Ecole de New York,
Expressionnisme Abstrait, oeuvres sur papier
08 décembre 2005 - 05 mars 2006

Galerie contemporaine

William Baziotes
1912-1963

William Baziotes est né à Pittsburgh, Pennsylvanie, de parents d’origine grecque, le 11 juin 1912. Il passe sa jeunesse à Reading, Pennsylvanie. En 1931, il visite l’exposition d’Henri Matisse au MoMA de New York.

En 1933, il part à New York pour étudier la peinture ; de 1933 à 1936, il est inscrit à l’Académie Nationale de Design, où il suit les cours de Leon Kroll. En 1936, il expose son travail dans une exposition de groupe, la première, à la Galerie d’Art Municipale de New York, et travaille en même temps pour le WPA / Federal Art Project tout en enseignant l’art au Queens Museum. De 1938 à 1941, il travaille dans la section de peinture de chevalet du WPA. Il prend contact avec le groupe des émigrés Surréalistes de New York et en 1940, il rencontre Matta, Jimmy Ernst et Gordon Onslow-Ford. A cette époque, il commence à expérimenter l’automatisme surréaliste. Il est clairement identifié comme un peintre gestuel et surréaliste. Il peint pour exprimer ses émotions à propos des mystères de la vie et utilise un symbolisme richement coloré.

En 1941, Matta le présente à Robert Motherwell, dont il devient l’ami intime. Il commence à utiliser l’automatisme pour peindre des abstractions biomorphiques à contenu mythique. Il fait partie d’un courant marqué par sa fascination pour le milieu aquatique sous-marin. Il s’agit assez souvent d’un univers de cauchemar peuplé de monstres aux formes sinueuses qui vont évoluer avec le temps vers celles des organismes unicellulaires, protozoaires , amibes…

En 1943, il participe à deux expositions de groupe organisées par Peggy Guggenheim dans sa galerie « Art of this century » de New York, où en 1944, il tient sa première exposition personnelle. En 1948, Baziotes, Motherwell, Mark Rothko et Hare, fondent l’école nommée « The Subjects of the Artists » à New York. Dans les dix années qui suivent, à New York encore, il se consacre à l’enseignement.

Il meurt à New York le 6 juin 1963.

Une exposition commémorative a lieu en 1965 au Solomon R. Guggenheim de New York.

Willem de Kooning
1904-1997

Willem De Kooning est né à Rotterdam, Pays Bas, le 24 avril 1904.

Entre 1916 et 1924, il fait ses études à l’Académie de Rotterdam et travaille comme apprenti dans un atelier d’objets d’art ; en 1924, il part pour Bruxelles où il suit des cours à l’Académie des Beaux-Arts.

Deux années plus tard, il émigre aux Etats-Unis, où il rencontre John Graham et Arshile Gorky.

Il prend place dans l’Union des artistes en 1934 et en 1935, il travaille dans la section de peinture murale du WPA Federal Art Project. La même année, il décide de se consacrer exclusivement à la peinture. Son style de peinture est aussi figuratif qu’abstrait ; il est influencé par Picasso et par Gorky, avec lequel il partage un atelier. Il commence à peindre sa première série de « Women » et devient enseignant au Black Mountain College en Caroline du Nord.

En 1948, il présente sa première exposition personnelle à la Galerie Charles Egan de New York, où ses œuvres abstraites noir et blanc surprennent. Il participe à Paris à une exposition de groupe.

En 1964, il reçoit l’international Award Guggenheim et la médaille présidentielle de la Liberté des mains du Président Johnson. Il expose à Grenoble en France, et à Los Angeles. C’est l’époque où il s’installe aux Springs, à East Hampton et où il commence à peindre les ramasseurs de palourdes, les Clam Diggers, sur le bord de l’eau, donnant une série de ses œuvres les plus intenses et les plus mystérieuses. Il oscille constamment entre figuration et abstraction sans parvenir jamais à éliminer totalement la trace identifiable de la figure.

En 1969, il se rend à Rome et travaille sur ses premières sculptures d’argile, qu’il coulera ensuite en bronze. Des expositions successives lui sont consacrées.

Il meurt le 19 mars 1997 dans les Springs, à East Hampton, Long Island, où il vivait depuis 1963.

