kiga présentent Hommage à Gasiorowski, Galerie A 16, Perpignan, France
L’artiste à l’hôpital, Worosis-Kiga 87, Théâtre Oblique, Paris, France
1982    AWK observée par Gasiorowski, Galerie Adrien Maeght, Paris, France
1983    Peinture, ARC Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, France
1984    Peinture rétrospective nouvelle, Galerie Christian Laune, Montpellier, France
Gasiorowski, Galerie Adrien Maeght, Paris, France
1986    Ex-Voto, Galerie Adrien Maeght, Paris, France
Stances, Les Chambres, FRAC des pays-de-Loire, Abbaye Royale de Fontevrault, France
Fertilité, FIAC, Galerie Adrien Maeght, Paris, France
1987    Galerie Demarco, Edimbourg, Grande-Bretagne
Morceaux choisis, 1970-1986, Galerie Adrien Maeght, Paris, France
1988    Retour à Cologne, Galerie Jöllenbeck, Cologne, Allemagne
Le secret et la peinture, Musée d’Art Moderne de Villeneuve d’Ascq
Galerie Arlogos, Nantes, France
1989    Galerie Riverin-Arlogos, Eastman, Canada
AWK Gasiorowski, Kunstverein Freiburg ; Institut Français, Fribourg, Allemagne
AWK et Atelier de Kiga, Galerie Jöllenbeck, Cologne, Allemagne
1990    Gasiorowski, œuvres sur papier, Galerie Debras-Bical, Bruxelles, Belgique
1991     Amalgames – La guerre, Galerie Adrien Maeght, Paris, France
Les fleurs, Cloître des Cordeliers, Tarascon, France
Tableaux traversés par la ligne, CCC Tours, France
Gasiorowski, Galerie du Triangle, Bordeaux, France
1992    Après Kiga, Galerie Adrien Maeght, Paris, France
1993    « Je suis dans Peinture », Rétrospective 1964-1986, Fondation du Château de Jau, Cases-de-Penne, France
Les amalgames, Cloître des Cordeliers, Tarascon, France
Les amalgames, Kunsthalle, Berlin, Allemagne
1994    La guerre – Les fleurs, Musée Eugène Boudin, Honfleur, France
L’AWK – Les fleurs, Galerie Adrien Maeght, Paris, France

Gérard Gasiorowski Denis Castellas Valérie Favre Stéphane pencréac'h Alun Williams Catalogue