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ERIK DIETMAN : ELOGE DE L'ENVIE 03 mars - 20 mai 2001 Galerie contemporaine Proche du mouvement Fluxus et du Nouveau Réalisme mais refusant toute adhésion à un groupe, Erik Dietman joue avec le langage et introduit de l'humour dans ses oeuvres travaillant tous les matériaux pour leur spécificité respective : la terre, le bois, le verre, le granit, le marbre, le bronze, l'acier, le fer Des sculptures historiques issues de collections publiques et privées ainsi que des oeuvres récentes, présentées pour la première fois, provenant de latelier de l'artiste sont rassemblées à l'occasion de cette exposition. Catalogue : Erik Dietman : Eloge de l'envie Format : 27 x 23,5 cm, 64 pages, ill. en coul. Textes de : Nicolas Bourriaud, Erik Dietman, Roland Topor, Gilbert Perlein Edition : Nice Musées Commissariat de lexposition : Gilbert Perlein, conservateur, assisté de Julia Lamboley L'oeuvre d'Erik Dietman s'inscrit dans un métissage entre poésie verbale et réalité des choses. Les dessins, les objets, les assemblages, les sculptures donnent une existence matérielle à la parole, au verbe, au mot. Marcel Duchamp considérait le titre comme une couleur supplémentaire au tableau. Chez Dietman on l'aura compris la fonction du langage est capitale. Dans le Ballet des concierges le collage linguistique bal/laid fonctionne comme le cadavre exquis des surréalistes. Dietman joue le jeu sémantique des " médisances" des concierges, mais sur le tempo spécifique du ballet. L'objet ménager : le balai fait place nette avant de céder le pas au sabbat des sorcières. Si l'humour joue de la distance optique, les objets choisis recèlent la force des emplois successifs : la baignoire, rémane des irisations de Bonnard et évoque le tub de Degas. L'os sur le bord de la baignoire, sorte de "Memento Mori" nous renvoie au Marat assassiné de David. Plus proche et plus référentielle encore, dans sa nudité objective et son registre d'installation, elle signale les proximités formelles avec Beuys. Dans la Naissance du monde, on imagine sans peine se trouver devant un tableau à secret comme l'oeuvre matricielle de Courbet. Ce corps d'armoire dépourvue de portes, ce bouton blanc et ce bouton noir, fonctionnent comme une figure érotique livrée à notre plaisir secret, solitaire de voyeur. Un travail d'échelle à la manière de Lewis Caroll va déplacer l'objet (le bouton) du registre fonctionnel vers le symbolique. Le jeu d'opposition des deux boutons, noir et blanc s'amplifie : le haut et le bas, dehors/dedans, vertical/horizontal, masculin/féminin, le bien et le mal le ying et le yang. Chez Dietman, les jeux de mots fonctionnent, on se donne le mot, on en touche un mot, on prend au mot, et on se paye de mots. Ici, au bas mot, le bouton indique le bouton de rose, évocation du sexe féminin où s'origine le tableau de Courbet. Réminiscence de Rosebud, l'univers du géant du cinéma sera salué à nouveau dans l'assemblage monumental d'oursons en acier corten de 1999, Ourson Welles. Si Dietman appartient à une communauté informelle d'artistes en Europe, rassemblant de fortes personnalités comme Daniel Spoerri, Georges Brecht, Robert Filliou, Ben Vautier ou Roland Topor, il partage aussi le territoire formel et mental d'un Broodthaers ou d'un Magritte. Préfiguration d'un pipe-line lingotique est une onde de choc du célèbre tableau-manifeste de Magritte Ceci n'est pas une pipe. Les blocs de glaise coulés en bronze conservent le potentiel qui s'offre au sculpteur, ils indiquent comme le notait Michel-Ange que c'est le bloc qui signale au sculpteur la forme qu'il contient. La notion de lingot vaut son pesant d'or. De la glaise au bronze, du mou au dur, est-ce que l'artiste pétrit ou est-ce qu'il pétrifie ? La mort rôde toujours dans les parages. L'installation est un vaste casse-pipe, les dés sont pipés et au délà on risque bien de ne pas piper mot. Une formidable boulimie de sens, d'images, une chanson de geste, le festin rabelaisien d'un artiste dont la coquetterie joue sur les mots, paradoxe d'une version "light" : Diet-Man. Gilbert PERLEIN LISTE DES OEUVRES EXPOSEES