Adolph Gottlieb
1903-1974

Il est né le 14 mars 1903 à New York.

En 1921, après avoir abandonné des études secondaires insatisfaisantes, il intègre l’Art Students League. A l’âge de 17 ans, sans passeport ni argent, il part avec un ami d’école pour Paris. Il y reste 6 mois, apprenant le dessin à l’Académie de la Grande Chaumière et fréquentant le Louvre chaque jour. Il fait ensuite un voyage dans toute l’Europe des musées et des grandes collections de peinture.

Il revient à New York en 1923 pour y terminer ses études et parcourt les galeries et les musées de New York en compagnie de son ami Barnet Newman. Il décide alors d’être un artiste.

La famille s’installe à Brooklyn et Gottlieb se lie d’amitié avec David Smith.

En 1934, il fait sa première exposition solo à la galerie Theodore A. Kohn de New York.

En 1935, de concert avec d’autres artistes, parmi lesquels Mark Rothko, il décide de fonder « The Ten » (les Dix), spécifiquement orienté vers l’abstraction et marquant les prémisses de l’Expressionnisme Abstrait.

En 1939, il rejoint les actions de certains artistes contre le silence du Congrès devant les avancées du nazisme.

Il commence à développer l’idée du Pictograph en 1941, en présente en 1942 dans une exposition personnelle à l’Artists Gallery de New York.

En 1943, il fonde « New York artistes-peintres » avec un groupe d’artistes de l’abstraction, dont Mark Rothko, John Graham et George Constant. Les premiers rudiments de l’Expressionnisme Abstrait sont posés.

Il préside la Fédération des peintres et sculpteurs modernes de 1944 à 1945.

1949, il participe au mouvement d’opposition des artistes contre la politique du MoMA, ce qui les fera connaître sous le nom d’ « Irascibles ».

Lawrence Alloway organise une exposition personnelles de ses œuvres à l’Institute of Contemporary Arts de Londres en 1959. En 1959 aussi, une exposition personnelle lui est consacrée à la Galerie Rive Droite à Paris.

1968 est l’année de deux important rétrospectives à New York, l’une au Whitney Museum of American Art, et l’autre au Solomon Guggenheim Museum.

En 1971, il souffre d’une attaque qui le confine sur un fauteuil roulant mais qui ne l’empêche pas de peindre.

Il meurt le 4 mars 1974 à New York.

Hans Hofmann
1880-1966

Hans Hofmann est né à Weissenburg en Bavière le 21 mars 1880. Sa famille est originaire de Munich.

Il commence seulement à étudier la peinture au tournant du siècle, à l’Ecole d’Art Moritz Heymann de Munich avec Willi Schwarz, qui le guide vers l’Impressionnisme. Il part en 1904 pour Paris et fréquente le Café du Dôme, un lieu de rencontre pour les artistes et les écrivains, où il rencontre aussi Miz – Maria Wolfegg – sa future épouse. Chaque soir, il suit des cours à l’Ecole de la Grande Chaumière et à l’Académie Colarossi. Il fait la connaissance de Picasso, Braque et Matisse. En 1908 et 1909 il expose avec la Nouvelle Sécession à Berlin. En 1910, sa première exposition personnelle a lieu à la galerie Paul Cassirer de Berlin. A cette occasion, il rencontre Robert Delaunay avec qui il noue une grande amitié et une collaboration artistique, et avec lequel il dessine les modèles de mode cubistes pour Sonia Delaunay. Il revient à Munich où il ouvre une école des Beaux-Arts, qui très vite, acquiert une réputation internationale.

De 1918 à 1930, il a peu de temps pour peindre, mais dessine sans cesse, et est reçu comme professeur invité par de nombreuses universités européennes et américaines, comme l’Université de Californie à Berkeley et à l’Ecole Chouinard de Los Angeles.

En 1931, il présente ses dessins dans sa première exposition personnelle aux Etats-Unis au California Palace de la Légion d’Honneur. En 1932, sa femme lui déconseille de retourner à Munich à cause du nouveau régime politique d’Hitler et en 1933, il ouvre l’Ecole des Beaux-Arts Hans Hofmann à New York ; à ce moment, il se remet à la peinture. Son école était fréquentée par de jeunes artistes comme Arshile Gorky ou Lee Krasner et des critiques vivant en Amérique, comme Clement Greenberg.

