CESAR : L'INSTINCT DU FER
Des premiers fers aux compressions
Du 26 octobre 2002 au 16 février 2003

Dossier de presse

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HISTORIQUE

Tout commence en 1943 avec l'arrivée de César aux Beaux-Arts de Paris. Il y réalisera ses premières oeuvres à partir de matériaux classiques tels que la pierre, la terre et le plâtre. Mais il rejettera très vite tous ces matériaux et s'intéressera au fer à travers la photographie d'une sculpture de Gargallo.

Mais ce sont d'abord des raisons strictement économiques qui le pousseront à utiliser vers la fin des années quarante des morceaux de ferraille trouvés en abondance dans les usines et les métalleries, au lieu des matériaux nobles, comme le bronze et le marbre, inabordables pour l'étudiant démuni qu'il était.

En 1949, César qui a obtenu une bourse, se rend en Italie et visite Pompéï où il découvre les moulages des victimes de l'éruption volcanique. Cette vision est décisive pour l'évolution de son travail. Il réalisera d'ailleurs en 1954 un Nu assis Pompéï.

Ainsi, des premiers plâtres aux fers soudés - Armandine, La Victoire de Villetaneuse, L'Hommage à Léon - des fers soudés aux compressions - La Sunbeam, La Zim, La Facel Vega - des compressions aux expansions en polyuréthane et en fonte de fer, des empreintes - Le Pouce, Le Sein - aux bronzes soudés - Fanny Fanny, La Grande Rambaud, Le Centaure, César s'est renouvelé sans se répéter, animé par le même souci de décliner son savoir-faire en le mettant au service d'une fascination inventive pour les propriétés de la matière.

L'exposition est conçue autour de pièces inédites - Le Chat, Le Guerrier, Le Skieur, La Vierge et l'enfant, La Danseuse - ou disparues depuis leur passage en galerie, en particulier la magnifique oeuvre intitulée Poisson (1953). Elle retrace la naissance de César en tant qu'artiste et son passage naturel de la figure classique de l'artisan-sculpteur, imitateur de formes, à la figure moderne du sculpteur-démiurge, ordonnateur de la matière, initiateur d'une nouvelle réalité.

De 1952 à 1959, toutes les oeuvres devenues maintenant classiques de César verront le jour à l'usine de Villetaneuse. Les trois compressions exposées en 1960 au Salon de Mai, à l'origine d'un beau scandale, ne sont pourtant que l'aboutissement logique d'un parcours. Ce parcours prend fin en 1965 avec le dernier grand fer conçu par César : La Victoire de Villetaneuse. La Pacholette, réalisée en 1966, ne fera que confirmer la fin d'un cycle.

Cette exposition cherche surtout à montrer le fil invisible qui relie l'enfance de l'oeuvre (les fers soudés) à sa maturité (les compressions), ainsi que l'instinct exceptionnel qui anime tous les gestes créatifs nécessaires de César.

Au bout du compte, les compressions démontrent qu'être sculpteur, ce n'est pas seulement faire de la sculpture. La sculpture est d'abord un art qui s'appuie sur des règles classiques (la statuaire) et un enseignement immuable (l'académie). Avec César, elle devient une identité.

Quand on l'interrogeait sur son oeuvre protéiforme et déconcertante, lui qui ne s'était jamais pris au sérieux, César répondait avec une pointe d'ironie qui renvoyait à la prétention de bien des artistes contemporains : "Je suis un artiste radical". C'est cette radicalité même qu'illustre cette exposition, en essayant de comprendre comment cet artiste classique fut le premier de toute l'histoire de la sculpture à se servir d'une machine pour faire une oeuvre d'art.

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