Collection permanente


Oeuvres in situ

Tania Mouraud


Tania Mouraud, MELANCHOLIA-P-T1, 2016,
Peinture murale, acrylique sur mur, 430 x 3365 cm, production MAMAC, Nice, © Adagp, Paris, Photographie Tania Mouraud

L’ora e fuggita
e muoio disperato
E non e amato tanto la vita
.
L'heure s'est envolée,
et je meurs désespéré !
Et je n'ai jamais autant aimé la vie !

Oeuvre monumentale et graphique réalisée spécialement pour le MAMAC, en dialogue avec l’architecture et le contexte de la Ville de Nice,cette peinture murale de trente-trois mètres de long accueille le visiteur et l’accompagne à l’issue de sa visite en épousant l’architecture de l’entrée.

La phrase inscrite par l’artiste dans sa peinture murale est tirée du célèbre opéra Tosca de Giacomo Puccini créé en 1900 à Rome.

Incarné, notamment, par Pavarotti – Tosca est l’un des opéras les plus connus. Au cours du 3ème acte, le personnage principal, Mario Cavaradossi, en attente de son imminente exécution, se remémore les moments heureux de sa vie et sa bien-aimée. Chant d’amour et de désespoir, exprimant sans détour les tréfonds de l’âme humaine, cet air célèbre la beauté et la vulnérabilité de l’existence.
Au caractère passionné du chant répond la puissance du texte qui s’étale presque secrètement sur le mur, masquant un temps le drame des mots derrière le plaisir du regard. Le message se dévoile progressivement au lecteur patient, redonnant intimité et pudeur à ce déferlement de sentiments.
Le drame silencieux, à la fois personnel et universel, s’offre comme un Memento aux événements terribles qui ont touché Nice en juillet 2016. L’artiste évoque à propos de cette pièce : « J’aime l’idée du texte qui s’enfonce dans l’architecture, la terre, la mer pour y rejoindre les forces telluriques. Je l’ai choisi en fonction du lieu, je veux dire Nice, des évènements et de la proximité de nos émotions qui sont quelquefois si désespérées et que nous n’osons dire, partager. Le désespoir de l’individu est à l’image de la violence de la société. L’art devenant pour moi le lieu où l’on peut dévoiler l’intériorité de l’être, briser la façade, se mettre à nu, crier son désir de vivre, d’être heureux et la confrontation à l’impossible rêve ».


Richard Long


Richard Long, Stopping and going on, 2008,
Peinture, Peinture murale Peinture noire et argile, longueur 10 mètres , hauteur 4 mètres,
Achat à Tucci Russo Studio per l'Arte Contemporanea en 2008,
Inv. : 2008.6.1 © Adagp, Paris

L’œuvre de Richard Long matérialise la rencontre de l’homme avec la nature, la communion du marcheur solitaire avec le paysage qu’il traverse. Sa réflexion sur le rapport de l’artiste à l’environnement se retrouve dans chacune de ses réalisations, qu’il s’agisse de ses photographies, de ses peintures sur les murs ou de ses spirales en pierres.

Stopping And Going on est une peinture murale réalisée in situ, à la suite de l’exposition « Richard Long. Travaux récents et œuvres in situ » présentée au MAMAC en 2008. Sur un fond de peinture noire, l’artiste travaille la boue, l’une de ses matières favorites. Elle se prête en effet aux réalisations rapides de Long, exécutées en peu de temps et d’une seule traite. À l’occasion de son passage dans les Alpes-Maritimes, Long a tenu à utiliser une boue locale, tirée du sol de Vallauris, celle-là même qu’avait travaillé Picasso pour sa céramique. En seulement une demi-heure, il l’a répartie d’un geste spontané, dessinant peu à peu ces larges bandes argileuses.


David Tremlett


David TREMLETT, Drawing for S., 2005,
Peinture, Peinture murale Wall Drawing Pastel, pigments purs, mine de plomb,
Achat avec l'aide du FRAM en 2005,
Inv. : 2005.2.1, © David Tremlett

David Tremlett, figure majeure du Land Art a été invité en 2005 à investir l’un des lieux emblématique du musée : l’escalier elliptique dessiné par Jean-Michel Wilmotte, donnant accès aux terrasses du musée.
Le choix du lieu a été voulu par David Tremlett, bien conscient de la complexité architectonique du site liée à la planéité du modèle incompatible avec les effets optiques de l’hélicoïdale de l’escalier ainsi que le triple point de vue engendré par la volée.
Le dessous de la volée : une double circulation de verts séparée de brun mais réunie par l’ellipse et le bandeau. Alternance de formes circulaires et rectilignes correspondant aux alternances colorées (noire, blanche et grise). Rythmique binaire des formes et ternaire des couleurs. Harmonie chromatique apollinienne attestée par la lumière douce émanant des passerelles. Les limons: forme dynamisante de l’hélicoïdale accentuée par l’orangé patiné et la rythmique du bandeau marron. Les retours de murs : retours latéraux rectilignes gris et rouge qui font écho au mur curviligne offrant la même rétribution mais dans un contraste plus fort : un bleu céleste à peine « impressionné » cohabitant avec un pigment rouge d’Inde intense à la densité génoise