En 1939, sa femme le rejoint et en 1941, il obtient la nationalité américaine.

En 1942, grâce à Lee Krasner, il rencontre Jackson Pollock. En 1944, à la galerie Art of this Century, il présente sa première exposition solo à New York.

En 1950, il participe à un symposium au Studio 35 en compagnie de William Baziotes, James brooks, Willem De Kooning, Théodoros Stamos, David Smith et Bradley Walker Tomlin, et rejoint le groupe des « Irascibles » dans leur lettre de protestation contre le MET.

En 1958, il cesse d’enseigner pour se consacrer complètement à la peinture.

En 1960, il représente les Etats-Unis, avec Philip Guston, Franz Kline et Theodore Roszak, à la XXX è Biennale de Venise.

Il meurt le 17 février 1966 à New York.

Franz Kline
1910-1962

Franz Kline est né le 23 mai 1910 à Wilkes-Barre en Pennsylvanie. De 1931 à 1935, il suit des cours à l’université de Boston et à la Boston Arts Students League.

En 1935, il part pour Londres et de 1936 à 1938 il fréquente l’Heatherley’Art School.

En 1939, il s’installe définitivement à New York. A la fin des années 30 et au début des années 1940 le sujet principal du travail de Kline sont les paysages urbains et l’espace du district minier où il a grandi, bien qu’il ait reçu de nombreuses commandes pour des portraits et pour l’exécution de peintures murales de la part de ses deux amis et patrons Theodore Edlich et David Orr.

En 1943, Franz Kline rencontre Willem de Kooning à l’atelier de Konred Marca-Relli. Pendant qu’il fréquente le groupe de Willem de Kooning, il a aussi l’occasion de faire la connaissance de Jackson Pollock. Dans cette période, il commence à développer un intérêt pour l’art Japonais. Ce n’est qu’à la fin des années 40 que son propre style parvient à maturation, qu’il caractérise par des lignes nerveuses de peinture noire et d’émail blanc.

Sa première exposition personnelle a lieu à la Galerie Egan à New York en 1950. Cette exposition consolide son rôle de protagoniste à l’intérieur du mouvement alors émergeant connu sous le nom de l’Expressionnisme Abstrait.

Bien qu’il soit devenu fameux par le biais de ses toiles noires et blanches, il travaille aussi en couleur, en particulier à partir du milieu des années 50.

En 1960, il voyage en Europe, surtout en Italie. Dans ces dernières années, il participe à un grand nombre d’expositions internationales, y compris la Biennale de Venise 1956 et 1960 et la Biennale de Sao Paulo de 1957, y gagnant de nombreux prix.

Kline meurt le 13 mai 1962 à New York. La même année, la Galerie d’Art moderne de Washington organise une rétrospective de ses œuvres.

Robert Motherwell
1915-1991

Robert Motherwell est né à Aberdeen, Etat de Washington, le 24 janvier 1915. En 1918, sa famille s’installe à San Francisco. Les origines familiales sont irlandaises et écossaises.

A l’âge de 11 ans, il gagne une bourse d’étude pour l’Institut d’Art Otis de Los Angeles.

En 1932, il entre à l’Université de Stanford en Californie et s’inscrit dans un cours de spécialisation à la philosophie. Il s’intéresse tout particulièrement à la musique et assiste à un concert d’Igor Stravinsky de même qu’à une conférence de Gertrude Stein. Il écrit un mémoire sur la relation de O’Neill avec la théorie psychanalytique.

En 1935, il entreprend un voyage en Europe, France, Italie, Suisse, Allemagne, Belgique, Angleterre et Ecosse. En 1937, il étudie la philosophie à l’université de Harvard, Cambridge, Massachusetts. Il écrit une thèse sur le Journal de Delacroix.

En 1939, il présente sa première exposition personnelle à la Galerie Raymond Duncan à Paris. En septembre 1940, il s’installe à New York et s’inscrit à l’Université de Columbia, où il étudie l’histoire de l’art avec Meyer Shapiro, qui l’encourage à se consacrer à la peinture. Il a des relations très suivies avec le groupe des Surréalistes exilés à New York surtout Matta Echauren, avec lequel il fera un voyage à Mexico. Il épouse l’actrice mexicaine Maria Emilia Ferreira y Moyers.