BIOGRAPHIE 1937 Erik Dietmann est né à Jönköping en Suède le 11 septembre. 1942 Déménagement de la famille Dietmann à Värnamo, à 70 Km au sud de Jönköping. Fréquente l'école primaire et suit des cours de peinture pour adultes. 1950 Etudes secondaires. Son goût pour l'art se confirme, il prend connaissance des grandes tendances de l'art moderne, visite de nombreuses expositions et peint activement. 1951-1953 Stage professionnel en orfèvrerie. Période très intense de lectures et d'études littéraires et artistiques. Découvre la revue Odyssée éditée à Stockholm et consacrée à la poésie concrète. Renonce à intégrer les écoles des Beaux-Arts de Stockholm et Copenhague y trouvant l'enseignement trop académique. 1954 Poursuit ses études artistiques de manière autonome jusqu'en 1957. La lecture de Joyce (Ulysse), Desnos et César Vallejo est déterminante et fonde le caractère expérimental qu'il entend donner à son oeuvre artistique. S'installe à Malmö. 1957-1958 Réalise des oeuvres sur papier photographique. 1959 Objecteur de conscience, il quitte sa famille et la Suède pour échapper à la prison, avec l'intention de s'installer aux Etats-Unis. Son voyage aboutit à Paris Place de la Contrescarpe où il rencontre fortuitement Paul Anderson, Robert Filliou et Daniel Spoerri. Entreprend une série de peintures exécutées les yeux bandés puis des "assemblages".Réalise les objets pansés de gaze chirurgicale. 1961-1962 Rencontre Raymond Hains et Gérard Deschamps.Expose ses objets pansés dans un accrochage collectif. Période des Sparadraps : objets pansés ou objets pensés. Collabore et entretient des liens d'amitié très forts avec certains membres du Nouveau Réalisme et de Fluxus, mais n'intégrera aucun groupe. 1963- 1964 S'installe à Turin pour un an et prépare une exposition de Sparadraps.. Première exposition personnelle à la galerie Punto à Turin. Rencontre Roland Torpor. 1965 Retour à Paris. Participe au Salon des Comparaisons, invité par Villeglé, en compagnie des Nouveaux Réalistes et la même année au Salon de la Jeune Peinture . A la Biennale de Paris, il réalise L'Abri anti-atomique avec Biras, Tisserand et Parré, en recouvrant entièrement une baraque de chantier de sparadrap. 1966 Séjour en Hollande. Expose à Arnheim puis Amsterdam avant de s'installer à Venise durant dix mois. Séjourne à Nice et demeure quelques années dans la région. Commence Livre Sterling qu'il achèvera en 1976, association de photographies, d'objets et de dessins. Réalise plusieurs oeuvres en pain telles que Pain, constituée du mot pain (signifiant aussi douleur en anglais) cuit en pain véritable et le Sac en pain. Réalise des mobiles. 1967 Naissande de sa fille Nadia. Prend le pseudonyme de F.T. Bidlake et Outil O'Tool dont il invente les biographies. Période intense de travail et de nombreuses expositions en Europe. Se lie d'amitié avec Ben Vautier, retrouve Filliou et fait la connaissance de George Brecht qui vit à Villefranche-sur-Mer. 1968 Il vit retiré à Tourettes-sur-Loup. Se rend en Tchécoslovaquie pour une exposition avec l'intention d'y rester, assiste à l'entrée des chars russes et est aussitôt expulsé. Retour à Tourettes-sur-Loup. 1969-1970 Naissance de son fils Michael. Participe à la Biennale de Paris et au Salon de Mai. Réalise de nombreux assemblages installés dans des boîtes et présentés au mur comme des tableaux-poèmes. Publication du livre For Gentlemen. Il expose à la galerie Mathias Fels Neuf Idées : installation de neuf pyramides d'un mètre de hauteur recouvertes de coton vert et accompagnées de plaques de cuivre gravé. A partir de 1970 il signe Dietman avec un seul "n". 1971 Naissance de sa fille Juliette. Sa deuxième exposition en Suède est un échec mais son exposition à Copenhague remporte un vif succès. Amitié avec Bjørn Nørregaard. 1972 Séjourne toute l'année à Düsseldorf. Réalise les séries Viola Tricolor, Lézards & Klein Kunst et Leçons de choses. 1973 S'installe en Suisse dans le Tessin. Prépare les expositions "Notes et Commentaires, commentaires et notes" pour la galerie Bama à Paris et "Entre Astronomie et Pâtisserie" pour la galerie Valsecchi à Milan. 1975 Retour en France, s'installe à Entrecasteaux dans le Var. Rétrospective au Musée d'art moderne et de la ville de Paris : "Vingt années de sueur". Réalise au Danemark sa première commande publique : Monument à la dernière cigarette. 1976-1977 Importante exposition au Moderna Museet de Stockholm. A l'occasion de l'ouverture du Centre Georges Pompidou, il participe à l'exposition : l'Ecole de Nice. Réalise une série de treize collages en Hommage à Arthur Craven. 1978 Se consacre à la réalisation des grands environnements construits par assemblages en collaboration avec des groupe d'enfants. 