ACQUISITIONS RECENTES
07 juin - 8 septembre 2002
Sol LeWitt
Wall Drawing # 1004 Arcs 2002
Don de la fondation d'entreprise
provence côte d'azur, inv.2002.1.1
photo: Muriel Anssens, © Sol LeWitt
Le projet scientifique du Mamac est orienté vers une finalité ambitieuse qui s’inscrit dans un large projet de société : contribuer à l’éducation citoyenne et à la formation de l’esprit. Le moyen en est de développer l’accès à la connaissance de l’art du XXe siècle, et à présent du XXIe siècle, par la présentation d’œuvres significatives des démarches artistiques essentielles, organisée au sein d’une collection permanente en voie d’enrichissement depuis quatre années. Chaque projet d’exposition concourt à l’analyse en profondeur de la thématique primordiale par le biais de monographies d’artistes ou de sujets synthétiques adéquats.

La constitution du fonds permanent du musée, dans une première phase qui s’est prolongée jusqu’en 1991, a essentiellement consisté en l’acquisition par la Ville de Nice d’un ensemble d’œuvres qu’on peut définir comme un abécédaire. Chacun des artistes choisi était identifié par une œuvre unique, rarement davantage. Ce procédé établissait une sorte de catalogue systématique, égrenant l’ensemble du potentiel que les équipes scientifiques auraient la tâche de mettre en valeur. Depuis 1998, des acquisitions à titre onéreux ou par donation gracieuse ont permis un accroissement substantiel de la collection permanente, en accentuant au sein de la collection la présence des acteurs principaux, désormais représentés par des ensembles de 2 à 6 œuvres environ. Après cette décade qui a permis de poser les termes de l’équation, nous abordons depuis l’année 2000 une phase où se dessinent avec acuité les lignes de force et la spécificité du musée pour les années à venir :

Une confirmation : le programme scientifique du musée d’Art moderne et d’Art contemporain de Nice trouve son articulation essentielle dans le rapport entre le Nouveau Réalisme européen et l’expression américaine de l’art d’assemblage et du Pop Art. Cette confrontation relève d’une réalité historique attestant de fortes connivences entre ces deux mouvements. Plusieurs expositions monographiques (Klein, Rotella, Arman, Hains, Wesselmann, Indiana,…) ou thématiques (De Klein à Warhol, Zéro International) en attestent. La donation Niki de Saint Phalle à elle seule en est le symbole. L’artiste par son appartenance familiale à la fois à la France et aux Etats-Unis figure ce lien et son geste très généreux dénote une volonté claire de constituer un patrimoine artistique sur le sol français, accessible en permanence au public après l’exposition actuelle. La Ville de Nice a choisi de répondre à la générosité de l’artiste par l’achat d’une œuvre majeure, La Mariée sous l’arbre, 1963, avec l’aide du Fonds du Patrimoine.
Par ailleurs, le dialogue France-Etats-Unis est illustré désormais dans l’architecture même du musée par la réalisation de la peinture murale de Sol LeWitt, Wall Drawing, # 1004 Arcs, 2002, que nous devons au mécénat de la Fondation d’Entreprise Provence-Côte d’azur, allié à l’accord généreux de l’artiste minimaliste américain. Le projet d’aménagement des façades du musée fera appel cette année à Claude Viallat, repère de l’Abstraction Française des années 70 et de Supports-Surfaces.
La donation Jacques et Madeleine Matarasso fait entrer dans le fonds permanent une œuvre importante de Nicolas de Staël, Composition, Nice, 1943 Cet apport est doublement intéressant : tout d’abord parce que l’artiste s’inscrit parmi les fondateurs de l’art du XXe siècle dont on connaît la présence assidue dans la proche région, au même titre que Charchoune, Magnelli ou Mansouroff, et ensuite parce que cet acte de générosité émane d’un des acteurs historiques de l’art contemporain à Nice : la galerie Jacques Matarasso a présenté et soutenu au fil des années tant de nos artistes les plus fameux !

L’affirmation d’un pôle artistique et historique de part et d’autre de la frontière italienne, conforte la position de la Ville de Nice au plan européen: Une des premières expositions temporaires présentées au Mamac avait trait au travail de Gilberto Zorio, un des tenants de l’Arte Povera, suivi de Giovanni Anselmo et bientôt de Pier Paolo Calzolari.

Une nécessaire mise au point : la salle Ecole de Nice . formulée en ces termes depuis juin 1961 dans la revue Sud Communications, la reconnaissance de l’Ecole de Nice s’est accomplie en maints événements où se sont regroupés les artistes issus d’une proximité géographique, dans le désir de présenter un front affirmé contre l’hégémonie parisienne et de participer à l’émergence d’un pôle artistique identifiable. Il était devenu nécessaire que le Mamac soit la mémoire de cette histoire de l’art récente, en offrant au sein de la présentation permanente un espace dédié à la création niçoise des années 60 et 70, appuyée d’un développement documentaire. Cette mise au point a été inaugurée au mois d’octobre 2001 et a donné lieu à plusieurs acquisitions ainsi qu’à des donations de la part des artistes représentés.

Une ouverture à la nouvelle création : plusieurs espaces du musée sont dévolus à la présentation de jeunes artistes souvent issus du Centre National d’Art Plastique (Villa Arson), qui développent un travail novateur dans la région, tant au niveau de la forme que du matériau.

L’enrichissement des collections du musée se traduit aujourd’hui par un accroissement substantiel du nombre des œuvres offertes à la curiosité et au plaisir du public. Une grande partie d’entre elles est demeurée dans les salles du musée, dans la mesure où nous avons choisi de ne pas les isoler de leur contexte. L’autre partie, et notamment celles des œuvres sur papier de Niki de Saint Phalle qui n’ont pas été montrées dans la rétrospective, mais aussi Composition, Nice, 1943, de Nicolas de Staël ou les œuvres des artistes de La Station font l’objet d’une proposition pour l’été 2002 dans la galerie contemporaine du musée.