A partir de 1942, il fréquente le groupe des artistes de l‘ Ecole de New York : William Baziotes, Jackson Pollock, Willem de Kooning et Hans Hofmann. Il participe à l’exposition « First papers of Surrealism » organisée par André Breton et Marcel Duchamp à la Whitelaw Reid Mansion de New York.

Peggy Guggenheim invite Baziotes, Motherwell et Pollock à réaliser des collages qu’elle compte montrer dans sa galerie new-yorkaise en 1943. Désormais, c’est cette technique qu’il privilégie.

En 1946, il s’associe avec Mark Rothko, Barnett Newman et Herbert Ferber, et passe son premier été dans East Hampton, Long Island. La même année, il présente une exposition personnelle à l’Arts Club de Chicago et au San Francisco Museum of Art, et participe à l’exposition « Fourteen Americans », organisée par le MoMA de New York.

L’année suivante, il se consacre à l’enseignement et est invité à donner des cours dans diverses universités des Etats-Unis, pendant qu’il continue d’exposer aux Etats-Unis et ailleurs.

Il meurt le 16 juillet 1991 à Cape Cod, Massachusets.

Jackson Pollock
1912-1956

Paul Jackson Pollock naît en 1912 à Cody, Wyoming, d’une famille d’agriculteurs d’origine irlando-écossaise caractérisée par ses nombreux changements de résidence. Se succèdent les séjours en Arizona et en Californie (San Diego, Phoenix, Chico, Janesville, Orland, Reverside…).

1923, en Arizona, Jackson découvre aux alentours les vestiges de la culture indienne, les danses rituelles et les peintures de sable dans les réserves. Les vastes horizons de l’Ouest américain le marquent à jamais.

1930, son frère Charles l’emmène voir la nouvelle fresque d’Orozco (un des muralistes mexicains les plus importants avec Rivera et Siqueiros) à Pomona College, en Californie. Peu de temps après, il s’installe à New York et suit les cours de Thomas Hart Benton, un peintre régionaliste anti-moderniste de bonne renommée à l’Art Students League. C’est la peinture murale qui l’intéresse alors. Il travaille déjà selon les deux tendances : abstraite et figurative.

1935, il commence à travailler pour le W.P.A./ F.A.P. Malgré quelques interruptions, il y sera employé jusqu’en 1943.

En 1943, Pollock fait fonction de charpentier dans le musée de Solomon Guggenheim : c’est alors que Peggy Guggenheim, conseillée par le peintre Antonio Matta Echauren, signe un contrat avec lui, lui assurant un salaire et un intéressement sur les ventes, dans sa galerie de New York Art of this Century, ouverte depuis un an. Plusieurs expositions personnelles lui sont consacrées. La critique commence à s’intéresser à son travail.

1945, Pollock épouse Lee Krassner. Ils vivent désormais à Long Island.

C’est en 1947 que l’expérience du « dripping » prend véritablement son plein développement.

1950, le Museum of Modern Art acquiert Number 1A. Pollock rejoint un groupe d’artistes appelés « les 18 Irascibles » contre la politique artistique de la direction du Met. Son style change encore, oscillant entre l’abstraction et un certain retour à la figuration qui transparaît sous ses drippings.

A partir de 1954, il peint de moins en moins. Ses problèmes récurrents d’alcoolisme s’accentuent.

Le 11 août 1956, conduisant en état d’ébriété, il percute un arbre et décède sur le coup en même temps que sa passagère Edith Metzger.

Richard Warren Poussette-Dart
1916-1992

Richard Warren Poussette-Dart est né le 8 juin 1916 à Saint Paul dans le Minnesota. Son père, peintre et écrivain Nathaniel Poussette, l’encourage à peindre depuis son enfance.

En 1937, il part pour Manhattan et travaille avec le sculpteur Paul Manship, puis au Studio photographique Lynn Morgan.

En 1939 il décide de consacrer son temps plein à la peinture et deux plus tard il présente sa première exposition personnelle à la Galerie des Artistes de New York.