1979 Les expositions personnelles se multiplient en Europe. S'installe à Courtenay dans le Loiret , se remet à la peinture et sous le titre : "en sortant de chez Duchamp j'ai trouvé les clés de Picasso", il expose au Kunstmuseum de Aalborg puis à la galerie Herta Klang de Cologne. 1980-1982 Exposition à la galerie Bama à Paris : "Les vacances de Monsieur Pableau" et au Centre culturel suédois : "Comment prendre un tableau par le derrière". Premiers modelages qui annoncent le tournant de son oeuvre. Réalise des sculptures en matériaux divers 1985 Déménage au Moulin Boyard. Outre son intense activité de dessinateur, il se consacre à nouveau à la sculpture. Il réalise des commandes publiques comme : l'Arc de triomphe pour figurois et figureines à Rennes. 1986 Pour l'exposition "Qu'est-ce que l'art français" au Centre d'art contemporain de Labège (Toulouse), Dietman réalise l'un de ses chefs d'oeuvre : L'art mol et raide ou l'épilepsisme-sismographe pour têtes épilées : Mini male head coiffée du grand mal laid comme une aide minimale...composé de crânes humains disposés sur des petits socles cylindriques en béton et de petits bronzes qui sera acquis par le Musée Saint-Pierre de Lyon. Travaille à une série de de nez en verre soufflé pour une oeuvre monumentale : Les Gardiens de fûts acquise en 1990 par l'Etat et présentée dans les chais du Château Dillon à Blanquefort.
1987 Rétrospective "Entre l'art et lard" en Europe : Moderna Museet, Stockholm ; Kunsthalle, Malmö ; Nordiska Konstcentrum, Sveaborg, Helsinki ; Stedelijk Museum, Amsterdam ; Musée Saint-Pierre, Lyon. Publication de la première importante monographie sur son oeuvre par Olle Granath. Pour les Jeux Olympiques de Séoul, il réalise une sculpture monumentale : Yesterday and The Day Before, Today and Tomorrow. 1988 Réalise une série de vases en verre en forme de phallus au Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques à Marseille. 1989 Grand Prix National de la Sculpture décerné par le ministère de la Culture en France. Prix de l'Académie Royale des Beaux-Arts de Stockholm. Participe à l'expsoition : "Des têtes" à la chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon dans le cadre du bicentenaire de la révolution française. Exposition personnelle à la galerie Claudine Papillon à Paris. 1990 Installation de la sculpture Le Hall d'honneur dans le hall de l'Hôtel de Ville de Chinon. Deuxième importante monographie rédigée par Bernard Lamarche-Vadel. 1991-1992 Dans le cadre du Symposium 8 Sculpteurs en Principauté d'Andorre, il réalise une sculpture dans un torrent d'Escaldes et à l'occasion de la Biennale de Lyon une sculpture monumentale : Sans toit la maison est chauve acquise en 1994 par le Musée Cantini à Marseille. Commence une série de dessins Nombreuses expositions personnelles en France. 1993 Réalise une série d'oeuvres en céramique à l'Ecole des Beaux-Arts de Marseille et conçoit sept sculptures en bronze de grande dimension pour l'exposition : Sans titre.Pas un mot. Silence, au Centre Georges Pompidou à Paris. Il anime la rubrique culinaire de la revue Documents. Participe à la Biennale de Venise 1994 Transforme une île au large de Bronnoysund en Norvège. Travaille sur une sculpture en souvenir du chemin de la Mâture en Vallée d'Aspe (Pyrénées). 1995 Pour les 20 ans de la Galerie Catherine Issert à saint-Paul de Vence, installe une oeuvre monumentale dans le jardin de la galerie. 1996 Réalise une fontaine à Montpellier "Oh! Perrette, Opérette pour bronze et eau". 1997 Participe à la Biennale de Venise. Exposition "Erik Dietman, Sculptor Classicus", au Musée d'Art Moderne de Saint Etienne. Installation d'une sculpture monumentale, Tong Yong, Corée. 1998 Installation d'une sculpture monumentale en plein air dans le Jardin de la fondation Daniel Spoerri à Seggiano, en Italie. Exposition : "Double sauce Périgueux" au Centre Culturel François Mitterrand à Périgueux. 1999 Fait partie des artistes exposés sur les Champs Elysées à Paris pour "Les Champs de la Sculpture". Expose au National Museum de Stockholm. Exposition " Les arbres d'Odile et autres nouvelles, nouvelles", au Centre Culturel Suédois à Paris 2000 Installation d'une sculpture monumentale dans le Jardin des Tuileries, Paris Inauguration d'une sculpture monumentale au Ministère des Affaires Etrangères à Stockholm.
Expositions personnelles 1964 1977 1982 1985 2001 |
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