La mise en doute du tableau
Collection du MAMAC

15 septembre 2012 - 10 février 2013 (prolongation 12 avril 2013)
Galerie des Ponchettes
77 quai des Etats-unis 06300 Nice
tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h - entrée libre

 


La mise en doute du tableau. Galerie des Ponchettes,
Nice, 15 septembre 2012-3 mars 2013, vue d’accrochage


En France, c'est au milieu des années soixante qu'apparaissent de nouvelles interrogations sur le statut de la peinture abstraite.
Simon Hantaï, qui s'est fait connaître dans les années cinquante comme peintre gestuel issu du Surréalisme, élabore alors un système de pliage "révélant" les formes colorées qui composent l'espace pictural, à partir de la toile dégagée de son châssis, anticipant ainsi sur les recherches du mouvement Supports-Surfaces qui débuteront à la fin des années soixante.
En octobre 1970, une exposition au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris intitulée "Supports-Surfaces" regroupe les artistes Marc Devade, Patrick Saytour, Vincent Bioulès, Daniel Dezeuze, Claude Viallat et André Valensi, auxquels vont bientôt se joindre André-Pierre Arnal, Louis Cane, Noël Dolla, Toni Grand, Bernard Pagès et Jean-Pierre Pincemin.

Ces artistes partagent une interrogation sur les constituants matériels de la peinture (toile, châssis, pigment) dont ils proposent des déconstructions analytiques aboutissant à des systèmes de production picturaux par marquage, empreinte, trempage. Le geste pictural déborde largement le contexte traditionnel du tableau pour investir aussi des situations spatiales complexes et des matériaux quelquefois insolites. Ainsi Daniel Dezeuze investit le châssis jusqu'à réaliser de longs quadrillages de bois souple parfois coloré se déroulant jusqu'au sol.
Claude Viallat s'attache quant à lui au support (draps, toiles de bâche, parasols) sur lequel il expérimente de façon systématique une forme ovoïde proche du haricot sous forme de modules répétés, par empreinte le plus souvent. Une majorité d'artistes de ce mouvement issu du Sud de la France a conféré dans les années soixante-dix une importance particulière à la scène artistique niçoise, tant et si bien que certains critiques ont assimilé cette tendance à la deuxième génération de l'Ecole de Nice après les Nouveaux Réalistes.

Très proche de Supports/Surfaces, le groupe 70, plus spécifiquement niçois, réunit initialement cinq artistes : Martin Miguel, Max Charvolen, Serge Maccaferri, Vivien Isnard, Louis Chacallis.
Ce groupe reflète l'effervescence intellectuelle de ces années-là et les questions que se posent les artistes sur le processus pictural et le statut de l'artiste dans la société où il ouvre. Sous l'initiative de Marcel Alocco une exposition réunit tous les artistes en 1971. Vivien Isnard et Louis Chacallis quittent le groupe en 1973 pour reprendre un travail plus solitaire.

L’'exposition propose autour de la mise en doute du tableau une lecture de la collection du musée à travers des oeuvres de :

-Marcel Alocco,
-Louis Cane,
-Louis Chacallis,
-Max Charvolen,
-Daniel Dezeuze,
-Noël Dolla,
-Simon Hantaï,
-Vivien Isnard,
-Christian Jaccard,
-Serge Maccaferri,
-Martin Miguel,
-Bernard Pagès,
-Patrick Saytour,
-André Valensi,
-Claude Viallat