En 1944 il participe à l’exposition Forty Americans Moderns (Quarante américains modernes), inauguré à la Galerie Howard Putzel. Pour cette exposition collective, Putzel sélectionne les œuvres d’artistes tels que : Adolph Gottlieb, Hans Hofmann, Robert Motherwell, Jackson Pollock et Mark Rothko, qui seront reconnus plus tard comme les principaux protagonistes du mouvement appelé l’Ecole de New York.

En 1946 il se marrie avec Evelyn Grancey.

Durant cette période il travaille en étroite collaboration avec le groupe d’artistes de l’Expressionnisme Abstrait, est membre de la Fédération des Peintres et Sculpteurs Modernes (Federation of Modern Painters et Sculptors) et fréquente le groupe appelé « Subjects of the Artists », dont les membres fondateurs sont Baziotes, Motherwell et Rothko. Durant les années 50 et 60 l’œuvre de Poussette-Dart est reconnu au niveau international.

Entre 1969 et 1970 le MoMA met en place une exposition itinérante intitulée Richard Poussette-Dart : Presences. L’année suivante, il voyage en Europe pour la première fois. Ses œuvres sont exposées partout aux Etats-Unis et en 1982, le Comité International de la Biennale de Venise l‘ invite à exposer dans le pavillon principal.

En 1990, le Musée d’Art d’Indianapolis lui commande la réalisation de la monumentale porte de bronze de son entrée.

Il meurt deux ans plus tard, en 1992.

Mark Rothko
1903-1970

Mark Rothko (Marcus Rothkowitz) est né le 25 septembre 1903 à Dvinks, en Russie. En 1913 il quitte son pays et s’installe avec sa famille à Portland, dans l’Oregon.

En 1925 il étudie avec Max Weber à l’Art Students League.

En 1928 il participe à sa première exposition de groupe à l’Opportunity Gallery de New York. En 1933 il tient sa première exposition personnelle au Portland Museum of Art et dans la même année il présente également une exposition individuelle à New York, à la Galerie d’Arts Contemporains.

En 1935, avec d’autres artistes appartenant à l’Art Abstrait et à l’Expressionnisme, il fonde un groupe appelé « The Ten ». De 1936 à 1937, comme la plupart des artistes de sa génération, il travaille pour le WPA Federal Art Project dans la section peinture sur chevalet.

Au début des années 40, Rothko devient un ami intime d’Adolph Gottlieb, avec lequel il travaille en étroite collaboration. En 1944 il participe à l’exposition Forty Americans Moderns (Quarante américains modernes), inauguré à la Galerie Howard Putzel. Pour cette exposition collective, Putzel sélectionne les œuvres d’artistes tels que : Adolph Gottlieb, Hans Hofmann, Robert Motherwell, Jackson Pollock et Richard Poussete-Dart, qui seront reconnus plus tard comme les principaux protagonistes du mouvement appelé l’Ecole de New York.

En 1945 Rothko donne sa première exposition individuelle à la Galerie Art of this Century de Peggy Guggenheim, et participe avec Arshile Gorky, Gottlieb, Hofmann, Lee Krasner et Poussete-Dart à l’exposition de groupe A Problem for Critics (Un Problème pour les critiques), organisé par Howard Putzel et au Salon d’Automne (Autumn Salon) à la Galerie Art of this Century avec Baziotes, de Kooning, Motherwell, Pollock, Poussete-Dart et Clyford Still.

De 1947 à 1949 il enseigne à l’Ecole de Beaux-Arts de Californie (California School of Fine Arts) de San Francisco, où Clifford Still exerce également. En 1948 avec William Baziotes, David Hare et Robert Motherwell, il fonde le mouvement connu sous le nom de « Subjects of the Artists », qui est destiné à avoir une durée de vie très courte, et sera absorbée par le mouvement plus vaste de l’Expressionnisme Abstrait.

A la fin des années 40 et au début des années 50, son style évolue vers une direction extrêmement personnelle, arrivant aux toiles de la période de la maturation, sur lesquelles des rectangles brillants semblent planer sur la surface de la peinture.

En 1961 le Musée d’Art Moderne (MoMA) de New York lui consacre une grande rétrospective.

L’année suivante il achève les peintures murales de l’Université de Harvard et en 1964 il donne son accord pour réaliser celles d’une Chapelle de Houston.

Le 25 février 1970, dans son studio de New York, il se suicide. Un an plus tard, la Chapelle Rothko de Houston lui est dédiée.

