La collection permanente


Les principaux mouvements de la collection

Né vers 1955 en Angleterre puis relayé aux Etats-Unis par Robert Rauschenberg, le Pop'Art reste célèbre par son langage plastique issu de la culture de masse et du spectaculaire de la société de consommation en milieu urbain; la publicité, l'automobile, la musique, le cinéma, deviennent les thèmes privilégiés d'Andy Warhol, Tom Wesselmann, Claes Oldenburg, James Rosenquist, Roy Lichtenstein, Jim Dine, Robert Indiana, George Segal, John Chamberlain.

Pendant français du Pop'Art américain, le Nouveau Réalisme rassemble entre 1960 et 1963 autour du critique Pierre Restany, un groupe hétérogène d'artistes proche de l'esprit de Duchamp et partageant à travers "l'aventure de l'objet… une nouvelle approche perceptive du réel". Outre les préoccupations métaphysiques d'Yves Klein, on peut y inclure les Compressions de César, les Accumulations d'Arman, les Tirs de Niki de Saint-Phalle, les Emballages de Christo, les Affichistes tels que François Dufrêne, Raymond Hains, Jacques de la Villeglé et Mimmo Rotella, les Tableaux-pièges de Daniel Spoerri, les Etalages publicitaires de Martial Raysse, et les ressources technologiques chez Jean Tinguely.

Refusant l'imagerie Pop et la gestuelle de l'Expressionnisme Abstrait, les artistes américains vont, dès 1962, sous le vocable d'Art Minimal ou d'Art Conceptuel renouveller l'approche picturale et sculpturale de l'abstraction. Du pré-minimalisme de Morris Louis et d'Ellsworth Kelly (qui pratique une peinture Hard-edge, "à la limite nette") à Frank Stella (pratiquant comme Kenneth Noland une peinture Color-field," de champ coloré", sur une toile Shaped canvas, "toile découpée"), de l'héritage de Pollock dans les œuvres de Larry Poons ou de Jules Olitski à celle de Barnett Newman chez Richard Serra et Sol LeWitt, l'Art Minimal semble s'adresser plus à l'esprit qu'aux sens.

Parallèlement à la situation américaine et proche de B.M.P.T, le collectif méridionnal de Supports-Surfaces se crée de 1969 à 1972 autour de la revue Peinture, cahiers théoriques dirigée par Philippe Sollers et Marcelin Pleynet. Artistes marxistes aux dissensions idéologiques et sémiologiques, tous inaugurent pourtant un travail sur les "refoulés" de la peinture: l'empreinte chez Claude Viallat, le trempage chez Noël Dolla, ainsi que le nouage ou la toile libérée du châssis. Sous cette appellation se retrouvent Louis Cane, Daniel Dezeuze, Vincent Bioulès, et plus indirectement Bernard Pagès, Jacques Martinez et Bernar Venet.

Proches des supports-surfaciens, les artistes niçois du Groupe 70 réunis autour de Raphaël Monticelli, Marcel Alocco, Serge Maccaferri, Martin Miguel, puis Max Charvolen, Louis Chacallis et Vivien Isnard vont dans le même sens.

La revue Fluxus vit le jour aux Etats-Unis en 1961 avant d'arriver en Europe en 1963. Plus qu'un groupe, Fluxus représente un état d'esprit à l'humour nihiliste proche d'un non-art. Rassemblés autour de la musique "dadaïste" de John Cage, La Monte Young ou Pierre Schaeffer, les artistes de Fluxus pratiquent un art de la performance: Ben Vautier qui acheva la tournée à Nice en 1963, Nam June Paik, Robert Filliou, Brecht ou Beuys en tête, mais aussi Pierre Pinoncelli et Serge III.

Les années 80 virent un retour en force de la figuration dans la peinture européenne: la Trans-avant-garde italienne, les Nouveaux Fauves allemands et la Figuration Libre française en 1981. Pour ces artistes proches de Keith Haring, il est nécessaire de renouer avec la spontanéité de la création et l'idée populiste dégagée par la publicité, la bande dessinée et la musique punk-rock. Sous la bannière de la Figuration Libre, on peut rassembler Jean-Michel Alberola, Jean-Charles Blais, Robert Combas, Hervé di Rosa, François Boisrond et Rémi Blanchard.

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