David Smith
1906-1965

David Smith est né à Decatour, dans l’Indiana le 9 mars 1906. Il suit des cours de peinture avec le cubiste tchèque J. Matulka à la Art Students League de New York.

Entre 1930 et 1933 il décide de se consacrer à la sculpture surréaliste ; en 1934 il loue un espace dans un entrepôt de mécanique pour ouvrir un atelier où il assemble des objets récupérés, au long des parties figuratives de formes géométriques, de chiffres et de lettres.

En 1935 il fait son premier voyage en Europe et en 1937 il se joint aux « American Abstract Artists » (Artistes abstraits américains), l’année suivante il expose à la Galerie East River de New York.

Durant la seconde guerre mondiale, il travaille à l’American Locomotive compagnie où il assemble des

rails et des machines. En 1946 et 1947 il expose à la Galerie Neumann-Willard de New York.

La fondation Guggenheim lui attribue une bourse d’études pour deux années consécutives en 1950 et 1951.

Il commence à travailler sur le Tank Totems, caractérisé par ses références au corps humain.

En 1957 il expose au Musée d’Art Moderne (MoMA) de New York ; en 1959 et 1960, à la Galerie French & Co., encore à New York.

Après avoir enseigné à l’University of Mississipi de Oxford, il commence à travailler sur une série de cubes en acier ; il donne une exposition personnelle en 1964 à l’Institut d’Art Contemporain de l’Université de Pennsylvanie à Philadelphie.

Le 23 mai 1965 il est tué dans un accident de la route.

Jack Tworkov
1900 - 1982

Jack Tworkov est né à Biala, Pologne, en 1900. Il arrive aux Etats-Unis à l’âge de 13 ans. Ses études se déroulent à l’Université de Columbia (1920-23) et à la National Academy of Design (1923-25), où il suit les cours d’Ivan Olinsky. Il étudie aussi à l’Art Students League avec Guy Pene Dubois et Boardman Robinson. Pendant la Dépression, il travaille sous l’égide du WPA / FAP. C’est alors qu’il rencontre Willem de Kooning, qui faisait partie du même programme. Avec lui, Franz Kline et Ad Reinhardt, ils fondent en 1949 ce qu’on appelle l’Artists’ Club, une association non officielle qui devait contribuer fortement à la consolidation de l’Ecole de New York. Elle servit surtout à diffuser l’idée qu’une Ecole de New York existait véritablement. Dans les vieux ateliers du bas de la ville de New York, le Club était le lieu où se retrouvaient le vendredi soir la plupart des artistes qui défendaient l’avant-garde américaine.

Tworkov donne des conférences à l’Université Américaine, au Black Mountain College, au Queens College, au Pratt Institute, à l’Université du Minnesota, à la Fieldston School, et à Yale, où il enseigne l’histoire de l’art à l’Ecole d’Art et d’Architecture de 1963 à 1969. Au Black Mountain College, notamment, où il occupe un atelier, il a comme élève Robert Rauschenberg. Il est attesté que Jack Tworkov est venu lui rendre visite dans son appartement-atelier entre juin et octobre 1950. De même, Tworkov emmène le marchand d’art Charles Egan visiter la première exposition personnelle de Rauschenberg à la Betty Parsons Gallery (14 mai – 2 juin 1951). Par la suite, il demeura très proche de l’évolution de la carrière de l’auteur des Combine Paintings à tel point qu’un des dessins de Tworkov fait partie de Untitled n° 78.

Il obtient la médaille d’or Corcoran à la 28ème biennale de Peinture Américaine de 1963.

Jack Tworkov est mort en 1982.

Ses premières œuvres sont en adéquation avec son époque ; il montre de l’intérêt pour la méthode surréaliste automatique, bien que nullement pour le style surréaliste lui-même. La méthode automatique essayait de percer l’inconscient et de le traduire sur toile sans l’interférence du conscient ; graduellement, pendant les années 50, la figure est submergée par les coups de pinceaux obliques, expressionnistes, de Tworkov, qui donnaient à la toile un dynamisme flagrant ; vers le milieu des années 50¸ ses toiles douces et énigmatiques sont considérées comme les œuvres les pus lyriques parmi celles des artistes expressionnistes abstraits